FOUILLES
DE
L’INSTITUT FRANÇAIS D’ARCHÉOLOGIE ORIENTALE
o
DU CAIRE
(ANNÉE 1929)
7 3«y§
MINISTÈRE DE L’INSTRUCTION PURLIQUE ET DES REAUX-ARTS
FOUILLES
DE
L’INSTITUT FRANÇAIS D’ARCHÉOLOGIE ORIENTALE
3
DU CAIRE
(ANNÉE 1929)
SOUS LA DIRECTION DE M. PIERRE JOUGUET
RAPPORTS PRÉLIMINAIRES
TOME SEPTIÈME
IMPRIMERIE DE L’INSTITUT FRANÇAIS
a
D’ARCHÉOLOGIE ORIENTALE
1930
Tous droits de reproduction réservés
PREMIÈRE PARTIE
RAPPORT
SUR
LES FOUILLES DE MÉDAMOUD
( 1929 )
PAR
M. F. BISSON DE LA ROQUE
LE CAIRE
IMPRIMERIE DE L’INSTITUT FRANÇAIS
D’ARCHÉOLOGIE ORIENTALE
1930
Tous droits de reproduction réservés
RAPPORT
SUR
LES FOUILLES DE MÉDAMOUD
( 1929 )
PAR
M. F. BISSON DE LA ROQUE.
PREMIÈRE PARTIE.
DÉBLAIEMENT DE L’ESPLANADE OUEST DU TEMPLE.
1. — LA PORTE DE TIBÈRE.
L’entrée principale de l’enceinte sacrée est située dans le mur ouest de cette en-
r
ceinte. C’est une porle du type de celle d’Evergète devant le temple de Khonsou et
de celle de l’enceinte de Montou à Karnak. Pocokc, pendant la première moitié du
xvm e siècle, semble l’avoir vu à peu près entière. Au début du xix e siècle, d’après La
description de l’Egypte, celte porte était écroulée par suite d’un tremblement de terre.
A notre arrivée sur le site, on voyait s’élever au-dessus d'un entassement de blocs
éboulés, les restes des montants. Mais les parois décorées étaient détruites, les pierres
de la construction disjointes ( Médamoud , 192b, fig. 3 et p. h , ainsi que p. 7).
L’année suivante les blocs éboulés furent écartés, alignés au nord et étudiés
(Médamoud , 1926, fig. A et 1 1, ainsi que p. 127). On put constater que la porte avait
été décorée sous Tibère et construite avec un certain nombre de blocs provenant
d’un monument de la XIX e dynastie. Elle était enterrée sur deux mètres. Nous l’avons
déblayée cette année.
La Porte de Tibère (fig. 1) forme un massif de 1 1 mètres de façade et de 8 m. 80
de profondeur. Le seuil mesure h m. 70 de largeur et 3 mètres de profondeur. Il
forme marche de 0 m. 1 5 de hauteur et se compose de trois rangées de blocs de
granité rose (pl. I). Les renfoncements pour les battants de porte forment un rentrant
de o m. 5 o sur 2 m. 80 de distance. La crapaudine du battant de droite a été retrou-
vée mais déplacée et utilisée à nouveau à l’époque copte (p. 2 5 ). Dans le dallage en
Fouilles de V Institut, t. VII, i.
1
2
F. BISSON DE LA ROQUE.
grès a, la P.*e 1 — ^
milieu du seuil. Ce dallage es a enterrée sur deux mètres de hauteui a
terre n’a pas agi sur la partie enterrée; ü ad* se produire a une epoque
Liai atteignait le niveau que nous avons rouve. • , trèg endommagée par
- ; , , - » — * »
't:*: ^ *. «*. ^ ^ *• ^ ««*.
les effets de l’inondation d’été. su i te de Personnages Nils ;
Ce«e partie « Immftiom) . Les ri* de seuil
au-dessus courent ira* a ^ g u battant de porte sont a peu pies
”„°üèrê'r„Tdétruit, La décoration y était du type habituel. ^ ^ ^ ^
— “ — par le ~ au
les Personnages Nils.
3
FOUILLES DE MÊDAMOUD (1929).
Au-dessus de ces décorations des parties inférieures, il y avait un certain nombre de
registres sculptés représentant le roi en adoration devant diverses divinités (É. Drio-
ton, Inscriptions ).
Les fondations ont été dégagées à l’angle sud-est. Elles sont formées d’une assise
de pierre ayant o m. 5a de hauteur qui présente un saillant de o ni. 4a au sud et
o m. 4 o à l’Est.
A cet angle de fondation se trouve une pierre décorée au nom de Ptolémée VI
(fig. 3 et E. Drioton, Inscriptions ) et qui semble provenir d’une porte de même type.
11 est donc probable que la porte élevée vers notre ère et décorée sous Tibère, a
remplacée une porte élevée vers l’an aoo avant J.-C. et terminée sous Ptolémée VI.
Devant la porte se trouve une cour dallée de 1 1 m. 6 o sur 6 m. 8 o, limitée par
un mur; une assise de o m. 45 subsiste presque partout; là où elle manque, le tracé
sur le dallage indique la place du mur. Celui-ci partait du mur d’enceinte sur les
côtés de la porte et mesurait o m. 5 o de largeur. A ses angles, il formait un léger
saillant avec tores. Sur la ligne de façade il mesurait o m. 70 de largeur et se termi-
nait à 2 mètres de ses angles intérieurs pour laisser libre le débouché du dromos dallé
qui partait du quai.
h
F. BISSON DE LA ROQUE.
Le *«. a»- « »■ “ '^“ r à s °" amvée d “ Sla C0W ' q ” FéC , ède
ia c "ï;:: * au ^ c esl
à-dire jusqu’à la clôture d’une palmeraie.
Fig . 3. - Fondations dp. ta po,« dc T»à». 'a *’«•» —
nar le quai; on aura ainsi quelque
Le dromos devra être fouillé en commen, 1 ^ à gubir .
chance de pouvoir limiter les donrmages ^ , a p orte de Tibère ont serv,
Les pierres enlevees a la clotu d _ oues t de l’espace fouillé (fig- &)•
à établir une enceinte copte dans ang / g\ noU s avons trouvé un sphinx
8 e ^ns la partie dégagée de celte enceinte 2 ont été remployés dans un
en grès, brisé-, les fragments a, ns, c,ne les p.eces
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929). 5
mur. Ce devait etre le premier sphinx du cote droit du dromos. Malheureusement les
pierres de son socle ont été déplacées et nous ne pouvons en déterminer la position.
Fig. l \. — Petite cour devant la porte de Tibère, envahie au premier plan
PAR UNE ENCEINTE COPTE.
La clôture de la cour placée devant la Porte de Tibère devait avoir au moins la
hauteur d un homme et pouvait servir de barrière pour empêcher la foule d’envahir
les abords de la porte lorsque les processions suivaient le dromos.
6
F. BISSON DE LA ROQUE.
n ri p Taxe de la porte du Kiosque
L’axe de b Porte de Tibère passe à o m.« - Je „ barqüe . En effet,
Sud et à o m. 69 au nord de la ) , nor d de l'axe de la porte cen-
l’axe de la porte du Kiosque Sud passe . ? dernière porte passe a
traie du Portique (Médamoud, rqeb p. 34 ) et laxe
.m, 4 ... nord de l’axe des portes du sanctuau ^ ^ Porte de Tibère,
Le mur ouest del'encemte sacrée | P 8 Ce mur mesura , m . 4 o de largeur
a une direction oblique par roppott P sur s0 f ae e interne, sur tout
contre le montant sud de la porte. 1 « ete degag T el „„ r d-o«est de
l’espace correspondant à la largeur n 1 ^ ^ déterminer exactement
cette enceinte ne sont pas reconnu, , é une obliquité différente sur sa face
l’alignement du mur, d’autant p us qu J Des deux côtés, des
interne , entre sa partie au nord et sa p t au ud
installations coptes s’appuient a ses P*™ ^ > ffl go
Ce mur subsiste à une hauteur mojenne de . m.
2 . - esplanade ouest du TEMPLE.
De la Porte de Tibère au temple, dédM« de 0 m. ao
» - — - » - 35 - sud
et de o m. 20 au nord. g m. 60 de la Porte de Tibère aux kios-
L’Esplanade Ouest du temp e ( 'S- 0 ) ^ j) e chaque côté de l’allée cen-
.uns. Elle semble ne pas avoir eu - » trouvé, sur la distance de
traie qui mène de la porte au Kiosqu » t it espace indépendant, situe
18 mètres, aucune trace d’autre dallage 3I "°" SU |' ' j , de Vallée centrale. Cet
à 5 mètres de la Porte de T.bère et a o m. 7. " nlra , e; u m es„re 5 m. 90 de
espace dallé (fig. no) ne se raccrnde pas av Une petite cuvette est
St ST - Dès ou ne saurait vorr
acttellement è 8 m. Go à l’ouest 1 1 affée centi-ale avec en plus,
Sût: IS * contre fa partie sud de la fa.de du Kiosque
“ns cette Esplanade Ouest du temple, '^Z^Z
(p. i 5 ) et un mur d enceinte anteiieuie a P d monuments en rela-
1.V (r —
tion avec le temple, sauf a b m. 80
7
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
de l’allée centrale, une partie des fondations d’une table d’offrandes au nom de la
reine Nitocris, fille adoptive de Chapenapit, inv. 43 1 4 ( p. k*j).
Le montant ouest de l’angle intérieur sud-ouest du Kiosque Nord a été remonté
cette année (fig. 6) aveedes pierres trouvées antérieurement (E. Drioton, Inscriptions,
1926, p. 70).
Fig. 5. — L’esplanade ouest du temple, vue du sud.
L’ensemble des kiosques qui rejoignait sur les côtés le mur-pylône devait, à l’é-
poque ptolémaïque, former un saillant dans l’Esplanade Ouest.
Ce que nous avons appelé Cour Ouest, partie sud et partie nord (. Médamoud , 1926,
pl. I et II) n’étaient donc, tout d’abord, que des parties de l’Esplanade Ouest. Mais
il semble qu’à l’époque romaine on a eu le mauvais goût de concevoir dans ces par-
ties sud et nord, des constructions qui venaient à l’alignement des kiosques, en sorte
que ceux-ci cessaient de former un saillant.
En effet, la portion que nous avions appelé Cour Ouest, partie sud, avec dallage ou
sol aménagé, colonnade projetée ou réalisée et un mur de clôture au sud exécuté, ne
devait pas s’étendre vers l’ouest au delà de la ligne de façade des kiosques ( Médamoud ,
1926, p. 91).
La présence d’un petit rectangle en briques cuites, au niveau — 0 m. 20, dans le
groupe V des installations coptes (fig. 12), nous avait fait considérer que ce genre
8
F. BISSON DE LA ROQUE.
d’aménagement romain ne devait pas se continuer vers l’ouest au delà de cette ligne
des kiosques.
Fig. g. — Paroi remontée dans le kiosque nord.
Cette année, la ligne de dégagement du mur sud de cet
longée jusqu’au mur ouest d'enceinte sacrée et aucune trace de continuai™
mur n’a été trouvée. Il est donc très probable que cet amenagemen îomain e
9
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
limité à l’ouest sur la ligne de façade des kiosques. Mais la destination de ces édifices
reste toujours obscure. Un relief romain, inv. 2257 ( Médamoud , 1926, fig. 47 et
p. 79), sur lequel M. Drioton reconnaît des prêtres célébrant un banquet rituel en
rhonneur du dieu Montou, lui a suggéré l’idée que 1 ou salle de palais n’é-
tait pas éloignée de cette région (E. Drioton, Inscriptions, 19265 p. i 5 ). Or, ce relief
a été trouvé dans un mur copte situé à côté de ces constructions romaines. L’hypo-
thèse de M. É. Drioton qui consiste à considérer ce que j’ai abusivement désigné
Cour Ouest, partie sud, comme les restes d’une salle de palais, demeure pour le mo-
ment l’explication la plus vraisemblable.
Si on admet que cet aménagement a été terminé, il faut se représenter un espace
de i 4 m. 5o sur 1 1 m. 5o, garni de deux rangées de colonnes, limité par le mur-
pylône, le Kiosque Sud, le mur sud ajouté à l’époque romaine sur le prolongement
du mur sud du temple et la ligne de façade des kiosques. Sur cette ligne de façade,
aucun reste de mur n’a été trouvé et il est invraisemblable d’admettre qu’il ait été
entièrement détruit jusqu’en ses fondations, étant donné surtout qu’un mur d’habi-
tation copte a été établi sur cet emplacement et dans cette même direction. Faut-il se
représenter cet espace garni de colonnes ouvert du côté ouest? Faut-il se le repré-
senter couvert d’un vélum? Les trop grandes distances d’entre-colonnements nous
empêchent d’admettre des architraves et une terrasse.
Le problème que pose pour nous cette partie du temple est loin d’être résolu. Elle
est certainement d’époque romaine et la désignation de Cour Ouest, partie sud, doit
être abandonnée. Telles sont les seules conclusions assurées.
Nous n’avons trouvé aucune interprétation plausible pour la partie symétrique,
mal nommée jusqu’ici Cour Ouest, partie nord ( Médamoud , 1926, pi. 1 et II). La
fouille n’a d’ailleurs pas été étendue de ce côté.
Avant l’époque romaine ces deux régions faisaient partie de l’Esplanade Ouest.
Mais, même pour cette époque, le nom de cour ne me semblerait pas exact, car il
n’y avait certainement pas de clôture. La fouille de l’Esplanade Ouest sera continuée
l’année prochaine vers le sud. S’il y a rr palais v nous pouvons, de ce côté, en retrouver
d’autres restes.
Si les déblaiements de cette année, en nous découvrant un grand espace devant le
temple, ne nous ont rien révélé d’important pour l’époque ptolémaïque et romaine,
ils ont dégagé un nouveau mur d’enceinte sacrée antérieure à cette époque et d’un
intérêt particulier, car il nous a révélé l’emplacement d’une de ses portes.
3. — UN MUR D’ENCEINTE DE NEUF MÈTRES.
En fouillant sous le niveau du sol du temple dans les parties de l’Esplanade Ouest
où ne se trouve aucune trace de dallage, nous avons rencontré un gros mur en
Fouilles de l’Instilut, t. Vif, 1.
a
10
F. BISSON DE LA ROQUE.
briques crues qui, par ses lits ondulés, son épaisseur et les dimensions des briques,
doit être regardé comme un mur d’enceinte sacrée (fig. 7).
Ce mur a 9 mètres de largeur (pl. I). Il est de direction sud-nord et traverse obli-
quement toute l’Esplanade
Ouest dégagée.
Il a été reconnu sur une
longueur de 5 o mètres (fig.
8). Sa paroi Est passe à 7 m.
5o de l’angle sud-ouest des
kiosques et à 8 m. 5 o de l’an-
gle nord-ouest.
Il subsiste au niveau — 0
m. 10 partout où les instal-
lations coptes ne sont pas des-
cendues sous le niveau 0 m.
00 du sol du temple, comme
dans le groupe VIII où il a été
détruit jusqu’au niveau — 0
m. ko.
Le niveau — 0 m. 10 nous
indique que ce mur a eu sa
partie supérieure entièrement
rasée systématiquement lors-
qu’un autre mur d’enceinte
fut établi plus à l’ouest pour
un agrandissement.
Sa base varie entre — 1 m.
3 0 et — 1 m. 5 0 et repose sur un terrain argileux. Il me paraît évident que lorsque
l’on a construit ce gros mur, on n’a pas cherché à lui donner un niveau unique de base.
Dans la partie de ce mur située au sud de l’allée centrale du temple ptolémaïque,
la base de la paroi ouest est au niveau —1 m. 3 o et celle de la paroi Est au niveau
— 1 m. Ù 5 .
Dans la partie reconnue au nord de cette même allée, la base de la paroi ouest est
au niveau — 1 m. 5o vers le sud et — 1 m. ko vers le nord dégagé et celle de la paroi
Est au niveau — un. Ù 5 .
En suivant la paroi ouest nous avons remarqué un rentrant de 0 111. ùo, près de
1 allée centrale ptolémaïque. Pour examiner ce rentrant, nous avons démonté le dal-
lage de 1 allée sur l’alignement de ce mur et avons trouvé une entrée de l’enceinte.
Nous avons ensuite démonté le dallage sur l’alignement de la paroi Est (fig. 9) et nous
sommes arrivé à avoir le plan des débouchés de cette entrée (pl. I).
FOUILLES DE MEDAMOUD (1929),
11
Fig. 8. — Espace reconnu du mur d’enceinte de 9 mètres, vu du nord.
Fjg. g. — Face Est d’une entrée de l’enceinte de 9 mètres.
3
12
F. BISSON DE LA ROQUE.
Cette entrée comporte, en partant de sa façade ouest, un rentrant de o m. ho sur
6 m. 3 o de largeur. Dans ce rentrant se trouve un passage de 2 m. 3 o à égale dis-
tance des rentrants. Cette largeur d’entrée de 2 m. 3o se retrouve à 5 m. to plus à
1 Est ou un rentrant de o m. 5 o sur 5 m. 20 de largeur a été trouvé pour la face
interne.
Cette entrée a toutes ses parois en briques crues. H faut y supposer une porte en
pierre, mais aucun seuil et aucunes fondations de cette porte n’ont été trouvés. Au
niveau - 1 m. h 5 sur la face ouest de cette entrée, nous avons rencontré un sol crayeux
qui peut être un sol aménagé pour supporter les fondations de la porte.
La porte en pierre peut être conçue semblable à la porte à assises d’Usirtasen 111
(II e Partie) qui a 2 m. 28 de largeur et qui est une porte simple à un seul battant.
Cette porte n’occuperait qu’une partie de la largeur du mur, et cette partie serait
celle situee vers la façade. La porte aurait, en supposant des montants de pierre très
étroits, une largeur de seuil d’entrée et de sortie dans l’enceinte n’atteignant pas plus
de deux mètres. Je n’ai indiqué sur mon plan (pl. I) que le contour des parois en
briques crues. On peut supposer soit le type de la Porte de Tibère, soit celui de la
porte à assises d’Usirtasen III. Si l’on suppose une porte du type de celle de Tibère,
les renfoncements seraient à chercher sur la distance de 5 m. 10 ayant 2 m. 3o de
largeur. Cette largeur ne serait alors à conserver que pour l’entrée ouest et la sortie
Est vers l’enceinte.
Cette entrée ouest dans l’enceinte de neuf mètres est située sur le passage de l’axe
du temple ptolémaïque. Il est donc évident que cette ligne d entrée a été maintenue
depuis 1 époque du mur de neuf mètres. Ceci a une grande importance pour le pro-
blème de 1 orientation des temples successifs sur le site.
L axe de cette entree nest pas exactement laxe de 1 entrée ptolémaïque, mais,
étant donne que laxe des portes de la travee centrale de tout l’ensemble ptolémaïque
varie d’une façon irrégulière (p. 6), il est prudent de ne pas s’en tenir à l’axe de
l’entrée du mur de neuf mètres pour chercher à quelle plate-forme de fondation il
correspond.
Il serait logique de rattacher cette entrée à la plate-forme de la XVIII e dynastie,
plutôt quà celle de la XII e dynastie (1928, pl. II), ce qui donnerait un axe dévié
vers le sud, de même que pour les temples ptolémaïques; mais pour cette époque
anterieure, la déviation serait un peu plus accentuée.
Toutes ces considérations sont neanmoins incertaines, car l’entrée relativement très
étroite (moins de deux mètres), peut n’ètre pas l’entrée d’axe ou entrée principale
mais une entrée de côté.
Faut-il attribuer à la XII e dynastie ou à la XVIII e dynastie ce mur de 9 mètres?
Cette question ne pourra être discutée que lorsque nous aurons dégagé le point où il
rencontre le mur nord d enceinte antérieure à l’époque ptolémaïque trouvé l’an der-
nier ( Médamoud , 1928, pl. I et p. 10).
13
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Les recherches commencées cette année n’ont pas pu être poussées jusqu’à un ni-
veau suffisant. Il est probable que les deux murs se rencontraient près de l’angle sud-
ouest de nos magasins.
Sur la face ouest du mur de neuf mètres, à 16 m. 70 au nord du rentrant de
l’entrée, a été trouvé : soit un saillant de ce mur, soit un autre mur collé contre lui,
formant saillant de 1 m. 1 0 sur
la ligne de façade. Ce saillant ou
ce mur indépendant collé contre
l’autre a été reconnu sur h m.
5 o de longueur et se continue
vers le nord au delà de la limite
des fouilles de cette année, il
subsiste au niveau —0 m. 70.
Je n’ai malheureusement pas, à
cause de la lin des travaux de
ce côté, reconnu son niveau de
base, ce qui nous eut permis de
déterminer si nous avons là un
morceau du mur de 9 mètres.
Le mur d’enceinte antérieure
à l’époque ptolémaïque trouvé
l’an dernier (Médamoud, 1928,
pl. I) ainsi que la partie du mur
d’enceinte ptolémaïque recon-
nue l’année d’avant ( Médamoud ,
1927, pl. I), nous ont donné
sur la face extérieure des sail-
lants et des rentrants; nous n’en avons pas rencontré sur le mur de neuf mètres
découvert cette année; à moins que la disposition qui vient d’être signalée, ne soit
un saillant.
Une donnée importante pour dater le mur de neuf mètres, est une trouvaille de
poteries, inv. hh6 1 à hh 6 h, au niveau — 1 mètre contre la paroi Est, à 9 mètres au
sud de l’allée dallée ptolémaïque. Ces poteries nous donnent deux types caractéris-
tiques (fig. 1 0) :
Inv. 4461. — Un vase en terre cuite, rouge, ayant o m. 2g5 de hauteur, un dia-
mètre d’ouverture de 0 m. io5 et un renflement vers le bas ayant o m. 1 2 de dia-
mètre.
Ce vase peut être soit du Moyen Empire, soit de la XVIII e dynastie.
Inv. 4463 . — Une ampoule lenticulaire en terre cuite, rose, peinte en blanc et
Fig. 10. — Poteries trouvées contre le mur d’enceinte de q mètres,
inv. 4463 et 46 6 j .
14
F. BISSON DE LA ROQUE.
ornée de traits pourpres. Le col et les boucles d’attaches sont brisés. Les traits pour-
pres forment une décoration en cercle qui, sur les côtés du goulot et sous les empla-
cements de boucles, est barrée de deux traits au pinceau, se terminant par une
pointe très accentuée.
Des fragments d’autres poteries de ce même type ont été également trouvés au
même endroit.
Inv. 4464 . — Cinq fragments de poterie, en terre rose, légèrement blanchies et
décorées de traits circulaires pourpres :
Le premier fragment donne le type du col qui manque à l’ampoule, inv. 4463 ;
le second fragment donne une protubérance de vase avec volute et les trois autres
fragments donnent des morceaux ventrus, avec le même type de traits circulaires que
sur l’ampoule, inv. 4453 . 1
Ce type de poterie que nous fournit l’ampoule et les fragments d’autres ampoules
est-il du Moyen Empire ou de la XVIII e dynastie? Je crois y voir un type du Moyen
Empire, mais je n’en suis pas certain.
Le niveau de base -1 m. 45 du mur de neuf mètres ne nous indique pas s’il fait
partie d’une enceinte du Moyen Empire ou de la XVIII e dynastie, car il n’y a pas, a
Médamoud, une grande différence entre les niveaux des deux époques.
L’épaisseur de ce mur, plus importante que celle du mur trouvé l’an dernier, à
1 Est et au nord et considéré comme de la XVIII e dynastie ( Médamoud , i g a 8 , p. i o et
suivantes), me ferait croire que nous avons là le mur du Moyen Empire. En effet, il
me parait évident que la reconstruction du temple au début de la XVIII e dynastie fut
plus bative que celle entreprise sous les premiers Usirtasen. Pourtant il est possible
que le mur ouest ou mur de façade des enceintes sacrées à Médamoud soit plus large
que ceux des autres côtés. Nous avons reconnu contre la Porte de Tibère, au sud,
une largeur plus grande au mur d’enceinte ptolémaïque et romaine que celles trou-
vées sur les murs sud et Est, mais ce fait demande à être vérifié par un dégagement
plus étendu de ce mur ouest.
Le problème des enceintes successives, posé en 1928, acquiert cette année une
nouvelle donnée importante, mais il est prudent de s’en tenir à une exposition sans
parti pris jusqu’à ce que nous ayons trouvé les différents angles de ces enceintes La
louiHe des murs d’enceintes demande de très grands déblaiements qui ne peuvent se
(aire qu’en plusieurs saisons. Je ne sais si nous arriverons à l’étendre assez pour nous
permettre d’identifier d’une façon évidente les différents murs déjà trouvés au cours
de déblaiements qui se proposaient un tout autre but. En tout cas nous avons celte
année, une preuve nouvelle de ce que nous avions avancé l’an dernier, à savoir : que
sous les Ptolémées, l’enceinte sacrée était beaucoup plus grande qu’aux époques anté-
15
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
rieures. Je crois que celte dernière enceinte a été établie par eux, sans pouvoir en
donner de preuve rigoureuse.
Sous la XIX e dynastie , il est évident que Séti I er et Ramsès II ont travaillé à Méda-
moud : les pierres de remploi avec cartouches de ces rois trouvées dans la Porte de
Tibère en sont une preuve, mais jusqu’à maintenant aucune autre trace certaine du
temple de ces rois n’a été trouvée. Ce temple n’était peut-être qu’une modification ou
un agrandissement du temple de la XVIII e dynastie. Les tracés trouvés par M. Clère
sous le dallage ptolémaïque, lorsqu’il a établi les plans pour le démontage des fonda-
tions du fond de l’avant-temple, seront à examiner en tenant compte de cette hypo-
thèse ; mais ils n’ont pas donné d’indications bien précises.
Je ne pense pas qu’à cette époque on ait refait l’enceinte de la XVIII e dynastie.
Mais, même s’il en était autrement, il ne faudrait pas attribuer à la XIX e dynastie le
mur de neuf mètres; sa porte de deux mètres de largeur dans l’axe du temple, est trop
mesquine pour un temps qui préférait les portes monumentales beaucoup plus larges.
Même pour la XVIII e dynastie, l’étroitesse de cette entrée me paraît également invrai-
semblable; pour le Moyen Empire, cette porte ne serait sans doute qu’une entrée de
côté. A cette date, il est également permis de supposer un type d’entrée étroite, dans
une enceinte aussi fermée que possible. Plus que celles du Nouvel Empire, les encein-
tes sacrées du Moyen Empire auraient gardé le caractère de forteresses.
4. — LES INSTALLATIONS COPTO BYZANTINES.
Les restes du village copte d’époque byzantine sur l’Esplanade Ouest du temple
dégagée entièrement cette année (pl. 1), sont décrits ici en partant de l’angle sud-ouest
du temple pour atteindre son angle nord-ouest après être passé le long du mur ouest
d’enceinte ptolémaïque où se trouve la Porte de Tibère.
Au point de départ et au point d’arrivée, nous reprenons la description des instal-
lations reconnues dès 1926. Nous gardons le principe de la numérotation par groupes,
mais nous classons les divers groupes par quartiers.
QUARTIER SUD -EST.
Ce quartier comprend les groupes I à VII, où je crois reconnaître cinq habita tions :
la première formée par les groupes I à III, la seconde dont il ne subsiste qu’une entrée
avec escalier dans le groupe IV, la troisième comprenant le groupe V où subsiste une
cave au niveau — 0 m. 20 et un dallage en briques cuites au niveau -l-o m. 60, la
quatrième avec un groupe VI , dont la fouille n’est pas terminée, et la cinquième for-
mée par le groupe VII auquel j’annexe un massif nord avec chambre haute et réduit
revêtu d’un enduit.
16
P. BISSON DE LA ROQUE.
Une grande partie de ce quartier est déjà décrite dans Médamoud, 1926, pi. II et
p. 57. Mais j’en reprends ici l’interprétation d’ensemble.
La première habitation est limitée par le mur-pylône, le Kiosque Sud, le mur sud
de ce que j ai appelé Cour Ouest et un mur fait avec des demi-tambours de colonnes.
Elle a comme niveau 0 m. 00, cest-à-dire le niveau du sol du temple. Elle com-
prend deux chambres avec murs en pierres (les groupes I et II j, des dépendances dans
le groupe III et une cour avec, au nord, une installation de conduite d’eau.
Les deux chambres des groupes I et II sont formées par les murs du temple et par
des murs ajoutes, construits avec des pierres de petite taille provenant de construc-
tions de la fin de la X\1II C dynastie, spécialement d’Aménophis IV. Quelques pierres
conservées dans ces murs depuis 1926, ont été enlevées cette année (inv. 452 2 et
4529 , p. 42).
On j)eut supposer qu il y avait d autres chambres construites en murs de terre crue
qui auraient complètement disparu par suite de l'inondation annuelle du sol.
Des iiagments de chapiteaux trouves dans le remblai de cette première habitation
(Médamoud , 1926, p. 58 ), nous a conduit à supposer abusivement que nous avions
là une demeure construite par un grec.
Sur la cour de cette première demeure donnent trois autres habitations : celle du
groupe IV, celle du groupe Y sans issue et celle du groupe VI dont la fouille n’est pas
achevée.
Cette première demeure ne peut avoir son entrée que par le groupe IV ou le
groupe VI.
La seconde habitation, formée par le groupe IV, servirait d’entrée à la cour de la
première demeure avec son vestibule au niveau + 0 m. 4o , contre le mur fait avec des
demi-tambours de colonnes et son escalier se perdant au niveau + 1 m. 4o ( Médamoud ,
^ 26 , p. 5 9 ).
Je rattache à cette habitation un angle de pierre trouvé cette année (fig. 1 1 , extré-
mité droite du premier plan). Cet angle de pierre a sa base au niveau -j-o m. 5 o et
subsiste au niveau -Mm. 20. Les pierres de cet angle sont incurvées sur le côté sud.
Elles proviennent, peut-être, du mur sud de ce qui fut appelé Cour Ouest où elles
auraient pu être l’enveloppement de la dernière colonne ouest.
Les chambres de cette seconde habitation sont complètement détruites. L’ensemble
se délimitait, peut-etre, par l’angle de pierre et par le mur qui lui est mitoyen avec
le groupe V.
La troisième habitation, formée par le groupe V, se délimite au nord par un mur
mitoyen avec le groupe IV, à l’ouest par des murs indiquant des remaniements, au
sud par un mur subsistant au niveau + 1 mètre qui se trouve sur la limite de la fouille
et à 1 Est par le mur fait avec des demi-tambours de colonnes qui devait se continuer jus-
qu au mur sud de ce qui fut appelé Cour Ouest. C’est de ce côté Est que l'on peut
admettre 1 entrée de cette habitation avec la dalle au niveau +0 m. 3o, placée à
17
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
l’Est et contre le mur fait avec des demi-tambours de colonnes. Cette dalle formerait la
première marche d’un escalier et nous aurions, d’après les murs qui limitent ce
groupe, le niveau + 0 m. 60 pour cette troisième habitation.
Dans cette troisième habitation, nous avons un reste de dallage en briques cuites au
niveau +0 m. 60 dans l’angle sud-ouest et un petit rectangle construit en briques
Fig. 11. — Installations copto-ryzantines dans la partie sud de l’esplanade ouest du temple, vues du noiid-est-est.
cuites au niveau —0 m. 20 que nous pouvons considérer comme cave (fig. 12, au
premier plan). Cette cave a du être abandonnée par la suite ainsi que l’indique le reste
de mur ouest de ce groupe, situé au nord, qui passait au-dessus du rectangle.
Ce dernier mur ainsi que les deux autres, placés de ce côté ouest, avec leurs direc-
tions un peu différentes, indiquent des transformations successives que j’essaie d’expli-
quer (p. 19) en parlant de l’habitation voisine.
Dans le rapport de 1926 (p. 61), je m’étais demandé à propos de ce cinquième
groupe si nous n’avions pas deux couches de maisons coptes. Je crois qu’il faut aban-
donner complètement cette idée , car rien dans toute l’agglomération d’habitations des
groupes I à VII ne la confirme, et nous verrons que les autres installations trouvées
cette année ne la justifie.
La quatrième habitation, formée par le groupe VI, possède un dallage de chambre
au niveau + 0 m. 75 qui communique par un seuil conservé avec la cour de la pre-
mière demeure.
Fouilles de V Institut, t. VU, 1.
3
18
F. BISSON DE LA ROQUE.
Ce groupe VI ( Médamoud , 1926, p. 61), n’a pas été complété comme fouille cette
année et ne nous a rien appris de nouveau.
Avec le groupe VII ou cinquième habitation, commencent les fouilles de cette année.
Cette cinquième habitation a son niveau de sol à + 0 m. 80 d’après le seuil de son
entrée qui se trouve sur la face ouest (fig. 11 et 12). Elle se limite au sud par une
Fig. 12. — Installations copto -byzantines dans la partie sud de l’esplanade ouest du temple, vues de l’est.
clôture subsistant à +1 mètre qui sert également au groupe V et qui rejoint vers l’Est
le groupe VI. A l’ouest, son mur limite est également une clôture qui se prolonge au
delà de ce groupe vers le sud et vers le nord. A l’Est, cette habitation a une clôture
mitoyenne avec le groupe V. Au nord se trouve un groupe annexe formant un gros
massif à chambres hautes au niveau +1 m. 3 o.
Cette habitation se compose de trois pièces dont les deux plus grandes sont sépa-
rées par un mur ayant 0 m. 60 de largeur, ce qui paraît énorme pour une cloison.
La troisième pièce, plus petite, est située dans l’angle sud-ouest.
La brisure de l’angle nord-est qui se voit sur les figures 11 et 12, n’existait pas
lorsque les murs trouvés en 1926 subsistaient.
C’est sur la face ouest, à un déclanchement vertical de niveau, entre +1 m. 3 o et
+ 0 m. 80 , dans la chambre du milieu, que nous pouvons supposer l’entrée. Au delà,
19
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
vers l’ouest, nous n’avons trouvé sur une grande distance aucune trace de fondations
d’habitations. Ce gros mur ouest qui se continue vers le nord et le sud paraît donc
être une clôture de tout le quartier sud-est.
La clôture mitoyenne entre les groupes VII et V, semble avoir subi quatre transfor-
mations.
Nous avons les restes de quatre lignes de fondations de murs de même largeur,
c’est-à-dire de même destination qui paraît être celle d’une clôture de maisons.
En partant du sud, il y a un premier mur ayant sa base à + 0 m. 08, subsistant à
+ 1 mètre. Ce mur peut être regardé comme dépendant exclusivement de la petite
chambre du groupe VII et a pu être simplement la fondation d’une armoire niche.
Ensuite, parallèlement à ce premier mur, s’en rencontre un second ayant sa base
à -f- 0 m. Go et subsistant à + 0 m. 80. Ce mur a dû se continuer jusqu’à la clôture
sud et servir de mur mitoyen entre les parties sud des groupes VII et V. Il aurait for-
mé par une transformation un retrait vers l’Est, à peu près à l’endroit de sa brisure
nord actuelle èt le troisième mur ayant sa base à -f 0 m. 5o et subsistant à -f 0 m. 60
serait devenu une continuation du second.
Ces deuxième et troisième murs, de même direction que le premier, seraient donc
la clôture mitoyenne , modifiée à un moment donné entre les habitations des groupes
V et VIL
Le troisième mur donnerait la ligne de clôture la plus ancienne et serait continué,
tout d’abord, jusqu’aux limites sud et nord de l’habitation du groupe V.
Le groupe V aurait, à un moment donné, gagné du terrain sur le groupe VII,
lors, probablement, de l’éboulement de la partie sud de ce troisième mur; le nouveau
mur aurait été établi sur une ligne parallèle et en retrait.
Quant au quatrième mur qui se trouve à l’extrémité nord, ayant sa base à + 0 m.
5o et subsistant à +0 m. 60, il est de direction légèrement différente et passait au-
dessus du rectangle en briques cuites, situé au niveau —0 m. 20 dans le groupe V. Ce
mur pourrait être considéré comme une réplique de ce qui se serait produit au sud,
mais, cette fois, pour un gain de terrain du groupe VII sur le groupe V. II aurait été
fait à une époque où le groupe V avait abandonné l’usage du rectangle en briques
cuites, déjà en ruines à cette époque, tout au moins dans son angle nord-ouest, car,
sous la partie de ce quatrième mur qui passe sur ce rectangle, l’angle nord-ouest du
rectangle ne s’élève pas à plus de 0 m. ûo et il reste un vide garni de terre entre les
deux niveaux.
Les deux habitations, celle du groupe V et celle du groupe VII auraient donc, à la
suite de plusieurs transformations, présenté ce dispositif de rentrants et de sortants
pour leur clôture mitoyenne.
Le groupe annexe VII (fig. 1 1, deuxième plan, à droite, et fig. i 3 ) nous donne un
gros massif de construction collé au mur de clôture ouest (niveau inférieur + o m. 60 ,
supérieur -fi m. 3 o) et se raccorde, à son angle sud-est, à un mur subsistant au
3.
20 F. BISSON DE LA ROQUE.
niveau +o m. 80 avec sa base à + o m. 60 qui va rejoindre le mur mitoyen entre
les groupes IY et V.
Ce massif a 2 m. 80 sur 1 m. y5. Sa base est au niveau +0 m. 80 et subsiste à
+1 ni. 3o. A ce niveau +1 m. 3o, il semble donner dans sa partie nord un dallage
dans lequel fut trouvé une table d’offrandes retournée, inv. 435o (p. 39 ).
Fig. i3. — Un massif copte avec bassin (?), vue extérieure prise du sud.
De cette chambre dallée, qui pouvait s’étendre au nord et à l’Est au delà de la
partie conservée, on passe dans un réduit de 0 m. 5 o sur o m. 60 , limité par des
petits murs revêtus, ainsi que son sol, d’une sorte de gypse.
Ce réduit (fig. i4) forme une déclivité de — 0 m. 3o par rapport à la chambre
dallée voisine. Avons-nous là un bain, un bassin, un réservoir? Aucune trace de con-
duite d’eau ne nous permet de l’affirmer.
Les objets trouvés dans ce groupe Vil sont de deux sortes : ce sont des restes, fort
peu nombreux, du mobilier ainsi que de nombreuses pierres, provenant du temple,
qui ont servi dans les fondations des murs de ce groupe (inv. 34 18 bis, p. 38; inv.
435o, p. 39 ; inv. 4207 , p. 4o ; inv. 45 1 6 et 45 1 7 , p. 43 ; inv. 4535 et 4536 , p.
4 5 ; inv. 4537 et inv. 43o5,p. 5 0 ).
Les restes de mobilier indiquent l’époque qui a suivi immédiatement l’abandon du
temple. Ils se composent surtout de poteries, en grande partie brisées (inv. 34 1 2 bis,
343 6 bis, 3ki3bis, p. 53; inv. 3b3ibis, et 3kabis, p. 57 ; inv. 34 1 5 bis, 3444 bis
et 3445 bis, p. 58; inv. Shkobis, p. 59 , 61 et 62 ; inv. 343g bis, p. 62 ) et parmi
les autres objets je signale une figurine féminine, inv. 343o bis, p. 54.
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
21
UNE TOMBE D’ENFANT ET LE GROUPE VIII.
A 6 mètres à l’ouest du mur ouest d’enceinte d’une agglomération d’habitations,
mur qui forme limite du groupe VII, a été trouvé, dans un grand espace dépourvu
de ruines apparentes, un angle de mur en grès, subsistant au niveau +1 m. 3o.
Fig. 1 h. — Un bassin copte, vue intérieure prise de l’est.
Ce témoin de construction copte est visible sur la figure 20 , au dernier plan du
terrain fouillé, dans le centre de la photographie, au-dessus des restes du mur de
neuf mètres où la fouille a établi une apparence d’escalier de lits de briques crues.
L’angle construit n’occupe que le sommet du témoin. Le niveau de base de cet
angle correspond à ceux du groupe VII et du quartier sud-ouest ou quartier le long
du mur ouest de l’enceinte sacrée , étudié ci-après.
Cet angle ainsi que les objets trouvés dans les parages nous permettent de suppo-
ser qu’il y avait au moins une construction dans ce groupe numéroté VIII.
II est de bonne construction mais, pourtant, du type de celles faites par les coptes
à l’époque byzantine sur ce site. 11 se rattache donc avec évidence aux épaves du vil-
lage établi dans cette enceinte sacrée, après l’abandon du temple.
Un peu au nord-est de cet angle, a été trouvée une tombe d’enfant qui nous a
donné des bijoux en or, inv. 3421 bis à 342 (ibis (p. 52).
22
F. BISSON DE LA ROQUE.
Cette tombe se place a dix métrés a 1 ouest et à neuf mètres au sud de l'angle exté-
rieur du Kiosque Sud, au niveau o m. oo.
Elle ne fut pas construite mais établie sur des restes aménagés du mur d’enceinte
de neuf mètres de largeur, construit en grosses briques crues.
Les ossements dans ce terrain humide ont été complètement décomposés. Il sem-
ble y a voit eu, outre les petits os humains, quelques ossements d’animaux, ce qui
nous ferait considérer cette tombe comme païenne ainsi que la bague à chaton repré-
sentant la déesse-mère égyptienne (inv. 362161s) paraît le confirmer.
Mais outie le style des bijoux qui nous donnent des types de l’époque gréco-romaine
ou byzantine, les débris recueillis dans les parages de la tombe mal limitée, si non
dans la tombe elle-meme, indiquent une époque très voisine du village copte.
1 armi ces débris nous avons des morceaux de coupes en verre très mince et d’un
petit vase en terre cuite, inv. 3420 bis; des morceaux d’autres vases en terre cuite et
en verre ainsi que des débris de fer, inv. 3629 6*s, des parcelles d’écaille et de feuilles
d’or, inv. 3/127 bis.
Les types des objets en verre et en terre cuite ainsi que le fer m’indiquent l’épo-
que du village copte dont nous retrouvons des restes de fondations de maisons et qui
s est établi après 1 abandon du temple à la fin du iv e siècle de notre ère.
J’ai cru reconnaître des ossements d’enfant, mais ceci n’est qu’une probabilité. La
bague de forme intentionnellement allongée, avec son diamètre minimum de o m.
0 1 8 n’indique pas un gros doigt.
Cette tombe est isolée; nous n avons pas remarqué d’ossements décomposés dans
toute cette région. La découverte des premiers objets ayant amené nos recherches sur
1 emplacement de la tombe jusqu au niveau — 0 m. to nous avons déblayé jusqu’à ce
niveau toute la légion et examine avec un soin tout particulier si nous n’aurions pas
des indices d’autres sépultures.
A 1 ouest du groupe VIII, nous avons trouvé un zir au niveau — o m. ko sans traces
de muis subsistants dans les parages, mais quelques objets recueillis confirment
la probabilité dune habitation en ce point: inv. 4o45,un petit chaudron en bronze
(p. 01), inv. 6062, un morceau de lampe (p. 53 ); inv. ZioG 3 , une tête d’une orante
(p. 56 ); inv. 6012, 601 3 et 6 o 34 , trois fragments de trois assiettes décorées d’un
poisson (p. 5 q); inv. 4 o 48 .i, 6016 et 6067, trois fragments de vases à décor floral
(p. 60); inv. 6026 et 6022, divers morceaux de poteries décorées (p. 62); inv.
4 o 35 , 6 oi 5 , 6037, 4 i 19,61 17,6015, divers autres morceaux de poteries décorées
(p. 62).
Parmi les autres objets trouves dans le groupe VIII, le chapitre suivant donne : inv.
6019 et 4 o 2 0 , deux palettes en schiste (p. 5 1 ) ; inv. 6099, un débris à’oushabti et
inv. 4 100, un petit sphinx en émail (p. 5 1) , ainsi que le haut du buste d’une sta-
tuette déjugé romain, inv. 4 o 43 (p. 5 o). Ces autres objets paraissent être d’époque
antérieure au village copte.
FOUILLES DE MEDAMOUD ( 1929 ).
23
QUARTIER SUD-OUEST OU GROUPE IX.
Si à l’époque chrétienne, sur ce site comme ailleurs, les maisons s’appuient aux
murs du temple abandonné (groupes I et II), on préfère encore les adosser aux murs
d’enceintes sacrées, car, pour construire sa maison en se servant d’un ou de plusieurs
murs du temple, il fallait, pour avoir une terrasse bien établie, construire les murs
nouveaux en pierre, tandis que, le long des murs d’enceintes en briques crues, on
trouvait les matériaux généralement en usage et les terrasses pouvaient être suppor-
tées par des murs construits avec des matériaux pareils à ceux du mur contre lequel
la maison s’appuyait.
Nous avons trouvé ces années dernières, des maisons coptes adossées à la face inté-
rieure du mur sud d’enceinte ptolémaïque (1927), à la face extérieure du mur Est
de cette même enceinte et du mur nord d’une enceinte antérieure (1928). Cette an-
née toute la portion dégagée de la face interne du mur ouest d’enceinte ptolémaïque,
sur la largeur totale du temple, nous a donné d’un bout à l’autre des restes de mai-
sons nettement d’époque chrétienne et par les niveaux, et par la nature des maté-
riaux, et par le mode hétéroclite de construction.
Le quartier sud-ouest comprend le groupe IX qui se situe au sud de la Porte de
Tibère (fig. 1 5 ). Dans ce quartier nous avons de grands espaces de dallages en bri-
ques cuites au niveau + 0 m. 60, et quelques murs qui, au voisinage de la Porte de
Tibère, atteignent un niveau — 0 m. 52 .
Le voisinage de cette porte en pierre permettait, grâce à ses fondations, d’établir
des caves.
Les grands espaces dallés en briques cuites forment des ensembles de plusieurs
chambres à cloisons détruites, avec gros murs à l’Est et à l’ouest.
Ces gros murs sont faits en partie de briques cuites, en partie de briques crues,
avec parfois dans leurs fondations, des pierres provenant du temple.
Il semble que nous ayons deux habitations séparées par un mur subsistant à un
niveau variant de l’ouest à l’Est entre +1 m. 80, 4-1 m. 5 o et +1 m. 20, avec un
passage ou une porte de 1 m. 4o de largeur, qui réunissait ces deux habitations.
Dans l’habitation sud, nous avons un angle de cloison étroite conservée au niveau
— 0 m. 85 .
Sous cette habitation passe un mur en briques crues sud-nord , conservé au niveau
— 0 m. 1 0 et ayant sa base au niveau — 0 m. 5 o.
Ce mur, par les dimensions des briques comme par son niveau , est antérieur non
seulement aux installations coptes mais aussi à l’époque de l’établissement du mur
d’enceinte ptolémaïque.
Ce mur en briques crues a un mètre de largeur. Il passe, en cet endroit à 1 m. 60
à l’Est de la ligne du mur d’enceinte ptolémaïque. Il se retrouve à 2 m. 80 au sud
24
F. BISSON DE LA ROQUE.
de r angle sud-est de la Porte de Tibère, où il passe à 1 ni. 3o du même mur ptolé-
maïque (fig. i 5 ).
Une couche de briques cuites pilées et de craie au niveau o m. oo s’étend vers
l’Est et le sud le long de la limite des fouilles (fig. 1 5 , dernier plan des fouilles).
A ce niveau, contre le mur d’enceinte et se continuant vers le sud dans la partie
non fouillée, nous avons également un petit espace de sol à ce même niveau o m. oo.
Fig, i5. — Installations copto-byzantines contre la face interne du mur d’enceinte, au sud de la porte de Tibère.
Ce niveau du sol du temple, trouvé dans le voisinage d’une maison ayant son
niveau à soixante centimètres plus haut, ne s’explique pas facilement comme instal-
lation d’époque chrétienne et semble plutôt être en relation avec le temple. Avons-
nous là un morceau du sol de l’Esplanade Ouest du temple? Ceci est fort possible, mais
il est prudent d’attendre son dégagement complet vers le sud. La présence de briques
cuites pilées s’expliquerait par une utilisation nouvelle à l’époque chrétienne.
Dans l’habitation nord du groupe copte IX, nous avons un ensemble de plusieurs
chambres formant un dallage qui subsiste sur 1 o mètres de longueur le long du mur
de l’enceinte sacrée et sur 2 m. 60 de largeur, avec un sortant vers l’Est qui atteint
5 mètres le long du mur mitoyen des deux habitations (fig. i 5 ).
A cette habitation nord du groupe IX, se rattache une cave de 1 m. 60 sur 1 m. 1 0 ,
formée par les fondations et la partie inférieure de la Porte de Tibère, par le mur
25
FOUILLES DE MÊDAMOUD (1929).
d’enceinte ptolémaïque réparé en ce point avec des briques cuites, au niveau — 0 m.
3o et par un mur construit par les coptes sur le côté Est. Ce mur copte, établi avec
des pierres provenant du temple (inv. ùo 5 a et inv. 4 o 54 , p. 3 7 ) , forme un retour
vers le mur d’enceinte ptolémaïque et semble donner vers le sud un couloir de cave
d’un mètre, qui pouvait avoir un escalier d’accès de ce côté pour rejoindre le dallage
placé à + o m. 60.
Les spécimens de poteries trouvés dans le groupe IX sont nettement de la même
époque que ceux trouvés dans toutes les installations coptes de ce site.
La maison sud nous a donné entr’autres : des vases, inv. 3463 bis, 346 hbis,
3465 bis et 3457 bis (p. 56 et p. 57) et des fragments de poteries décorées, inv.
3456 bis et 3454 bis (p. 60).
La maison nord nous a donné également des vases de mêmes types : inv. 4007,
4 ooo et 4oo 5,2 (p. 57 et p. 63 ).
Au nord-est de cette maison furent trouvés des morceaux d’une meule en granité
rose, faite avec un monument élevé au dieu Min, inv. 4357 ^358 (p. 48 ).
QUARTIER OUEST OU GROUPE X.
L’intérieur de la Porte de Tibère contenait très certainement des installations cop-
tes mais nous n’en avons comme preuves qu’une crapaudine au niveau +0 m. 57 et
que des objets, parmi lesquels un morceau de vase décoré, inv. 4090 (p. 61); une
lampe grenouille, inv. 4o82 et un morceau d’une lampe, inv. 4087 (p. 53 ) ainsi
qu’une tête d'animal, inv. 4089 (p. 54 ).
Cette porte s’est éboulée probablement au xix e siècle, à l’époque où elle était en-
terrée sur 1 m. 80. Si le tremblement de terre qui a produit cet éboulement n’a pas
écarté les joints de cette partie inférieure enterrée, il a quand même, par la chûte
d’énormes blocs, produit de grands dégâts dans la partie intérieure.
A cette cause de destructions s’ajoute celle encore plus agissante des racines d’ar-
bres, venant d’une palmeraie située à dix mètres à l’ouest; elles ont envahi les trois-
quarts de l’intérieur de cette porte.
Les eaux d’infiltration ont augmenté l’humidité du sol en y déposant du salpêtre et
nous avons trouvé les parois intérieures de la porte à peu près entièrement rongées.
Si les murs de la porte romaine n’ont pas résisté, les mauvaises constructions d’é-
poque chrétienne devaient souffrir d’avantage et il n’est pas étonnant que nous n’ayons
reconnu aucun reste lisible de murs coptes.
La crapaudine au niveau +0 m. 67 est un bloc de granité rose, fendu par l’ac-
tion du salpêtre. Ce bloc a o m. 60 sur 0 m. 55 avec 0 m. 3 o de hauteur. La cra-
paudine du type courant ( Médamoud , 1926, fig. 42 ) est taillée sur le sommet. Elle
doit être celle du battant droit de la Porte de Tibère, mais elle a été glissée hors du
Fouilles de V Institut, t. VII, 1 . lx
26
F. BISSON DE LA ROQUE.
rentrant et posée sur des moellons et de la terre de remblai qui l’isole de o m. 12 du
seuil en granité de la porte au-dessus duquel elle se trouve. Elle me paraît avoir été
déplacée par les Coptes et utilisée par eux, soit pour une porte, soit simplement pour
les fondations d’un mur; ils se seraient servi de la ligne du rentrant de la porte ro-
maine afin de fermer tout au moins une partie de la largeur du seuil. Cette ligne
était tout indiquée pour établir une cloison de chambre utilisant les parois de la partie
centrale de l’intérieur de la porte.
Aux angles extérieurs de la porte romaine , les débris de matériaux de construction
trouvés dans le remblai me laissent supposer que des maisons coptes se trouvaient là
mais nous n’avons pas poussé assez loin le dégagement de cette partie pour pouvoir
retrouver les restes lisibles de murs d’époque chrétienne.
Une tête d’animal, inv. 4096 (p. 55 ) trouvée près de l’angle nord-ouest est de
l'époque copte. Un lion, inv. 4445 (p. 39) semble être brisé par les Coptes et a dû
servir dans un mur placé au-dessus et en travers de l’assise subsistante du mur nord
de la cour fermée ouest de la Porte de Tibère.
C’est dans la partie sud-ouest du terrain fouillé qu’une installation copte est la plus
évidente mais encore en ce point la fouille n’a pas suffisamment été étendue pour que
nous puissions interpréter les restes de cette installation.
Nous avons l’angle nord-est d’un grand mur en pierres de taille, assez bien établi
(fig. 4 ). La base de ce mur repose sur le sol romain et la partie supérieure subsis-
tante est au niveau +0 m. 70. Cet angle occupe la partie sud-ouest de la cour fermée
romaine, établie sur la façade de la Porte de Tibère. Les murs se dirigent vers le sud
et l’ouest. Ils sont dégagés sur 6 mètres dans ces deux directions et se prolongent au
delà.
Le mur se dirigeant vers le sud escalade l’assise subsistante du mur sud de la cour
fermée romaine, ce qui supprime toute idée d’une construction ayant un rapport
quelconque avec celle établie de ce côté à l’époque romaine.
Ce qui paraît probable c’est que les Coptes ont démoli, dans la clôture de la petite
cour romaine, les assises qui n’étaient pas enterrées par le remblai et ont construit
avec ces pierres, cette autre clôture en s’efforçant de chercher le dallage de la cour
pour poser l’assise inférieure.
A l’intérieur de cet angle furent trouvées des pierres éparses avec entr’autres, un
sphinx brisé et renversé, le premier du dromos de ce côté. La disposition de ces pierres
nous révélait non seulement une dévastation copte mais aussi un début d’aménage-
ment nouveau. Les pierres du socle du sphinx non en place mais superposées les
unes au autres (fig. 4 ), de même que les morceaux du sphinx placés les uns au-dessus
des autres dans des positions inversées, nous donnent une preuve évidente d’un amé-
nagement copte.
Un coq en bronze, inv. 4 4 1 9 (p. 5 i) trouvé dans cette enceinte copte, nous signe
cet ouvrage de dévastation.
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
27
QUARTIER NORD-OUEST OU GROUPES XI, XII ET XIII.
Ce quartier est situé au nord de la Porte de Tibère et le long de la partie dégagée
de la face interne du mur ouest de l’enceinte ptolémaïque.
H comprend trois groupes, à trois niveaux différents (fig. 16); je crois reconnaître
deux habitations : une habitation imposante avec un grand espace dallé en grès, au
niveau +0 m. 20 (groupe XII) ayant son entrée probablement au sud; au niveau
+ 1 mètre (groupe XI) et des dépendances aux niveaux — 0 m. 90 et — 0 m. 5o;
une habitation de construction moins soignée, située au nord, au niveau +1 m. 35
(groupe XIII) dont le dallage des chambres est en briques cuites.
L habitation comprenant les groupes XI et XII est indépendante du mur d’enceinte
ptolémaïque alors que celle formée par le groupe XIII s’appuie à ce mur.
L habitation indépendante du mur d’enceinte comprend cinq parties distinctes.
L entrée me semble être au sud (groupe XI) où ont été trouvés, au niveau 4- 1
mètre, deux bases en place de petites colonnes coptes donnant 2 m. 60 d’entre-
colonnements.
4.
28
F. BISSON DE LA ROQUE.
Ces colonnes étaient en calcaire retaillé à petits coups de ciseaux. Elles comprenaient
trois morceaux : un chapiteau, un fût et une base. Sauf la base, trouvée en place, le
reste était tombé et brisé. Nous avons pu remonter une de ces colonnes au magasin.
Les restes de l’autre se trouvent contre l’angle nord-est de la Porte de Tibère où je les
Fig. 17. — Dallage en grès d’une installation dans la partie nord-ouest de l’esplanade ouest du temple.
ai laissés car ils y forment, avec d’autres débris de constructions, un remplissage utile
de protection à cet angle de porte romaine.
Le type de ces colonnes est assez grossier : le fût est irrégulier et le chapiteau d’un
modèle courant (voir : Revue de l’Egypte ancienne, tome II, H. Munier et M. Pillet,
Les édijices chrétiens de Karnak, fig. i3).
Deux autres types de chapiteaux coptes ont été trouvés dans les parages : inv. kS^k
(fig. Û6) et kkkS (p. 5o).
L’entrée devait s’ouvrir sur un vaste vestibule dont nous retrouvons des restes à
1 m. 60 au nord: il y a là un dallage en briques cuites au même niveau +1 mètre,
avec un angle nord-est de mur en briques et dont la partie ouest passe à 0 m. 45 du
mur d’enceinte ptoiémaïque. Cet angle nous donne une dimension sud-nord de k
mètres pour ce vestibule qui devait s'étendre vers l’Est au-dessus d’une cave ou
crypte et communiquer avec le grand rectangle dallé en grès, par un escalier de
descente.
29
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Le grand rectangle (groupe XII) est au niveau +om. 20. Il s’étend du sud au
nord sur 6 m. i 5 et il avait de l’ouest à l’Est au moins 8 mètres (fig. 17). 11 forme
une plate-forme établie avec des dalles en grès provenant très vraisemblablement du
dallage de l’Esplanade Ouest. Sur cette plate-forme, il devait y avoir un mur de pour-
tour, mais celui-ci ne subsiste que dans la partie ouest et à une hauteur très faible.
Le mur ouest est placé le long du mur d’enceinte ptoiémaïque dont il est isolé par
un très étroit espace. De ce côté ouest se remarquent deux salles séparées par un mur
ayant 0 m. 60 de largeur. Ce mur de cloison est un peu plus large que le mur de
pourtour. La salle sud mesure 2 m. k 0, la salle nord 2 m. 20 du sud au nord. Vers
l’Est , leurs murs sont détruits.
Sur la ligne-limite nord de ce grand rectangle nous avons un gros bloc brisé de
granité rose, remployé dans cette construction. Les faces ont été examinées et aucune
décoration n’y a été reconnue. La face supérieure de ce bloc donne le niveau +0 m.
5 o, c’est-à-dire trente centimètres en plus que le dallage. Faut-il voir là un seuil de
porte? Je ne le pense pas et j’y suppose simplement la partie inférieure du mur de
pourtour.
Dans la partie Est, nous reconnaissons trois dépendances diverses :
Il semble y avoir eu au nord, une partie plus élevée qui aurait été ajoutée ainsi
que le laisse supposer un morceau de mur, ayant sa partie inférieure au niveau 4- 0
m. 60 et subsistant à + o m. 85 ;
30
F. B1SSON DE LA ROQUE.
Au centre une conduite d’eau en briques cuites, allant du nord vers le sud, passe
sous le dallage au niveau — o m. 32 dont o m. 10 de profondeur;
A l’angle sud-est subsistant, il y a un silo en briques cuites (fig. 17) ayant — 0 m.
90 comme niveau inférieur et subsistant au niveau — 0 m. 20 dans sa partie Est. Ce
silo a un diamètre de 1 m. 55 . La partie inférieure du cercle de ce silo passe sous l’an-
gle de la plate-forme en dalles
de grès du grand rectangle.
Une crypte ou cave a été trou-
vée au sud du grand rectangle
(fig. 18), avec une de ses dalles
de plafond en place. Cette cryp-
te est construite en briques cui-
tes et son plafond a été établi
avec des pierres de grès prove-
nant du temple. Elle a son en-
trée au niveau + 0 m. 20 sur le
côté sud. Un escalier en briques
cuites descend au niveau — o m.
90 sur un sol de dalles en grès.
Cette crypte mesure 1 m. 1 o sur
1 m. 60 et sa hauteur était de
o m. 80. Au milieu se trouve un
petit carré de o m. 1 0 de profon-
deur (fig. 19). Dans le remblai
de cette crypte, furent trouvés
de nombreux ossements décom-
posés sans aucun objet. Cette
crypte ou cave, une fois hors
d’usage, a du servir d’ossuaire.
Au sud de cette crypte, se trouve une petite construction qui peut être un bain
(fig. 20). Le sommet subsistant en est au niveau +0 m. 20, c’est-à-dire au même
niveau que l’entrée de la crypte. Elle est faite de briques cuites, et comprend un demi-
cercle formant banc au niveau — 0 m. 10 et une cuve carrée dont un des côtés ferme
le demi-cercle. Cette cuve mesure 0 m. 80 de côté et le fond est au niveau — 0 m. Ao.
Je considère tous ces restes de constructions des groupes XI et XII comme faisant
partie d’une même installation, sans avoir des preuves évidentes. Certaines parties
pourraient même être envisagées comme d’un usage autre qu’une simple demeure
copte et même, si nous déterminions l’usage de ces différentes parties, nous pourrions
y voir une construction ajoutée dans l’enceinte sacrée avant l’abandon complet du
temple, mais à un moment où le sol près de l’enceinte se comblait déjà.
Fig. 19. — L’intérieur de la crypte.
31
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Parmi le choix d’objets étudiés au chapitre suivant, il y a : provenant du groupe
XI, des morceaux de vases, inv. Ai 01 et d’assiettes, inv. Ai i 5 , en terre cuite, décorés
de poissons (p. 59) ainsi que des morceaux de bords décorés d’assiettes également en
terre cuite, inv. Ai 10 et Aio 3 (p. 62); provenant du groupe XII, un morceau de
lampe avec poisson, inv. A2A0, des fragments de vases décorés, inv. A 23 i et A232
(p. 61), un morceau de plat en
terre cuite, décoré d’un pois-
son, inv. A26A (p. 5 q) ainsi
qu’un morceau de poterie sa-
mienne, inv. A27A (p. 62),
spécimen des nombreux frag-
ments trouvés dans l’un et l’au-
tre groupe, de même que dans
tous les autres.
L’habitation qui forme le
groupe XIII a une chambre dal-
lée en briques cuites (fig. îG,
dernier plan fouillé à droite),
qui forme l’angle nord-ouest de
la partie fouillée contre le mur
d’enceinte ptolémaïque. Celte
chambre est au niveau + 1 m.
35 . Elle mesure 2 m. 5o sur 3
mètres. Son mur ouest est for-
mé par le mur d’enceinte ptolé-
maïque subsistant en cet em-
placement au niveau + 1 m. 70.
Ses autres murs ont disparus.
Au nord, un îlot de dallage
en briques cuites, au niveau +1 m. Ao, subsiste sur 1 m. 3 o au carré. Cette seconde
chambre devait s’étendre davantage vers l’Est et vers le sud. Dans l’espace de 0 m. 80
qui la sépare de la première chambre, subsiste un débris de mur. Cette seconde
chambre ne touchait pas au mur d’enceinte ptolémaïque. Elle en est éloignée de 1 m.
20 et conserve de ce côté ouest un reste de mur.
A l’Est de la première chambre, se trouve un reste de mur ayant sa base à -h 0 m.
10 et subsistant au niveau + 0 m. 5o. Un autre mur perpendiculaire, ayant sa base
au même niveau +0 m. 10, subsistant au niveau + 0 m. Ao, se dirige vers l’Est où
nous trouvons, à A m. 3 o de la première chambre, le centre d’un reste de construc-
tion en cercle, construit en briques cuites, ayant son niveau inférieur à — 0 m. 10.
Cette partie Est du groupe XIII indique donc un étage inférieur par rapport aux
Fig. 20. — Crypte au premier plan, vue
32
P. BISSON DE LA ROQUE.
deux chambres reconnues. Cet étage inférieur nous donne sans doute des restes d’une
cave et d’un petit silo, malheureusement trop fragmentaires pour qu’on puisse tenter
d’en décrire le plan.
Sous le reste de silo fut trouvé au niveau — o m. 70, un massif en grosses briques
crues qui semble être un saillant du mur d’enceinte de neuf mètres de largeur.
Parmi les objets trouvés dans le groupe XIII , nous avons les mêmes types de pote-
ries que dans les autres groupes ainsi qu’un coq en bronze, inv. 6596 (p. 5 i) et
deux morceaux de lampes en terre cuite : l’un donnant une tête de faune, inv. 46 oo
et l’autre un fragment d’inscription , inv. 46 oi (p. 54 ).
QUARTIER NORD-EST OU GROUPE XIV.
Ce groupe me paraît donner quatre habitations qui devaient former une même
agglomération.
Dans ce dernier quartier dégagé cette année, en regagnant la ligne des kiosques,
nous reprenons contact, tout comme dans le premier quartier décrit plus haut, avec
les fouilles de 19 s 6 ( Médamoud , 1926, p. 53 à 5 7 et pl. 11).
Ce qui caractérise l’installation copte trouvée dans le Kiosque Nord, c’est l’absence
d’ouverture dans les murs. Ces murs, sauf une pierre, inv. 2096, qui se trouvait sur
le seuil de la porte du kiosque, reposaient sur un remblai de terre de 0 m. 2 5 au-
dessus du sol du temple. L’absence d’ouverture indique que nous avons là des élé-
ments de caves.
Alors que dans le quartier sud-est, le sol de l'habitation paraît être au niveau du
sol du temple , ainsi que l’indique principalement le reste du dallage en briques cuites
du groupes III (voir : supra), ici, dans le Kiosque Nord, nous n’avons aucun reste
pouvant nous indiquer le niveau de l’habitation copte qui l’occupait. Faut-il rappro-
cher cette habitation de celle dont le mur de clôture était fait avec des tuyaux de con-
duite d'eau et déduire son niveau de celui de ce dernier mur? Nous aurions alors le
niveau +0 m. 70 pour le sol des chambres de l’habitation installée dans le Kiosque
Nord. Cette hauteur de 0 m. 70 est presque suffisante pour des caves si nous compa-
rons celles-ci à celle que nous avons désigné comme crypte au groupe XI (p. 3 o).
Mais, étant donné que les murs ajoutés par les Coptes dans ce kiosque nous indiquent
un remblai de 0 m. 2 5 , il faudrait supposer qu’en établissant ces caves, on a enlevé
le remblai à l’intérieur des caves sans se donner la peine de l’enlever complètement
à l’emplacement des murs nouveaux. Ce serait une négligence très vraisemblable et je
crois que le niveau +0 m. 70 doit être très voisin de celui que devaient avoir les
chambres occupant le Kiosque Nord; ce chiffre doit être considéré comme un mi-
nimum.
Le Kiosque Nord nous donnerait la première habitation de ce groupe XIV.
33
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Hors du Kiosque Nord nous n’avons reconnu en 1929, de ce côté, que des débris
de murs coptes qui n’ont pas été suivis.
La rainure avec encoches, en grès, trouvée au niveau +om. 10, près de l’angle
nord-ouest du mur-pylône ne nous a rien appi'is de nouveau cette année.
Par contre, nous avions trouvés au nord-ouest du Kiosque Nord, l’amorce de deux
murs; nous en avons cette année reconnu les angles qui semblent nous donner des
indices d’une seconde habitation.
Ces murs ont leur base à + 0 m. 10 et subsistent au niveau +0 m. 60. Ils sont
réunis par un mur nord et forment un espace d’un dispositif un peu bizarre, ayant
5 m. 4 0 du nord au sud. Nous pouvons même ajouter un mètre à cette longueur
reconnue en considérant, ce qui est vraisemblable, que le mur Est de cet enclos
allait rejoindre l’angle nord-ouest du kiosque.
Sur cette longueur nous avons trois largeurs différentes, données par la ligne bri-
sée du mur ouest : une première largeur de 1 m. 70, formant un long couloir, une
seconde de 2 m. 10 sur 1 m. 60 formant une chambre établie en saillant sur le côté
ouest et une troisième de 0 m. 70 sur 1 mètre formant une niche ou un réduit au
nord.
C’est dans le mur qui ferme cette niche au nord que fut trouvée la stèle, inv. 4355
( P . 48 ).
Tout cet ensemble nous donne, à mon avis, un tracé de cave qui nous indique la
présence d’une habitation dans cette partie, mais nous n’avons de cette habitation ni
son niveau, ni son plan. Le niveau des chambres du rez-de-chaussée peut être sup-
posé le même que celui qui va nous être donné par le mur de clôture fait avec des
tuyaux de conduite d’eau et que celui supposé pour l’habitation installée dans le Kios-
que Nord. Quant au plan de ce rez-de-chaussée , il serait dangereux de l’établir d’après
les restes du tracé de cave qui ne peuvent nous donner qu’une délimitation minimum
du pourtour de cette habitation. Ce que nous pouvons supposer, c’est que cette habi-
tation faisait partie du même groupe que l’habitation occupant le Kiosque Nord et
qu’une autre habitation située à l’ouest.
Cette dernière, considérée comme une troisième habitation, a son mur Est mitoyen
avec la seconde, si nous admettons, ce qui est évident, que ce mur subsistant sur
0 m. 5 o de hauteur se prolongeait en hauteur.
Cette troisième habitation se caractérise par un mur de clôture fait avec des tuyaux de
conduite d’eau qui forme sa limite nord , rejoint le mur mitoyen du côté Est et sub-
siste sur le côté ouest jusqu’à un autre mur qui lui est perpendiculaire et qui a un
niveau de base plus élevé.
Ce mur de clôture fait avec des tuyaux de conduite d’eau a sa base au niveau 4- 0 m.
70. Il subsiste au niveau +1 m. 3 o dans un terrain trouvé au niveau +1 m. 60, ce
qui donne en cet endroit un remblai de 0 m. 3 o pour toute l’époque qui nous sépare
de l’abandon de cette habitation.
Fouilles de V Institut, t. VII, 1.
5
34
F. BISSON DE LA ROQUE.
11 s’étend sur une longueur Est-ouest de 6 m. 6o et subsiste du côté ouest sur 2 m.
10. Les tuyaux qui en forment le squelette, sont placés verticalement et se touchent
par leur extrémité (fig. 21).
Ces tuyaux en terre cuite striée sont du type étudié dans Médamoud , i 927, figure 2 5 .
Fig. ai. — Mur copte fait avec des tuyaux de conduite d’eau.
Ce type de mur est curieux mais normal. On le trouve d’un usage fréquent en
Égypte à notre époque. Le squelette de poterie est revêtu de terre mouillé, garnie
d’un peu de paille, c’est-à-dire de terre à briques crues. Ce qui est remarquable ici,
c’est le beau type de poterie employé. Ces beaux tuyaux se trouvent en très grand
nombre à Médamoud. Le type ne me paraît pas être postérieur au iv e siècle ( Méda-
moud , 1927, p. 39 et /10).
Les Coptes en construisant ce mur de clôture se sont-ils servis de tuyaux recueillis
dans une conduite d’eau abandonnée? Je ne le pense pas. Rien dans ces tuyaux en
parfait état de conservation, n’indique un remaniement. Je ne croirais pourtant pas
que cette poterie ait été fabriquée pour servir comme matériaux de construction?
Elles sont visiblement destinées à être emboîtées les unes dans les autres; et l’on en
trouve de toute pareilles, sauf les stries, qui constituent une conduite d’eau. C’est bien
là l’usage qui en a déterminé la forme. Mais nous voyons toutefois qu’on a pu aussi
les employer pour la construction.
35
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
L’installation doit être, comme celles de tous les autres groupes, de l’époque qui
a suivi immédiatement l’abandon du temple.
Que contenait cet enclos? Une habitation, sans doute; mais ce n’est pas certain.
L’enclos a 6 m. 60, dans sa plus grande dimension Est-ouest; il devait avoir dans
l’autre direction au moins 5 m. 5 o , à en juger par le mur ouest considéré comme mur
mitoyen.
A l’intérieur de ses limites, nous n’avons trouvé qu’un massif de construction en
briques cuites ayant sa base au niveau — 0 m. 1 3 et subsistant à + 0 m. 20. Ce massif
mesure 2 mètres sur 1 m. 3o. 11 forme une fondation importante pour un monument
non déterminé. Malgré son niveau inférieur de i 3 centimètres au-dessous de celui
du sol du temple, j’évite de le considérer, puisqu’il est fait de briques cuites, comme
un massif de fondations de l’époque du temple.
A cinq mètres au sud de ce massif, se trouvent les fondations en grès d’une table
d’offrandes, inv. A 3 i h (p. A7), c’est le seul monument de la région, qui soit en rap-
port avec le temple. Rien ne nous permet de croire que, même à l’époque romaine
la brique cuite ait été employée pour la construction du temple. Elle ne paraît pas
avoir été en usage à Médamoud avant la fin du iv e siècle de notre ère.
Le massif, trouvé dans ce que nous désignons comme troisième habitation du
groupe XIV, serait donc d’époque chrétienne ou de la période qui a précédé immé-
diatement l’abandon du temple.
Une quatrième habitation paraît avoir existé dans ce groupe XIV, ainsi que sem-
ble nous l’indiquer un mur de direction Est-ouest, qui part du mur ouest fait avec
des tuyaux, et qui subsiste sur h m. 5 o. Ce mur a son niveau de base à +1 m. o 5 et
subsiste au niveau 4-1 m. 3 o. Il nous indique un niveau de chambres plus élevé que
celui des autres habitations de ce groupe XIV, mais c’est une particularité normale
d’après les habitations des groupes XI et XIII. A ce mur doit se rattacher un îlot de
dallage de chambre en briques cuites qui se trouve au nord de ce prolongement ouest.
Parmi les objets trouvés dans le groupe XIV, les plus caractéristiques sont ceux
donnés par la figure 52 (p. 56 ). Ils proviennent du niveau +0 m. 70, au sud de
l’interruption du mur de clôture fait avec des tuyaux, et ils peuvent être considérés
comme de même époque.
Vers le nord, un début de déblaiement a été commencé, mais je n’ai pas atteint un
niveau suffisant pour pouvoir parler d’installations coptes. Ce qui paraît certain , c’est
que , de ce côté , les installations postérieures au temple se continuent.
Pour la connaissance du temple, partout où c’était nécessaire, nous avons dû dé-
truire les installations coptes reconnues dans le temple proprement dit, aussi bien
que celles trouvées hors du temple, dans l’enceinte sacrée. Nous avons du aussi par-
fois les démolir pour récupérer des pierres décorées antiques, remployées par les
coptes dans les fondations de leur demeure, car ils ont exploité le temple comme
une carrière. Cependant nous avons gardé, quand nous l’avons pu, quelques témoins;
5.
36
F. BISSON DE LA ROQUE.
ils permettront de vérifier les renseignements donnés à leur sujet dans nos rapports;
avec les plans établis chaque année, complétés par un commentaire provisoire, il sera
aisé d’étudier, à un moment donné dans leur ensemble , les restes de ce village et d’ar-
river, avec un plan d’ensemble, à des résultats plus généraux.
Dès maintenant, il apparaît que le village copto-byzantin était constitué par des
groupes dispersés de maisons; et c’est pourquoi un Kôm ne s’est pas formé comme à
Edfou, par exemple, où les décombres d’un siècle peuvent atteindre, en certains en-
droits, près d’un mètre; à Médamoud, centre peu commercial parce qu’éloigné du
Nil et des débouchés de route venant du désert, l’agglomération n’étant pas ramassée
les décombres ne se sont pas élevés très haut, au cours des générations.
Lorsqu’une maison en terre s’effondrait, si on voulait la reconstruire, rien n’était
plus facile : soit de l’élever à un autre emplacement, soit, si l’on tenait à rester au
même endroit , d’écarter les déblais pour conserver un niveau à peu près semblable.
Dans le cas d’effondrement partiel, on pouvait raccorder les parties neuves avec les
anciennes sans modifier le niveau de l’habitation.
Ce niveau varie pourtant, de place en place; mais cela uniquement suivant les
accidents du terrain , et du terrain modifié par les éboulements de restes de construc-
tions de l’enceinte sacrée. C’est parfois dans le temple lui-même, où la démolition
des murs accumulait des éclats de pierres, et le long du mur de l’enceinte sacrée,
où les briques du sommet en tombant enterraient fortement le sol de cette enceinte,
que nous trouvons les niveaux les plus élevés de maisons. Mais c’est aussi parfois con-
tre les murs en pierre du temple ou de ses dépendances que nous trouvons les niveaux
les plus bas : soit que les Coptes se soient servis de ces murs en pierres pour établir
leurs caves, soit qu’ils aient trouvé des emplacements où le temple et son enceinte
avaient conservés leur niveau; par exemple contre la Porte de Tibère (groupe IX),
dans le rentrant de l’Esplanade Ouest, au sud des kiosques (groupes I, II et III) ainsi
que sur le sol de la Cour Sud du temple où l’on avait construit l’église du village
(. Médamoud , 1925, p. 17 et 1927, p. i 5 h).
5. — EXTRAITS DU JOURNAL D’INVENTAIRE
DONNANT LES PRINCIPAUX OBJETS TROUVÉS DANS LES INSTALLATIONS COPTO-BYZANTINES,
AVEC CLASSEMENT PAR EPOQUES W.
Les nombreuses statues en granité , dont un très grand nombre du Moyen Empire
et spécialement d’Usirtasen III, qui ornaient encore le temple à l’époque de son aban-
don , furent brisées par les Coptes qui dispersèrent les débris dans les fondations de
leurs maisons.
(1) Tous les numéros d’inventaire donnés dans ce chapitre, sont placés sur la planche I.
37
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Les débris recueillis peuvent nous laisser l’espoir de reconstituer, tout au moins,
des parties de ces statues. La figure 2 2 nous donne une face d’Usirtasen III ; les mor-
ceaux du haut ont été trouvés la première année des fouilles ( Médamoud , 1925, p.
35 , inv. 90Ù et 9Ù7).
Cette année rien qu’un seul groupe, le huitième, nous a donné soixante morceaux
de ces statues (inv. Ù06Ù à Ù07Ù) parmi
lesquels se trouvent : un morceau avec le
début du nom d’Horus d’Usirtasen III ,
inv. ùo 65 et quatre morceaux , inv. Ù07 1 ,
provenant d’un sphinx dont nous avons
trouvé de nombreux débris les années
précédentes (inv. h 9 et 5 o, Médamoud,
1925, p. 39; inv. 53 , 22Ù2, 3ùo2 bis
et ùo 5 ù).
Des blocs décorés du Moyen Empire
avec lesquels on a établi les fondations
du temple de la XVIII e dynastie, nous
retrouvons parfois des éclats dans les
ruines des maisons du village copto-by-
zantin. En effet les Coptes, en exploitant
le dernier temple en carrière, étaient en
certain endroit descendus jusque dans les
fondations ( Médamoud , 1927, p. 09).
De ce trou copte semble provenir des
éclats de calcaire avec décorations, inv.
ùi 53 à ùi 85 , trouvés dans le septième
groupe.
De cette série d’éclats du Moyen Em-
pire, fait sans doute partie un morceau incisé, inv. Ao 52 , en calcaire, ayant o m. 3 1
de hauteur, 0 m. 3o de largeur et o m. i 5 d épaisseur. Ce morceau porte la fin
d’un cartouche où se voit le bas de trois signes verticaux et parallèles kL 1 V . Cette
pierre provient d’un mur copte placé près de l’angle sud-est de la Porte de Tibère,
au niveau — o m. ùo , dans le neuvième groupe.
Je considère, également de cette même époque, la partie supérieure d’une petite
tête royale, inv. ÙÙ 33 , en granité bleu, avec couronne du nord, La face est rongée
et brisée à mi-hauteur du nez. Ce qui subsiste des oreilles les indiquent très grandes
et placées très haut. La hauteur subsistante est de 0 m. 10 avec 0 m. 06 de largeur
et 0 m. 08 d’épaisseur. Elle fut trouvée dans le quatorzième groupe.
C’est, je pense, du Nouvel Empire qu’il faut dater les pièces qui vont être énu-
mérées :
38
P. BISSON DE LA ROQUE.
Inv. 3418 bis. — Une statue d’homme debout, la jambe gauche en avant, vêtu du
pagne en calcaire, dont il manque la tête, les bras et le bas des jambes, ayant o m. 60
de hauteur subsistante avec un maximum
de o m. 20 comme largeur et épaisseur
(fig. 2 3 ).
Elle fut trouvée dans le mur sud du
septième groupe.
Inv. 4467 . — Un buste de roi non
identifié (fig. 24 ), provenant d’une sta-
tue en granité rose, ayant o m. 75 de
hauteur subsistante dont 0 m. 34 pour
la tête avec le klafl et 0 m. 16 pour le
visage. La largeur aux épaules est de
0 m. 60. L’épaisseur à la cassure a o m.
46 . La face a 0 m. 2 2 de largeur à hau-
teur des joues. L’intérieur de l’œil est de
0 m. o 65 et la hauteur des oreilles est
de o m. 11. L’uræus en partie brisé est
simple.
Les oreilles ne sont pas exactement
placées à la même hauteur. Le raccord
de la barbe à la poitrine a une légère
obliquité vers la gauche. Cette barbe, le
menton et une partie du nez sont mutilés,
mais ceci ne détruit pas la physionomie de
ce visage où il faut chercher un portrait.
La racine subsistante du nez le montre
nettement empâté. Le bas du visage sem-
ble plutôt effilé qu’arrondi. Les oreilles
de dimension normale ne sont pas écar-
tées. Ce trait ainsi que l’absence de collier
avec amulette et le type de rainures du
klaft indiquent que cette statue est pos-
térieure au Moyen Empire.
La négligence dans la mise en place des oreilles et de la barbe me fait supposer
que c’est une œuvre postérieure à la XIX e dynastie.
Ce buste fut trouvé par M. E. Drioton ; il constituait la fondation du foyer de la
maison à l’ouest du lac sacré, près de son angle nord-ouest ( Médamoud , 1927, pl. 1).
Il est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. i 388 q).
39
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Inv. 4445 . — Avant de lion couché avec la tête tournée sur le côté droit, en cal-
caire, ayant 0 m. 48 de hauteur, 0 m. 36 de largeur et de longueur subsistante (fig.
2 5 ). Le mufle est endommagé.
Trouvé dans le dixième groupe,
près de l’angle nord-ouest de la
Porte de Tibère.
Inv. 4350 . — Une petite
table d’offrandes en forme de
Fig. 2/1. — Buste royal en granité rose (inv. 4/167).
Fig. 25 . — Avant de lion en calcaire
(inv. 444 5).
signe -i - , composé de quatre cupules communiquant entr’eux par des conduites,
Fig. 26. — Petite table d’offrandes en calcaire (inv. 435o).
avec un trou d’écoulement dans le centre de celle du milieu (fig. 26), en calcaire,
ayant 0 m. 2 5 de hauteur, 0 m. 87 de longueur et 0 m. 42 de largeur.
A 0
F. BISSON DE LA ROQUE.
Cette table fut trouvée retournée, employée dans le dallage d’un petit réduit au
nord du septième groupe (fig. i 3 et i 4 ).
Inv. 4446 . — L’angle supérieur d’une stèle
avec tore et gorge donnant comme restes d’in-
scription :
Ce fragment a o m. 36 de hauteur et o m.
29 de largeur subsistantes, avec une épaisseur
de 0 m. 1 2. 11 fut trouvé sous le dallage de l’al-
lée centrale conduisant au temple, dans l’em-
placement de la face Est de la porte du mur de neul mètres de largeur.
Inv. 4207 . — Une pierre d’Iakhnaton, en grès, donnant la partie postérieure du
roi assis sur sa chaise à porteurs ou sur son trône. Cette pierre a 0 m. 22 de hauteur,
@
K
1 à
V
7
p^
'ÏÏ
k C \\ )
m
i
1 !
it
Fig. 27 . — Morceau de grès avec le nom de la reine Nefertiti (inv. 44g8).
0. m. 26 de largeur et o m. 52 d’épaisseur. Elle fut trouvée
septième groupe.
Inv. 4498 . — Un fragment d’une inscription gravée, por-
tant le nom de la reine Nefertiti, femme d’Aménophis IV-
Iakhnaton :
Ce morceau de grès (fig.- 2 7) a 0 m. 22 de hauteur, o m. 3 i
de largeur et 0 m. 2 5 d’épaisseur.
Il fut trouvé dans le mur de la maison à l’ouest du lac sacré.
dans un des murs du
1
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929). 41
Inv. 4493 . — Une scène d’adoration en relief dans le creux (fig. 28). Ce morceau
de grès a 0 m. 2 5 de hauteur, o'm. 26 de largeur et 0 m. 52 d’épaisseur. Il provient
du même emplacement que le précédent.
Fig. 28. — Scène d’adoration sur grès (inv. 4 4 93).
Inv. 4490 . — Un fragment de décoration en relief avec le bas des jambes
d’une suite de personnages et un morceau d’inscription : — ► ^ ^
Ce morceau en grès (fig. 29) a o m. 21 de hauteur, 0 m. 2 5 de largeur et
om.ii d’épaisseur. !
Il provient du même emplacement que les précédents.
Inv. 4491. — Un fragment de décoration semblable (fig. 3 o); grès; o m. 1 7
de hauteur, o m. 2 5 de largeur, 0 m. 52 d’épaisseur; provient du même emplace-
ment.
Fouilles de V Institut, t. VII, 1 .
6
42
F. BISSON DE LA ROQUE.
Inv. 451 5. — Une suite de têtes de femmes en relief dans le creux (fig. 3i) avec
au verso une frise d’uræus gravés; grès; o m
Fig. 3i. — Suite de tètes de femmes sur grès (inv. 45 i 5).
m. 22 de largeur et d’épaisseur; provient du
2 3 de hauteur, o m. 2 5 de largeur et
o m. 5o d’épaisseur; provient du mê-
me emplacement.
Inv. 4529. — Un poisson en re-
lief dans de l’eau figurée par des traits
gravés (fig. 32 ); grès; 0 m. 2 3 de
hauteur, 0 m. 27 de largeur et o. m.
2 5 d’épaisseur; provient d’un des
murs du premier groupe ( Médamoud ,
1926 , pl. II).
Inv. 4522. — Une partie d’un
personnage assis, en relief dans le
creux; grès; o m. 1 5 de hauteur, 0
même emplacement.
Fig. 32. — Poisson dans l’eau sur grès (inv. 4529).
Inv. 4516. — Une procession de personnages, en relief dans le creux (fig. 33);
grès; o m. 17 de hauteur, 0 m. 62 de largeur et o m. 2 5 d’épaisseur; provient du
septième groupe.
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
43
Fig. 33. — Procession de personnages sur grès (inv. 45 i 6).
Inv. 4517. — Un fragment de scène de boucherie, en relief dans le creux (fig. 34)
avec la fin d’une phrase : — . • *7"; 0 ni - 9 5 de hauteur, o m. 55 de lar-
geur et o m. 2 5 d’épaisseur; provient également du septième groupe.
Fig. 34. — Fragment d’une scène de boucherie sur grès (inv. 4517).
Inv. 4510. — Un fragment de scène non déterminée, en fort relief dans le creux
(fig. 35); grès; o m. 20 de hauteur, 0 m. 62 de largeur et 0 m. 2 3 d’épaisseur; pro-
vient de la maison à l’ouest du lac.
Fig. 35. — Morceau de grès décoré (inv. 45 10).
Inv. 4487. — Un fragment de char attelé, en relief dans le creux (fig. 36); grès;
o m. 21 de hauteur, o m. 54 de largeur et o m. 2 5 d’épaisseur; provient de la même
maison.
6 .
F. BISSON DE LA ROQUE.
hh
Fig. 36. — Fragment de char attelé sur grès (inv. 6487).
Inv. 4483. — Un fragment de scène militaire, en relief dans le creux, donnant
un personnage sur un char et qui porte un bouclier rectangulaire (fig. 37 ); grès;
0 m. 20 de hauteur, 0 m. 54 de longueur et 0 m. 34 d’épaisseur; provient de la
même maison.
Fig. 37. — Fragment de scène militaire sur grès (inv. 4483).
Inv. 4484. — Un fragment provenant sans doute de la même scène (fig. 38, à
Fig. 38. — Fragments de scène militaire sur grès (inv. 4484 et 4485).
gauche); grès; o m. 23 de hauteur, o m. 25 de largeur et o m. 45 d’épaisseur;
provient de la même maison.
h 5
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Inv. 4485. — Un fragment du même ensemble (fig. 38, à droite); grès; o m. 23
de hauteur, o m. 2 4 de largeur et o m. 5i d’épaisseur; provient de la même maison.
Toutes ces pierres décorées semblent par le style ainsi que par les dimensions,
dater d’Aménophis IV; elles s’ajoutent à celles trouvées antérieurement ( Médamoud ,
1927, p. 49 et inv. 3421, 1927 , p. 3o) sans, toutefois jusqu’à maintenant, donner
grand espoir de raccords. Mais il est de plus en plus certain qu’il y a eu sur ce site
un monument important élevé par Aménophis IV, de même qu’à Karnak (voir :
M. Chevrier, Rapport sur les travaux à Karnak, dans les Annales S. A. E., à partir de
192 6 ).
Deux pierres portant le cartouche de « fils de Ras d’Horemheb, trouvées cette
année, nous montre qu’à la fin de la XVIII e dynastie, l’enceinte sacrée de Montou à
Madou ne fut pas oubliée :
Inv. 4535. — Une pierre en grès avec deux fragments de colonnes de texte gravé;
0 m. 26 de hauteur, 0 m. 37 de largeur et 0 m. 5i d’épaisseur; trouvée dans le
septième groupe avec la pierre suivante (fig. 39 ).
Inv. 4536. — Une pierre de même matière, taisant suite à la précédente; 0 m.
2 4 de hauteur, 0 m. 37 de largeur et la même épaisseur qui est celle des pierres
d’Aménophis IV.
II est à noter que ces petites pierres de taille sont caractéristiques de cette fin de la
XVIII e dynastie.
Une pierre ayant subi les coups de ciseaux d’un remploi, peut-être d’époque ro-
maine , est sans doute également de cette époque :
F. BISSON DE LA ROQUE.
46
Inv. 4488. — Une pierre en grès, remployée, ayant sur le grand côté une partie
du buste et la ceinture dun personnage portant sans doute un carquois, en relief dans
Fig. ko. — Fragment d’in homme portant un carquois, sur grès (inv. kkSS).
le creux (fig. ào); sur un des petits côtés des bandes indiquant une retaille; o m. 21
de hauteur, o m. 27 de largeur et 0 m.
5a d’épaisseur; provient de la maison à
l’ouest du lac sacré.
Parmi les blocs provenant de la Porte
de Tibère, f un d’eux portant le même
type de coups de ciseaux, nous donne
un très fin profil de Séti 1 er (fig. 4i) à
peine visible.
D’une époque moins déterminable
provient l’image probable de la tête du
dieu Montou :
Inv. 4559. — Une tête de faucon,
en relief dans le creux sur une pierre
en grès (fig. 4 a), ayant 0 m. ai de
hauteur, o m. 65 de largeur et 0 m.
46 d’épaisseur, provenant du dallage
du Kiosque Nord, près du seuil de la
porte.
Fig. 4i. — Profil de séti I er su* one piebre BEMPiorÉE Un grand nombre d’autres pierres
dans la porte de Tibère. ï ^ j *|i \ -,
de taille en grès , soit entières soit sous
forme d’éclats, provenant ou du Nouvel
Empire ou de la Basse Epoque ont été trouvées dans les installations coptes d’époque
byzantine. Je crois devoir me limiter pour le moment à celles qui me semblent d’un
intérêt bien déterminé :
47
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Inv. 4311. — Un fragment de la partie supérieure d’une table d’offrandes (?) au
nom d’une reine [0*£l ; granité rose; hauteur de la partie subsistante : o m. 3p
Elle se composait d’un plateau, ayant 0 m. 18 de hauteur et 0 111 . 29 sur 0 m. 56
et d’une partie de fût rectangulaire ayant o m. 2 5 sur 0 m. 37 , conservé sur o m.
1 5 de hauteur. Le fût se raccorde au plateau par une gorge de o m. o4 de hauteur.
Ce fragment d’autel a été trouvé dans le remblai de l’Esplanade Ouest du temple,
en face du Kiosque Médian.
Inv. 4504. — La partie supérieure d’un tableau en relief où devait être repré-
(ï
T
*r
m
î)
sentée la reine Amenéritis I re adorant Isis, d’après un
reste d’inscription :
Ce morceau de pierre en grès a 0 m. 1 1 de hauteur J
subsistante, 0 m. 5o de largeur et o m. 4 2 d’épaisseur. ! ! ! !
H fut trouvé dans un des murs de la maison copte à l’ouest du lac sacré.
Un monument en place d’une autre Grande Prêtresse et épouse d’Amon, Nitocris,
considérée comme la fille adoptive de Chapenapit III et petite-fille adoptive d’Ame-
néritis, a été trouvé à sept mètres à l’ouest de la porte du Kiosque Nord :
Inv. 4314. — Un angle de grosse table d’offrandes, en granité bleu foncé, au nom
de la reine Nitocris, fille de Chapenapit (voir : E. Drioton, Inscriptions ). Une partie
de cette table a été débitée ainsi que l’indiquent des entailles faites au ciseau sur le
plateau , visibles aux bords brisés.
La table avait 0 m. 76 de hauteur dont o m. 16 pour le plateau. Elle subsiste sur
0 m. 5i de largeur et 0 m. 56 de longueur. Elle reposait sur une assise de fondations
en grès dont il ne reste que la moitié donnant à la table une longueur de 1 m. 10
environ.
Cette table d’offrande était établie face au sud. Sa position sur la ligne d’axe du
Kiosque Nord est bizarre mais elle permet de se demander si, comme le grand autel
de la Grande Cour du temple, elle n’était pas ainsi placée en considération des pro-
cessions qui se dirigeaient vers l’arrière temple consacré au Taureau sacré de Madou.
F. BISSON DE LA ROQUE.
48
Les parage» des fondations de cette table ont été fouillés et il ne subside aucune
tiace de chapelle eleyée par une des pallacides d’Amon. Pourtant, une pierre trouvée
dans le dallage du K.osque Nord, inv. 43 97 (É. Dmoro», Inscriptions) laisserait sup-
poser par le pronom féminin employé dans un discours du dieu à l’adresse de son
adorateur, quelle provient d’un monument d'une de ces Grandes-Prêtresses.
Il a pu y avoir à Médamoud , avant la cons-
truction du dernier temple, une chapelle éle-
vée par ces pallacides. Seul l’autel placé, sans
doute devant l’édifice, aurait été conservé par
les Ptolémées ou leurs successeurs. D’après ce
c[ue les Coptes ont bien voulu nous laisser de
cet autel, nous pouvons présumer que cette
chapelle aurait été orientée inversement au
grand temple, de même qu’à Médinet-Habou
à la même époque, avec son entrée face au
sud.
Faut-il regarder comme également de la
XXV e dynastie une représentation de Min mal-
heureusement fort fragmentaire?
Inv. 4357. — Cinq fragments de meule en
granité rose, taillée dans une paroi où était
r , assez grossièrement gravée l’image de Min.
La meule para.t avo.r eu , m. 80 de diamètre. Les morceaux qui en proviennent
forment deux part.es de la scène. Ils ont été trouvés dispersés dans la partie nord du
nenv.eme groupe, c’est-à-dire près de l'angle sud-est de la Porte de Tibère.
I»v. 4358. — Quatre morceaux se rassemblant qui proviennent, peut-être, de la
m me meule. Ils portent des traces subsistantes d’une frise gravée, composée d’une
smte de couronnes amoniennes et forment un groupe ayant , m. 5 o de longueur
0 m. ho de hauteur subsistante et o m. 35 d’épaisseur.
Mm le taureau de sa mère, avait sa place logique dans l’enceinte sacrée de A Mou.
Faut-ii y chercher une chapelle ou une imposante stèle de ce dieu?
Ptolémées^ ^ CUHeUSe à VoIets me P araît être d’une époque voisine des
Inv. 4355. — Stèle-niche en grès avec un encadrement de porte et dans un léger
renfoncement un roi adorant deux déesses, formant relief avec inscription disparue
1
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
49
Ce monument complet mesure o m. 8 o de hauteur, o m. 52 de largeur et o m.
2 3 d’épaisseur. La cavité a o m. 08 de profondeur, o m. 4 2 de hauteur et 0 m. 2 5
de largeur. Dans le bas de cette cavité se trouvent une rainure et deux crapaudines
pour un double volet.
Le relief de la stèle du fond de la niche est en grande partie usé. Cette pierre a ,
peut-être, servi de cuve à eau. L’encadrement avec des tiges de lotus à fleurs ouvertes
d’un côté et fermées de l’au-
tre est très élégant.
Cette pierre a été déter-
rée par M. E. Drioton au sud
du magasin dans un reste de
mur d’époque copte, au ni-
veau — 0 m. 60 . Ce mur
se rattache au quatorzième
groupe.
Elle est maintenant au
Musée du Louvre (numéro
d’entrée 13890 ).
Inv. 4451. — Un peu plus de la moitié d’une corniche à deux faces décorées d’une
gorge avec disque ailé, en grès, ayant 0 m. 32 de hauteur, 0 m. 2 5 de largeur à
la hase et 0 m. 9 3 de longueur subsistante. Cette pierre a été trouvée dans le dal-
lage du Kiosque nord.
Fig. 44. — Fragment de profil d’homme sur grès (inv. 45 1 4).
Inv. 4507. — Trois morceaux se rassemblant d’une architrave avec débris de tex-
tes : l’un sur la bande verticale est gravé, l’autre formant plafond est en relief. Ces
débris de texte mentionnent Bérénice II, femme de Ptolémée III (voir : E. Drioton,
Inscriptions ).
L’ensemble subsistant a o m. 32 de hauteur, o m. 2 3 d’épaisseur et 1 m. 2 3 de
longueur subsistante.
Ces trois morceaux furent trouvés dans les murs de la maison copte à l’ouest du
lac sacré.
Inv. 4552. — Un morceau en grès donnant les pieds de personnages en relief
dans le creux et un fragment d’une bande gravé où se trouve le cartouche de Ptolé-
mée I. Ce morceau de pierre a o m. 3o de hauteur,
o m. 6 i de longueur et o m. 2 4 d’épaisseur. Il fut trouvé dans le dallage du Kios-
que Nord qui aurait donc été remanié en partie par les coptes.
Inv. 4514. — Une pierre d’angle en grès, décorée d’un côté d’une partie de visage
en relief (fig. 44) et de l’autre d’une colonne.de texte gravé , détruit. Cette pierre
Fouilles de V Institut , t. Vil, i. 7
50
F. BISSON DE LA ROQUE.
semble avoir été remployée. Elle a o m. 22 de hauteur, 0 m. 54 de largeur et 0 m.
2 4 d’épaisseur. Elle provient de la maison copte située à l’ouest du lac sacré.
Inv. 4557. Une tête de style des derniers Ptolémées, en relief dans le creux
sur une pierre en grès (fig. 45), ayant o m. 20 de hauteur, 0 m. 45 de largeur et
0 m. 33 d’épaisseur, provenant du septième groupe.
Fig. 45. — Fragment de profil de femme sur grès (inv. 4537).
Inv. 4374. — Un chapiteau copte en calcaire (fig. 46), ayant o m. 18 de hauteur,
o m. 23 de largeur au sommet et o m. 12 à la partie inférieure. II fut trouvé dans
le onzième groupe, ainsi que deux colonnes avec les hases en place et des chapiteaux
d’un type approchant. L’une de ces deux colonnes a été remontée au magasin.
Un aufre chapiteau copte, inv.
4443, d’un type composite d’é-
poque byzantine, a été trouvé en
sept morceaux dans le onzième
groupe.
Inv. 4305. — Un morceau de
la corniche du mur de pourtour
du temple , aux cartouches de Do-
mitien, en grès, ayant 0 m. 42
de hauteur, o m. 92 de longueur
et o m. 2 3 d’épaisseur, trouvé
dans le septième groupe.
Fig. 46. — Chapiteau copte en calcaire (inv. kS ^ k ).
Inv. 4043 et 3000. — Une
statuette déjugé d’époque romaine, en calcaire, dont il manque la tête et le bas des
jambes. Le personnage est vêtu de la toge qui laisse découvert le bras, l’épaule et le
haut de la poitrine à droite. A la ceinture se trouve la déesse Maït. La main gauche ,
ramenée sur le devant du corps, tient une palme (fig. 4 y).
Cette statuette a o m. 34 de hauteur subsistante. Elle est en deux morceaux trou-
vés à un an de distance dans des emplacements entièrement différents. La partie
51
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
supérieure, inv. 4o43, vient du huitième groupe, alors que la partie inférieure, inv.
3 ooo vient du remblai du puits sacré.
Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 13892 ).
Inv. 4099. — Le haut d’un oushabti en émail bleu, ayant 0 m. o5 de hauteur
subsistante, provenant du onzième groupe.
Inv. 4100. — Un petit sphinx en émail bleu, ayant 0 m.
o55 de hauteur et 0 m. 08 de longueur, de même pro-
venance.
Inv. 4019. — Une palette à broyer avec deux godets,
en schiste, ayant 0 m. 12 sur 0 m. 08 , provenant du hui-
tième groupe.
Inv. 4020. — Une palette à broyer avec un godet, en
schiste, ayant 0 m. 07 sur 0 m. o52 , de même provenance.
Inv. 4236. — Une croix avec boucle de suspension, en
bronze, ayant 0 m. o63 sur o m. o44, provenant du dou-
zième groupe.
Inv. 4419. — - Un coq en bronze, ayant 0 m. o45 de
hauteur, provenant du dixième groupe.
Inv. 4596. — Un coq qui s’emboîtait, en bronze, ayant 0 m. o4 de hauteur,
provenant du treizième groupe.
Inv. 4413. — Une petite applique formant masque de faune, en bronze, ayant
o m. o3 sur 0 m. o3 et une épaisseur de o m. 02 , provenant du quatorzième groupe.
Inv. 4045. — Un petit chaudron en bronze, à quatre pieds, ayant o m. 1 2 de
diamètre, provenant du huitième groupe.
Fig. 47. — Statuette de juge
d’époque romaine, en grès
(inv. 4o43 et 3ooo).
Une tombe d’enfant, trouvée dans le huitième groupe nous a donné un petit lot
de bijoux (fig. 48) :
Inv. 3419 bis. — Un petit rectangle de cristal de roche, ayant o m. 012 sur o m.
011 avec 0 m. 002 d’épaisseur, anciennement enchâssé dans un bijou.
Inv. 3420 bis. — Un petit rectangle de cornaline, ayant 0 m. 010 sur o m. 007
avec 0 m. 002 d’épaisseur, également destiné à être enchâssé dans un bijou.
Ces deux gemmes sont maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 13899 ).
7 -
52
F. BISSON DE LA ROQUE.
Inv. 3421 bis. — Une bague, forme allongée, avec châton portant en relief Isis
tenant Harpocrate sur ses genoux, en or jaune, ayant o m. 026 sur 0 m. 018 avec
pour le châton 0 m. 012 sur o m. 01 5 .
Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 13896).
Fig. 48. — Bijoux d’époque gréco-romaine, trouvés dans une tombe d’enfant :
inv. 3421 bis,
342 4 bis, 3420 bis, 3425 bis,
3422 bis , 3423 bis.
Inv. 3422 bis. — Une boucle d’oreille à fermoir simple, ornée de filigranes, en or,
ayant 0 m. 0 1 9 comme diamètre moyen.
Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 13897).
Inv. 3423 bis. — Une boucle d oreille, en or, avec trois perles en émail devenu
gris, ayant 0 m. oa 5 de hauteur et 0 m. 02 de largeur.
Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 13898).
Inv. 3424 bis. Un bracelet fermé en nœud, avec attache pour pendentif, en or,
ayant o m. 07 sur 0 m. o35 dans son état de trouvaille.
Il est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 13893) sous forme de
collier.
Inv. 3425 bis. — Un bracelet à glissoire, en or, ayant o m. 06 sur 0 m. o 4 .
Il est maintenant au xMusée du Louvre (n° d’entrée : E. i 38 o 5 ).
»
Inv. 3426 bis. — Un morceau de petit collier, en or creux, dont subsiste la moi-
tié, ayant o m. 75 de diamètre.
H est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. i 38 g 4 ).
53
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
La figure 69 donne un choix de lampes en terre cuite :
Inv. 4087 . — Un morceau de dessus de lampe, décorée d’une étoile, en terre cuite
vernissée rouge, provenant du dixième groupe.
Inv. 3959 . — Une lampe décorée de fleurs en relief avec une anse brisée, en
terre cuite vernissée rouge.
Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : 1 3 g 1 3 ).
Fig. 49. — Lampes en terre cuite :
inv. 4087 , 39596 ^, 4 o 82 , 4062 ,
34 12 bis, 3436 bis, 34 1 3 bis.
Inv. 4082 . — Une lampe grenouille, en terre cuite avec enduit blanc, provenant
du dixième groupe.
Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : 1 3 9 1 5 ).
Inv. 4062 . — Un morceau de dessus de lampe, décoré de courbes concentriques
en relief, en terre cuite avec enduit blanc-jaunâtre, provenant du huitième groupe.
Inv. 3412 lus. — Une lampe usagée de forme allongée, avec inscription ey<j>po
cyNH, ayant une anse brisée. Cette lampe a 0 m. 095 de longueur. Elle provient du
septième groupe.
Cette lampe est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : 13912).
Inv. 3436 bis. — Un morceau de manche d’une grosse lampe, décorée, ayant
0 m. 09 de longueur subsistante, provenant du même groupe.
Inv. 3413 bis. — Une lampe décorée, de forme allongée, de même provenance.
Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée :.i 3 gi 4 ).
(1) Les clichés de la plupart des figures 49 à 59 sont de M. 0. Guéraud.
54 F. BISSON DE LA ROQUE.
Outre ces lampes figurées ici je signale également :
Inv. 4240. — Un morceau de dessus de lampe décorée d’un poisson, en terre
rouge enduite de blanc, provenant du douzième groupe.
Inv. 4600. — Un bec de lampe avec tête de faune en relief, en terre cuite peinte
en blanc, ayant o m. 08 de longueur et o m. o5 de largeur subsistante, provenant
du treizième groupe.
Inv. 4601. — Un morceau de lampe, de forme ronde, avec croix, roses et frag-
ment d’inscription en relief ... oc B6\<j> . . . , en terre cuite, ayant o m. 08 de dia-
mètre, de même provenance.
Ua figure 5o donne un choix de figurines en terre cuite :
Inv. 4059. — Le haut d’un corps de femme, dont les traits du visage ont à peu
près disparu, ayant o m. î o5 de hauteur subsistante, provenant d’une terre à briques
au sud du puits.
Inv. 4097. — Une orante, avec restes de peinture jaune et raies verticales mar-
ron, ayant o m. i3 de hauteur, provenant du même emplacement.
Elle est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : 18907 ).
Inv. 2478. — Le bassin et les jambes d’une figurine féminine de style grossier,
ayant 0 m. 1 4 de hauteur.
Inv. 3995. — Les jambes et le bassin d’une figurine féminine debout contre un
appui, ayant 0 m. 09 de hauteur subsistante, provenant de la partie sud-est de l’en-
ceinte sacrée ( 1928 ).
Inv. 2470. — La tête et le buste d’une figurine féminine.
Inv. 4089. — La tête d’un animal, avec une crinière figurée par des incisions,
en terre grise, provenant du dixième groupe.
Ce fragment d’objet est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : 18910 ).
Inv. 3430 bis. — Le buste d’une femme portant un ornement figuré par des points
incisés, ayant 0 m. o45 de hauteur subsistante, provenant du septième groupe.
Inv. 4063. — La tête d’une orante, d’un travail grossier, en terre rouge avec des
restes de peinture blanche, ayant 0 m. 07 de hauteur subsistante, provenant du hui-
tième groupe.
Ce fragment d’orante est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 1 3908 ).
55
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Inv. 4096. — La tète et l’avant d’un quadrupède à museau pointu, ayant 0 m. 07
de hauteur, provenant du dixième groupe.
Fig. 5o. — Choix de figurines en terre cuite :
inv. 4 o 5 (), 4097, 2478, 3995, 2470,
4089, 343 o bis, 4 o 63 , 4096, 4 o 4 i.
Cette figurine est maintenant au
Musée du Louvre (n° d’entrée : E. 1891 1 ).
Inv. 4041 . — Un cheval dont
la tête et les pattes sont brisées,
avec la crinière et la queue repré-
sentées par des traits incisés, ayant
0 m. 08 de longueur, provenant du
huitième groupe.
Ce fragment de jouet est main-
tenant au Musée du Louvre (n°
d’entrée : 18909 ).
La figure 5i donne :
Inv. 4470. — L’avant d’un che-
val en terre cuite , dont il manque la
tête, avec une selle et de nombreux
ornements en relief. Deux trous
sont ménagés pour la bride. Cet objet a 0 m. 1 o de hauteur et de longueur subsistantes
avec 0 m. o4 d’épaisseur. H provient de la maison copte située à l’ouest du lac sacré.
Fig. 5 j. — L’avant d’un cheval en terre cuite (inv. 4470 ).
56 F. BISS01N DE LA ROQUE.
La figure 5a donne des objets également en terre cuite, provenant du quator-
zième groupe :
Inv. 4412 . — Un petit vase à une anse, ayant o m. 1 1 de hauteur et o m. 08 de
diamètre maximum.
Inv. 4407. — Un chameau ayant o m. 07 de hauteur et de longueur avec 0 m.
o3 de largeur.
Inv. 4406. — La tête et le
cou d’un animal , avec un mo-
tif incisé sur le sommet de la
tête et le dos du cou. Ce mo-
tif se compose d’un long trait
sur les côtés duquel sont faites
de petites incisions obliques.
Cette pièce devait être em-
manchée. Elle a 0 m. 08 de
hauteur.
Inv. 4408. — Une tête d’animal en terre cuite à gros grains, avec tige de manche
sur le côté. Cet objet en partie brisé a o m. 08 de hauteur, 0 m. i4 d’épaisseur et
o m. 1 5 de longueur subsistante.
La figure 53 donne différents spécimens de vases en terre cuite :
Inv. 3463 bis. — Un vase strié à une anse, au col mince avec petit bec, de teinte
grise, ayant 0 m. i5 de hauteur. 11 provient du neuvième groupe.
Inv. 3464 bis. — Un vase strié à deux anses, décoré de spirales rouge-brun à la
base du col, ayant 0 m. 19 de hauteur. De même provenance.
Il est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. i3qoo).
Inv. 4007. — Un vase strié à deux anses, ayant l’extrémité inférieure en pointe.
Ce vase a 0 m. 2 5 de hauteur. Il provient du neuvième groupe.
Cette amphore est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. i3 9 o3).
Inv. 3431 bis. — Un vase sans anse et lisse, ayant 0 m. 17 de hauteur, avec un
diamètre de o m. 06 au sommet, de 0 m. o 55 à la base et de 0 m. 1 o à 0 m. 1 0 de
la hauteur. Il provient du septième groupe.
Inv. 3465 bis. — Un vase strié à une anse, ayant o m. i4 de huateur et prove-
nant du neuvième groupe.
II est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : i 3 9 oi).
57
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Inv. 4000. — Une écuelle avec manche incomplet ayant un diamètre de 0 m. 10
au sommet. Elle provient du neuvième groupe.
Cet objet est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : i3 9 o5).
Inv. 4044. — Un vase pointu à deux anses, d’un fond blanc-rose, décoré d’une
Fig. 53. — Spécimens de vases en terre cuite :
inv. 3463 bis , 3464 bis, ùooj, 3 4 3 1 bis, 3465 bis,
âooo, 4o44, 34u bis et 3457 bis.
bande jaune à points rouges et de lignes noires, ayant o m. 10 de hauteur. 11 pro-
vient du huitième groupe.
Cette amphore est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : E. i3 9 o4).
Inv. 3411 bis. — Un vase de forme ronde, vernissé rouge, ayant le col brisé. Il a
o m. 08 de hauteur subsistante et o m. 12 de diamètre maximum. Il provient du
septième groupe.
Inv. 3457 bis. — Un vase à une anse, au col cannelé horizontalement, avec décor
au trait noir en dessous. Le col est ébréché. Il a 0 m. io5 de hauteur subsistante.
Il provient du neuvième groupe.
Il est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée : 1390 s).
Un support pour trois vases, inv. 4on, du type inv. s35 htev ( Médamoud , 1927 ,
fig. 4i et p. 59 ) a été trouvé dans le neuvième groupe.
Fouilles de V Institut, t. VIÏ, i.
8
58
F. BISSON DE LA ROQUE.
La figure 54 donne des morceaux provenant de deux vases en terre cuite, déco-
rés d’animaux parmi des plantes, à peinture rouge foncé avec le trait noir sur fond
jaune, trouvés dans le septième groupe :
Inv. 3415 bis et 3445 bis. — Deux morceaux se raccordant, où se voit on oiseau
au milieu de fleurs, ayant o m. 12 de hauteur et 0 m. i 3 de largeur subsistantes.
Fig. 56. — Morceaux de vases en terre cuite :
inv. 34 1 5 bis -)- 3445 bis,
3444 bis.
Ce fragment de panse de vase est maintenant au Musée du Louvre (n° d’entrée :
E. 13906 ).
Inv. 3444 bis. — Une partie de lion.
La figure 55 donne des morceaux d’assiettes en terre cuite, décorées de poissons :
Inv. 4013. — Un fragment d’assiette en terre rouge, décoré d’un poisson blanc
au trait noir dont on ne voit que la queue, ayant o m. 07 sur 0 m. 075 . H provient
du huitième groupe.
59
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Inv. 4012. — Un fragment d’assiette de même type et de même décoration, ayant
0 m. 08 sur o m. o85. 11 provient du même groupe.
Inv. 4034. — Un morceau d’un grand plat de terre rouge, orné d’un poisson an-
ciennement peint en blanc avec le trait noir, ayant eu un diamètre de o m. 32. 11
fut trouvé dans le huitième groupe.
Fig. 55. — Morceaux d’assiettes décorées de poissons, en terre cuite :
inv. 4oi3,
4o34, 4i i5,
4o 1 2 .
Inv. 4115. — Un morceau d’assiette décorée d’un poisson dont on voit la base de
la tête avec les ouïes, peint en blanc avec le trait noir sur fond rouge. Il a o m. o4
sur o m. o4. Il provient du onzième groupe.
Parmi les autres fragments de poteries décorées du poisson, non figurés ici je
signale :
Inv. 4101. — Un morceau de vase décoré d’une tête de poisson au trait noir sur
fond rouge, ayant 0 m. o4 sur o m. o5. Il provient du onzième groupe.
Inv. 4264. — Un morceau de plat décoré d’un poisson au trait noir, rehaussé de
blanc sur fond rouge, ayant o m. 1 5 sur o m. 11 . Il provient du douzième groupe.
La figure 56 donne des fragments de poteries décorées :
Inv. 3440 bis, 7. — Un morceau du bord d’un vase, décoré d’entrelacs et de plan-
tes, avec peinture blanche et trait noir sur fond rouge. H provient du septième groupe.
Inv. 4048,1. — Un morceau du même type, provenant du huitième groupe.
60
F. BISSON DE LA ROQUE.
Inv. 4014. — Un morceau d’assiette à décor floral, peint en blanc avec le trait
noir sur fond rouge. Sur le côté droit se voit, peut-être, la nageoire d’un poisson. Il
a o m. 1 1 sur o m. îo. Il provient du même groupe.
Fig. 56. — Fragments de poteries décorées :
inv. 344o bis, 7; 4o48, 1; 4oi4 et 4047.
Inv. 4047. — Un morceau de plat, décoré d’un vase d’où semble sortir une grappe
de raisin. Ce plat est de terre rouge vernie avec dessin noir et peinture blanche. Le
morceau a o m. i4 sur o m. o5. Il fut trouvé dans le huitième groupe.
Fig. 57. — Choix de décoration de vases en terre cuite :
inv. 3456 bis; 4026, 1; 4232; 423i;
4 0 2 2 , 1; 4090 et 3454 bis.
La figure 57 donne un choix de décoration de vases en terre cuite :
Inv. 3456 bis. — Un morceau de vase où l’on voit l’attache d’une anse. Il est dé-
coré de spirales ciliées au trait noir sur fond rouge. Ce fragment a 0 m. 1 2 sur
0 m. 07 . Il provient du neuvième groupe.
Inv. 4026,1. — Un fragment de vase décoré d’entrelacs bruns sur fond gris. Il
provient du huitième groupe.
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929). 61
Inv. 4232. — Un morceau de vase décoré au trait noir sur fond rose. Il provient
du douzième groupe.
Inv. 4231. — Un morceau de vase, décoré de guirlandes, au trait noir sur fond
ocre clair et rouge. Ce fragment a 0 m. 06 sur 0 m. 06 . H provient du même groupe.
Fig. 58. — Choix de bords d’assiettes :
inv. 344 o bis , i4 ; 4o35 ; 4o i5 , 3 ; 34 29 bis.
4no; 4o3 7 ; 4119; 4117; 4oi5, 4; 4io3 et 344o bis, 11.
Inv. 4022,1. — Un morceau de vase rouge, décoré de spirales aplaties, au trait
noir sur enduit blanc-rougeâtre. Ce fragment a o m. i3 sur o m. 075 . Il provient
du huitième groupe.
Inv. 4090. — Un morceau de vase rouge, décoré de spirales ciliées et de palmet-
tes au trait noir sur fond rose-blanchâtre. Ce fragment a 0 m. 1 2 sur o m. o85. 11
provient du dixième groupe.
Un fragment du même type, inv. 4 102 , provient, peut-être, du même vase.
Inv. 3454 bis. — Un morceau de vase rouge, décoré de spirales et de traits obli-
ques au trait noir sur fond ocre. Ce fragment a 0 m. 1 1 sur 0 m. 09 . II provient du
neuvième groupe.
La figure 58 donne un choix de bords d’assiettes :
Inv. 3440 bis, 14. — Un morceau de bord d’assiette, décoré de zigzags au trait
en partie noir et en partie blanc sur fond rouge. Ce fragment provient du septième
groupe.
62
F. BISSON DE LA ROQUE.
Inv. 4035. — Un morceau de bord de plat rouge verni, décoré de taches alterna-
tivement noires et blanches. Ce fragment a o m. i45 sur o m. 10 . 11 provient du
huitième groupe.
Inv. 4015,3. — Un morceau de bord de plat rouge verni, décoré de traits noirs et
blancs. Il provient du même groupe.
Inv. 3429 bis. — Un morceau de bord de plat ocre, trouvé dans le parage de la
tombe d’enfant du huitième groupe.
Inv. 4110. — Un morceau de bord de grand plat, rouge verni, décoré de traits
noirs sur portions peintes en blanc. II provient du onzième groupe.
Un morceau du même type, inv. 4o5i, provenant du même emplacement fait,
peut-être , partie de ce plat.
Inv. 4037. — Un morceau de bord d’assiette rouge verni, décoré d’arceaux et de
points noirs, ayant o m. 125 sur o m. o5. 11 provient du huitième groupe.
Inv. 4119. — Un morceau de bord d’assiette rouge verni, décoré au trait noir,
ayant o m. oy5 sur o m. 07 , de même provenance.
Inv. 4117. — Un morceau de bord de plat rouge, décoré d’arceaux et de points
noirs sur fond blanc, ayant 0 m. 10 sur o m. 09 , de même provenance.
Inv. 4015,4. — Un morceau de bord de plat rouge verni, décoré d’arceaux au
trait noir sur fond blanc, de même provenance.
Inv. 4103. — Un morceau de bord d’assiette rouge verni, décoré de traits sinueux
noirs et de points blancs, ayant 0 m. 09 sur 0 m. 06 . H provient du onzième groupe.
Inv. 3440 bis, 1 1 . — Un morceau de bord d’assiette rouge verni, décoré d’arceaux
et courbes au trait noir. Il provient du septième groupe.
La figure 59 donne un choix de poteries incisées :
Inv. 3440 bis, 12. — Un bord de vase, décoré de deux lignes d’incisions. 11 fut
trouvé dans le septième groupe.
Inv. 3439 bis, 1. — Un morceau d’assiette samienne, décorée intérieurement. 11
provient du septième groupe.
Inv. 3439 bis, 3. — Un morceau d’assiette samienne, décorée extérieurement de
même provenance.
Ce motif d’incisions se trouve parfois à l’intérieur avec les entailles courbées (inv.
kü'jb, du douzième groupe).
63
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Inv. 4005,2. — Un morceau d’assiette samienne, décorée intérieurement, avec
palmettes autour du cercle central. Il provient du neuvième groupe.
Inv. 3439 bis, 6 . — Un morceau d’assiette samienne, décorée intérieurement, avec
croix dans le cercle central. Il provient du septième groupe.
Fig. 59 . — Choix de fragments de poteries incisées :
inv. 344o bis , 12 ; 3439 bis , 1 ; 343g bis 3 3;
4oo5, 2 ; 3439 bis, 6 et 343g bis,^.
Inv. 3439 bis,l . — Un morceau d’assiette samienne, décorée intérieurement d’une
bande circulaire avec rosace et damier intercalés et sans doute, autour du cercle cen-
tral , des palmes séparées par un motif rond.
Ces fragments de poteries coptes mentionnés ici, sont loin de nous donner tous les
types que nous fournit le site de Médamoud. Nous avons maintenant matière à un
répertoire considérable.
6 . — LE LAC SACRÉ ( Médamoud , 1927 , p. 12 ).
Dans une déclivité du sol, formant un rectangle de terre caillouteuse garnie de
quelques pousses d’herbes, ayant au fond de la cuvette le niveau — o m. 10 par rap-
port au sol déblayé du temple, fut trouvé en 1927 un lac avec quais construits en
blocs de grès à bossage formant murs incurvés.
Ce lac fut fouillé au niveau des eaux du mois d’avril , c’est-à-dire à environ — 3
mètres et, à son angle nord-ouest un sondage, fait à l’aide de chadoufs, nous permit
d’obtenir en un point le niveau — 5 m. 1 2 , en suivant un des deux escaliers intérieurs
de ce lac.
ea
F. BISSON DE LA ROQUE.
Ce lac de 17 m. 20 sur i 4 m. 70, présentait un escalier partant de l’angle nord-
est, descendant vers l’ouest le long du quai nord, ayant un palier au niveau — Am.
60 à l’angle nord-ouest et se continuant le long du quai ouest; cet escalier fut dési-
gné comme escalier nord. Un autre escalier se devinait en symétrie partant de l’angle
sud-ouest où les fondations furent reconnues, suivant le quai sud et devant, par un
palier à l’angle sud-est, se continuer le long du quai Est.
Ces escaliers forment des massifs de construction en blocs à bossages de grès, ac-
colés aux quais et offrent paroi verticale sur les côtés intérieurs du lac.
Les marches des escaliers étaient taillées par trois dans un bloc.
En beaucoup d’endroits ces escaliers de 1 m. 3 o de largeur, présentent deux ran-
gées de pierres, la rangée intérieure ayant ses blocs taillés sur le côté quai de façon
à suivre la courbe de ces quais.
La construction du pourtour de ce lac me parait, d’après les blocs à bossages, avoir
été établie au début de l’époque romaine.
Ce lac petit en comparaison de celui de Dendérah (Médamoud , 1927, p. 20), en
diffère non seulement par les escaliers réduits à deux, mais encore par le principe de
construction des quais : en effet les quais du lac de Dendérah sont construits en ventre
vers la terre du pourtour, alors que les quais du lac de Médamoud sont construits en
ventre vers l’eau du bassin.
Les raisons techniques de ces courbes, destinées sans doute à établir un équilibre
entre la pression constante des terres et la pression variable des eaux, n’ont pas encore
été, à ma connaissance, recherchées, et je ne connais pas d’explications satisfaisantes
de ces dispositions singulières (').
A Médamoud où nous savons maintenant par un complément de fouilles faites cette
année, que le lac était alimenté exclusivement par eaux d’infiltration, jaillissant d’un
bassin central, la poussée des terres contenant elles-mêmes une infiltration réduite, il
est vrai , par la percée du bassin du lac , devait être plus grande que la poussée des
eaux.
A Dendérah, il semble y avoir eu un puits extérieur sur le côté sud qui devait com-
pléter artificiellement le niveau variable des eaux d’infiltration.
La question qui se pose à propos des lacs sacrés des temples de l’Egypte ancienne,
est de savoir s’ils étaient alimentés uniquement par voie d’infiltration ou si cette ali-
mentation était augmentée artificiellement par des conduites d’eau.
S’ils étaient alimentés uniquement par infiltration , le changement de niveau était
considérable; à la période des basses eaux, en juin et juillet, le niveau des eaux dans
un lac devait être celui de la base des quais, et il devenait impossible de faire navi-
guer la barque-tabernacle, portant l’image du dieu.
Comment concilier cette impossibilité avec les nécessités rituelles, qui s’imposaient
(1) Je suis à fa disposition de tous ceux qui peuvent être tentd par une étude de ce genre, pour répondre
à un questionnaire relatif au cas du lac sacré de Médamoud.
65
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
dans toutes les saisons, puisque le calendrier en usage était un calendrier vague et
que les mêmes fêtes parcouraient dans la suite des temps, toutes les périodes de
l’année.
On voit l’importance du problème.
J’avais supposé en 19 2 7, que notre lac de Médamoud avait un fond dallé et était
alimenté par des conduites d’eau, soit au moyen de cliadoufs ou autres appareils ou
que, tout au moins, cette alimentation artificielle complétait une alimentation dùe à
l’infiltration. J’avais donc un grand intérêt à explorer le fond du lac.
Fig. 60. — Lp LAC SACRÉ (le i er avril 1929).
La difficulté provenait de la différence considérable de niveau des eaux d’infiltra-
tions dans la vallée du Nil entre l’époque romaine et notre temps. Même en travail-
lant au lac fin juin, c’est-à-dire à l’époque où les eaux sont au plus bas, je me serais
encore trouvé en face d’une différence de niveau , encore très grande par rapport à
celui où a été aménagé le. fond du lac.
Nous avons tout de même tenté de résoudre le problème, avec le concours de la
Société des Sucreries d’Égypte. Nous remercions ici son directeur, M. Naus bey, qui
a bien voulu donner les autorisations nécessaires et le directeur de la fabrique de
Nag-Hamadi, M. Roche qui nous a gracieusement prêté une pompe suffisamment
puissante. Voici les résultats auxquels nous somme parvenus :
Nous avons établi la pompe le i er avril sur les fondations de Y escalier sud du lac
(fig. 60). Par des combinaisons diverses et par des installations modifiées, nous avons
Fouilles de l’Institut, t. Vil, 1.
9
66
F. BISSON DE LA ROQUE.
pu atteindre, le 2Ù avril, dans les trois-quarts du lac, grâce à la patiente habileté
dont nos ouvriers n’ont cessé de faire preuve au cours de ces travaux difficiles, le ni-
Fig. 61. — La plate-forme de pourtour du bassin d’alimentation du lac sacré, au niveau — 6 m. 80
(le avril 1929).
veau —7 mètres (fig. 61), c’est-à-dire gagner quatre mètres sur le niveau normal
des eaux dans le lac vers cette époque (fig. 62).
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929). 6?
Pour enlever la terre sur ces quatre mètres de profondeur, il a fallu procéder par
assèchements successifs et partiels, en établissant des bassins d’écoulement où la pompe
fonctionnait.
9 -
68
P. BISSON DE LA ROQUE.
Au cours de ce travail, des sondages furent exécutés tout le long du côté ouest,
puis du côté nord du lac. Ces fouilles nous ont révélé, d’abord par portions (fig. 63 )
et le 2 A avril en entier, le plan du lac (pl. II).
Les objets trouvés dans la terre de remblai, inv. A671 à 4 ^ 35 , sont : des lampes,
des jouets en forme de chevaux, des vases en terre cuite d’époque copte, quelques
Fig. 64 . — L’angle intérieur nord-ouest du lac sacré (le 22 avril 1929).
débris de statues en granité, brisées par les Coptes, dont le plus important est une
partie supérieure de buste royal du Moyen Empire, inv. A725 (0 m. 20 de hauteur,
o m. 33 de largeur et 0 m. 22 d’épaisseur), ainsi que des éclats de calcaire et de
grès provenant de blocs décorés, brisés également par les Coptes.
Le lac est formé d’un bassin d’alimentation de 12 mètres sur 8m. Ao, avec un
pourtour construit formant une plate-forme sur laquelle reposent les escaliers nord et
sud qui y aboutissent par une continuation ouest et Est (fig. 6 A et 65 ). La continua-
tion ouest de Yescalier nord se termine à environ la moitié de la largeur du lac et la
continuation Est de l 'escalier sud à plus de la moitié.
La plate-forme se trouve au niveau — 6 m. 80 , et permettait de faire le tour du
bassin d’alimentation, lorsque les eaux étaient descendues sous ce niveau.
Cette plate-forme donne une largeur de passage de 1 m. 65 le long de Yescalier nord
et de près de 3 mètres sur la partie du côté ouest qui se trouve au delà de l’escalier.
69
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1 929).
Nous avons reconnu pour Y escalier nord , à l’extrémité de son prolongement ouest,
un départ d’escalier perpendiculaire qui descend dans le bassin d’alimentation (fig. 63 ).
Les deux premières marches de ce dernier escalier ont été reconnues, mais il a été
impossible d’en mettre d’autres à sec. Cet escalier a 1 m. o 5 de largeur avec marches
de o m. 36 de largeur et o m. 16 de hauteur. La sonde nous a indiqué deux autres
Fig. 65 . — Partie reconnue de la continuation Est de l’escalier sud du lac sacré (le 24 avril 1929).
marches, puis, sur la ligne de bordure de la plate-forme, elle nous a livré le sable
de même que dans tout le pourtour du bassin d’alimentation; de même aussi à l’an-
gle sud-ouest où je suppose un puits (pl. II).
L’escalier perpendiculaire me paraît se perdre dans le bassin d’alimentation sur la
ligne de la plate-forme.
J’ai essayé de poursuivre les recherches afin d’atteindre la partie inférieure cons-
truite de la plate-forme de pourtour, mais au niveau — 7 mètres, c’est-à-dire à environ
vingt centimètres au-dessous de cette plate-forme, tous les points où j’ai essayé de
travailler et de placer la sonde, ont fait jaillir l’eau avec du sable en telle quantité,
que le sable jaillissait dans les tuyaux de la pompe, échauffait et encrassait le moteur.
Le moteur (, A placé suffisamment bas pour donner son maximunof, n’arrivait plus à
maintenir le niveau —7 mètres (à comparer fig. 61 et fig. 63 ), par suite du forage
continu qui amenait le sable. Le mécanicien était sans cesse obligé d’arrêter le moteur.
La pompe arrivait, au-dessus du niveau moins 6 mètres, à faire baisser l’eau dans le lac de près d’un
mètre par heure.
70
P. BISSON DE LA ROQUE.
Outre le bassin central, nous semblons avoir, d’après la sonde, une autre alimen-
tation dans l’angle sud-ouest. II y aurait là un puits sans fond , communiquant avec le
bassin central par une conduite où la sonde m’a donné une pierre à — 7 m. 80 , c’est-
à-dire à moins un mètre sous le niveau de la plate-forme de pourtour. Si en ce point
il y a une assise unique de pierre, nous aurions un lac aux côtés construits à la pro-
fondeur — 8 m. 3 0 environ.
Si on se base sur les calculs donnés dans la Description de l'Egypte, t. XX, nous
aurions environ deux mètres de différence de niveau d’eaux d’infiltration par rapport
au début de l’époque romaine.
Si à l’époque des eaux basses, nous pouvons voir au moins dix marches sans eau
sur la continuation ouest de Y escalier nord, le chiffre — 8 m. 3 o par rapport au sol
du temple, nous donnerait la profondeur construite du lac.
C’est cette profondeur que j’aurai aimé pouvoir atteindre. Je n’y suis pas parvenu :
mais, grâce à la pompe prêtée par la Société des Sucreries d’Égypte, nous avons établi
le fait important d’une alimentation naturelle , par voie d’infiltration à ciel ouvert;
la terre qui aurait pu former bouchon, étant enlevée clans le bassin central endigué.
Si l'on a usé de conduites artificielles* 1 ) pour le remplissage du lac dans les périodes
des basses eaux, ce qui n’est que très problèmatique ( Médarnoud , 1927, p. 38 ), le
remplissage habituel du lac se faisait par le bassin, où la couche de terre peu per-
méable avait été entièrement enlevée. Le lac sacré aurait donc été un grand puits au
niveau variant avec les saisons.
Des constatations de différences de niveaux , pourront être faites maintenant dans ce
lac pour le calcul des niveaux possibles à l’époque romaine. Cette année nous avons
constaté entre le 1 5 février, avant le déblaiement du lac, et le 28 avril, après les tra-
vaux, une différence d’environ un mètre cinquante. Cette différence doit s’accentuer
en mai et juin. Si, à l’époque des eaux les plus basses, nous constatons que la plate-
forme de pourtour du bassin d’alimentation est submergée sur une hauteur d’environ
0 m. 80 , nous aurions pour l’époque romaine, le bassin d’alimentation à un niveau ,
approchant de moins 8 mètres par rapport au sol du temple, c’est-à-dire de 1 m. 20
sous le pourtour de la plate-forme qui se trouve au bas des grands escaliers. Ces
chiffres sont purement hypothétiques.
Le travail de cette année , nous a permis quelques observations nouvelles sur le mode
de construction des quais et des escaliers : du côté de la face intérieure, au niveau
du palier de Yescalier nord, un saillant d’assises a été établi pour le mur en ventre du
quai ouest et pour les fondations à paroi verticale de l’escalier qui descend le long du
quai nord (fig. 6 k). Ce saillant est d’environ o m. i 5 . Le long du côté nord, il offre
à l’escalier un soubassement courbé donnant des assises concaves de fondations. Sur
(1) Des conduites accidentelles de faible débit, se sont établies à certaines interstices de pierres, par exem-
ple au niveau — 5 m. 35 près de l’angle nord-est sur la paroi Est.
71
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
ce soubassement , l’escalier présente , après un dérasement cl’assises , un aspect hori-
zontal parfaitement intact (fig. 66) 6 ),
Fig. 66. — Portion du côté intérieur nord du lac sacré (ie 22 avril 1929).
(l) Ce procédé d’assises horizontales sur soubassement courbé est l’inverse d’un usage courant dans les
murs d'enceintes en briques crues . où nous trouvons un soubassement en lits nivelés avec au-dessus des lits
ondulés.
72
F. BISSON DE LA ROQUE.
Sur le quai Est en ventre, nous avons observé un saillant d’assises de o m. 1 5 au
centre. Ce saillant se trouve au niveau —3 m. 65. S’il correspondait, comme son
pendant , au niveau du palier de Y escalier sud non de'gage' , nous aurions celui-ci à en-
viron un mètre au-dessus du palier de Yescalier nord. C’est d’autant plus probable que
nous avons constate', par un dégagement de quelques marches du prolongement Est
• • de Yescalier sud (fig. 65), un
prolongement de l’escalier
beaucoup plus considérable de
ce côté que du côté opposé
(pi- ii).
La construction du prolon-
gement ouest de Yescalier nord
entièrement dégagée, nous a
présenté un dispositif tout à
fait régulier. Les assises, sur
lesquelles reposent les blocs
formant seize marches, sont
établies sur la plate-forme de
pourtour du bassin central en
lits horizontaux sans saillants
si non aux marches ( fig. 6 A).
Au-dessus du palier sud-
ouest ou palier de Yescalier
nord, à hauteur d’homme, ont
été gravés deux uræus dressés
l’un en face de l’autre et placés
sur une ligne horizontale (fig.
67).
Indiquent-ils le niveau le
plus élevé des eaux, à l’épo-
que de l’utilisation du lac sacré pour la promenade rituelle de la barque sacrée ?
Ce problème, comme beaucoup d’autres, reste sans solution pour le moment.
Mon exposé ne prétend nullement donner des conclusions définitives. Notre tenta-
tive pourra sans doute être reprise et poussée plus avant. Les dimensions médiocres
du lac sacré de Médamoud sont favorables à une exploration qui éluciderait le pro-
blème des lacs sacrés. Mais tous les lacs sacrés d’Egypte n’étaient peut-être pas con-
struits sur le même type.
Si on poursuit un jour le travail de fouilles dans le lac de Médamoud, je pense
qu’il faudra se donner les moyens de pousser le forage aussi profondément que pos-
sible dans le bassin d’alimentation. A cet effet, il faudra laisser sur toute la surface,
Fig. 67. — Deux uræus gravés sur le mur ouest du lac,
CONTRE l’angle NORD-OUEST.
73
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
ainsi que dans l’angle sud-ouest, une couche de terre de remblai et ne faire que des
sondages en puits, de préférence le long de la plate-forme de pourtour ouest et contre
la partie perpendiculaire de Yescalier nord, afin d’essayer d’atteindre la partie inférieure
de la construction. Dans le sondage en puits, il sera nécessaire d’essayer de travailler
le plus possible à sec, en vidant l’eau à bras d’hommes, avec l’aide de seaux, dans un
bassin supérieur où la pompe fonctionnera. Dans le courant du travail il faudra
reboucher, autant que possible au fur et à mesure, de préférence avec une terre choi-
sie, les points où l’eau jaillira avec du sable.
Un autre système radical serait, ainsi que me l’a fait remarquer M. Chevrier, chef
de travaux a Karnak, d établir un drain autour du lac; mais ceci serait une entre-
prise considérable.
Fouilles de l’Institut , t. VII, 1.
10
DEUXIÈME PARTIE.
MONUMENTS DU MOYEN EMPIRE SORTIS DES FONDATIONS DU TEMPLE.
1. — FONDATIONS DU TEMPLE DANS LA PARTIE SUD-EST
DE L’AVANT-TEMPLE ET DANS LE PRONAOS.
En 1927, nous avons découvert, en fouillant les parties du temple ptolémaïque
trouvées sans dallage, que la plate-forme de fondations de l’avant-temple contenait
des blocs provenant du temple d’Usirtasen 111 et des annexes établies pendant la pé-
riode qui a suivi la XII e dynastie ( Médamoud , 1927, pl. II).
En 1928,1a fouille des fondations fut étendue sous le dallage subsistant du temple ,
dans la partie Est de l’avant-temple ( Médamoud , 1928, pl. 111 ). Il fut établi que la
plate-forme de fondations de l’avant-temple ptolémaïque avait été faite au début de
la XVIII e dynastie. Avec un ensemble de cent-vingt blocs sortis, dont trente-quatre
reconnus l’année précédente, nous avons pu distinguer diverses catégories de monu-
ments que nous avons classés par règnes.
Celte année (pl. III), nous avons tout d’abord terminé la fouille dans les fondations
du mur sud du Sanctuaire V et entreprit celle de tout le mur sud de l’avant-temple
jusqu’à la ligne du Pronaos. Nous avons donc maintenant tout l’arrière de l’avant-
temple entièrement exploré et nous pourrons rétablir toute cette partie dans l’état
où nous l’avons trouvée en 1925.
Sous le. mur sud du sanctuaire et sous le mur sud de l’avant-temple, la fouille a été
entièrement exécutée en sous-œuvre (fig. 68).
Une bande du dallage de la Cour Sud où se trouve des restes d’église copte, fut
démontée , puis remise en état.
La limite sud de la plate-forme de fondations fut déterminée (fig. 69) : elle se
trouve à 1 m. 5 o au sud du mur sud de l’avant-temple.
Nous avons constaté avec regrets, sous le mur sud de l’avant-temple, qu’en s’éloi-
gnant de l’Est, c’est-à-dire de l’endroit d’où provenaient les blocs décorés, les fonda-
tions étaient faites presqu’exclusivement de blocs de grès sans décoration.
A l’ouest de la ligne du mur mitoyen, entre les Chambres IX et XI, les fondations
du mur sud de l’avant-temple sont établies à l’assise inférieure avec deux rangées de
blocs de grès, séparées par un espace de 0 m. ko au maximum et de 0 m. 20 au
76
F. BISSON DE LA ROQUE.
minimum. Cet espace était rempli d’éclats de pierres, parmi lesquels se trouvaient des
morceaux décorés de monuments du Moyen Empire : inv. 6077, p. 106; inv. 4078
et 6079, p. 88; inv. 4 o 8 o, p. 112; inv. 4 i 44 , p. io 5 , et inv. 4 i 45 , p. 116).
Cette même année, une fois toute la partie à l’Est de la ligne du mur de façade
ouest du Sanctuaire V terminée, nous avons ménagé une nouvelle voie pour l’extrac-
tion des blocs, en reprenant la fouille dans les fondations au bloc n° 34 reconnu dès
Fig. 68. — Premier coup de levier pour retirer le bloc n°i 32 (linteau d’Amenemhat Sebekhotep),
SOUS LE MUR SUD DE LA CHAMBRE XI.
1 927, c’est-à-dire près de la porte d’Aménophis 11 et sur la ligne du Pronaos. Presque
toute cette fouille fut exécutée en sous-œuvre (fig. 70) et nous n’avons soulevé les
dalles du sol dans le Pronaos, que lorsque nous n’avons pu faire autrement.
Sous le montant sud en granité de la porte d’Aménophis II, fut trouvée une partie
de linteau du porche de fête sed d’Usirtasen III , ce qui a occasionné un gros travail
en sous-œuvre pour lequel le Service des Antiquités, en la personne de M. Chevrier,
directeur des travaux à Karnak, m’a aidé et de ses conseils techniques et de son
matériel.
Sous les restes de la colonne nord du Pronaos, que nous avons suspendue en l’air
grâce à des vérins et que nous avons rétablie à son niveau primitif, nous avons trouvé :
dans la partie sud un bloc n° 1 4 o (p. 1 1 3 ] et dans la partie nord de minuscules éclats,
77
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
inv. 4347, qui s’ajoutent à l’éclat, inv. 285 i (bloc n° 25 , Médamoud, 1927, p. 93)
pour nous indiquer que les trois-quart, si ce n’est tout, des fondations de cette co-
lonne ont été bouleversés par les Coptes. Il me paraît maintenant évident que les
Coptes ont creusé à coups de ciseaux sous cette colonne, probablement déjà en cours
de démolition parle haut, pour extraire du calcaire. Cette œuvre de destruction mal
faite, a dû être arrêtée au moment où la colonne menaçait de tomber. Elle pouvait
en effet servir d’appui dans une
habitation en cet endroit. Je ne
crois pas que les Coptes aient
osé attaquer cette colonne à
la façon des abatteurs d’arbres.
Toujours est-il , que pour une
raison ou une autre, un témoin
de cette colonne s’est conservé
et nous l’avons maintenu dans
l’état où nous l’avons trouvé en
1925.
La fouille des fondations s’est
arrêtée cette année aux limites
ouest et sud du Pronaos dans
d’excellentes conditions, car au-
cun bloc calcaire n’a été laissé
en bordure de chantier. Tout a
été rebouché avec, sur les tran-
ches de grès de bordure de
fouille, une protection en moel-
lons pour réduire l’action des
eaux d’infiltration.
Dans les fondations du Pro-
naos, nous avons trouvé les
pierres groupées d’un monument d’Usirtasen 111 - Sebekemsaf dit I er (p. 9 4 ) qui est,
dès maintenant, à peu près complet.
La nouvelle voie de sortie de blocs sera utilisée de nouveau l’année prochaine et
je crois pouvoir terminer la fouille complète de la plate-forme de fondations du tem-
ple du début de la XVIII e dynastie en très peu de mois, car l’état des Portions III et
VIII du temple me laisse peu d’espoir de trouvailles : la partie ouest du mur sud de
l’avant-temple me paraît se continuer en fondations exclusivement de grès et la limite
ouest de la plate-forme me semble s’arrêter sur la ligne de la porte d’Aménophis IL
Pourtant quelques murs non terminés, entr’autres la partie ouest du mur nord de
l’avant-temple et le montant nord de la porte d’Aménophis II, peuvent nous donner
Fig. 69. — Limite sud de la plate-forme de fondations.
78
F. B1SS0N DE LA ROQUE.
quelques pierres complémentaires des monuments qui vont être énumérés dans le
même ordre de règnes que l’année précédente.
Nous avons maintenant cent soixante-cinq blocs sortis, qui nous donnent des monu-
ments importants du Moyen Empire.
D’Usirtasen II J nous avons trois monuments :
Une porte à assises avec son linteau (p. 79) et neuf blocs. 11 nous manque de cette
Fig. 70. — Travaux en sous-oeuvre :
AL PREMIER PLAN, SOUS LA COLONNE SUD DU PrONAOS,
AU SECOND PLAN, SOUS LE MONTANT SUD DE LA PORTE d’AmÉNOPHIS II.
porte 1 avant-dernière ou sixième assise du montant droit et les assises une, deux,
cinq et sept du montant gauche.
Un poi cbe de fete sed avec son linteau (p. 80) et environ la moitié du nombre de
ses pierres qui sont en parfait état de conservation et qui peuvent dès maintenant,
permettre une reconstruction du monument.
Une table de culte (p. 84 ) simplement endommagée.
D Amenemhat Sebekhotep nous avons deux monuments :
Un porche de fete sed avec son linteau [Médamoud, 1928, tig. 48 ) et environ un
tieis du nombie de ses pierres dont beaucoup fortement fendues par l’action du sal-
79
FOUILLES DE MÊDAMOUD (1929).
pêtre , mais toutes maintenant remontées par un ouvrier spécialiste , ce qui en assure
la conservation et peut permettre la reconstruction du monument.
Un linteau d’une porte ou d’un porche (pl. Y), qui peut être comparé à celui du
porche d’Usirtasen III-Sebekemsaf dit I er (voir ci-après) mais avec le roi entrant au
lieu du roi sortant ( Médamoud , 1927, pl. Y).
De Sekhemré-Ouadjkhaou Sebekemsaf nous avons deux principaux monuments :
Un porche élevé par Usirtasen III et transformé par ce Sebekemsaf; il ne manque
qu’une pierre.
Une salle à colonnes en grès ( Médamoud , 1928, p. 77), avec partie usurpée par
Sekhemré-Souadjtaoui Sebekhotep à un roi intermédiaire.
De Sekhemré-Souadjtaoui Sebekhotep nous n’avons que des portes usurpées et
nous ne pouvons pas reconnaître encore quel roi les avaient construites. Toutes pa-
raissent, d’après les dimensions des cartouches, avoir été aux noms du même roi.
D’après la salle à colonnes en grès, on pourrait supposer une usurpation à
Sekhemré-Ouadjkhaou Sebekemsaf, mais il est difficile d’une part de reconnaître
assez d’espace dans les parties rabattues des noms, spécialement pour le nom d’Horus
et d’autre part de s’expliquer pourquoi le { commun aux deux rois dans le nom
d 'nsout baït n’a pas été conservé en relief de même que © qui le précède.
La fouille de cette année nous a complété une des portes du type simple.
Ce Sebekhotep usurpateur semble avoir eu sa résidence royale à Madou, alors que
deux de ses prédécesseurs, Amenemhat Sebekhotep et Sekhemré-Ouadjkhaou Sebe-
kemsaf y ont élevé des monuments relativement importants : les uns, ceux d’Amen-
emhat Sebekhotep, inspirés de ceux d’Usirtasen III; les autres plus personnels, ceux
de ce Sebekemsaf, soit complément ou transformation d’un monument d’Usirtasen III,
soit monument d’un type nouveau tout au moins, quant à la matière.
2. — MONUMENTS D’USIRTASEN III.
PORTE À ASSISES
( Médamoud, 1928, p. 3 g).
Nous avons trouvé cette année le linteau de cette porte , ce qui nous permet d’en
déterminer la largeur et d’en supposer la hauteur totale.
Elle semble avoir eu 4 m. 69 de hauteur, dont 3 m. 68 d’ouverture et avait 2 m.
19 de largeur dont 0 m. 54 d’ouverture ainsi que 1 m. 58 de longueur.
La décoration gravée avait un remplissage de plâtre avec couleur jaune.
Bloc n° 1 6 5 (inv. 4646 ). — Le linteau de la porte à assises d’Usirtasen III, en
calcaire (fig. 71).
La pierre a 1 m. 1 0 de hauteur, 2 m. 28 de largeur, un fruit de 0 m. o 4 sur l’en-
semble de la hauteur, une épaisseur de 0 m. 52 à la base jusqu’à o m. 60 de hauteur
et ensuite o m. 58 . Ce dispositif nous indique l’emboîtement d’une dalle de plafond
80
P. BÎSSON DE LA ROQUE,
det 58 C ' e ha " teUr - Ce P ' af0nd deïait '■— W. de h profondeur
ei": r;f sur to,, ‘ e »
3 o trouvée c " ues - l ;~ * >-•
placement où l’on peut situer cette norfe ’ : i f d eXemple d ’ Un em '
en briques ne dépassent pas , 5» S " 1,p ° Se ’ l * r » e “>' de
F) g- 7 1 • Linteau de porte à assises d’Usirtasen III, bloc n ° i65.
dr g vpseTa T’ f '"“a. Ml ' S Pein * “ *«
ailé et les deux principaux noms d„ L '° n eSt d ,,n ‘H* ““™>‘ avec disque
ayant le signe du ciel au sommet. Sa ‘ mssant tr0,s ‘'«“es dans nn encadrement
Le tableau a , m. o. de hauteur et s m. ,9 de largeur.
!: dati r cet,e . ann& - ^ * «■—
Pronaos IV et cette portion ( p |. m ). *“ P1 " ^ enSa8ee S ° US le mUr Sllud entre '«
PORCHE DE FÊTE SED
( Médamoud , 1928, p. 45).
dtqtii t tx :::;zt d : 3 -• 6 mètres - Les -- d — -
“ne ouverture dWiron U m. 20 d! bit" 1 .^.TdTfiT
81
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Bloc n° 1A8 (inv. 438 o et 4582 ). Le linteau du porche de fête sed (pl. IV)
en calcaire, ayant 1 m. 57 de hauteur, 3 m. 90 de largeur, avec une épaisseur de
0 m. 72 à la base et de 0 m. 60 au sommet.
Ce linteau est décoré d’un tableau ayant 1 m. 57 de hauteur et 3 m. 5 o de lar-
geur.
Les côtés ont des rentrants de 0 m. 1 2 , avec saillants d’environ 0 111. 20 non ravalés.
Le sommet a également une partie non ravalée. Ces parties non ravalées indiquent
que ce linteau était engagé dans un mur en briques crues.
La décoration est gravée. Des parties de la gravure avaient des restes de couleur
bleue dans de nombreux endroits, ce qui laisse supposer que l’ensemble gravé était
rehaussé de bleu.
Cette décoration est identique à celle du linteau de fête sed d’Amenemhat Sebek-
hotep ( Médamoud , 1928, p. 69) mais le style en est hautement supérieur (pl. Via).
La gravure est plus ferme et l’ensemble est plus soigné. Nous avons ici la partie supé-
rieure qui fait défaut sur le linteau d’Amenemhat Sebekhotep.
Dans la partie centrale, située au-dessus de l’ouverture de la porte, se trouve le
roi en Osiris, assis dans le double naos de la fête sed, portant la couronne rouge à
gauche et la couronne blanche à droite. H tient la palme des années que lui présen-
tent, à gauche Horus d’^^ et à droite Set de rwm]^.
Si Noubli est évidemment ttOmbosn, Behdont n’est pas forcément « Edfou», bien
qu’au nord d’Ombos, mais sans rapport avec et le royaume du nord n indiqué par la
couronne du roi. Il y a une Behdout du nord que Brugsch identifiait à Tanis et qui est
regardée maintenant, comme devant être Damanhour. Cette opposition logique d’une
ville du nord à une ville du sud, symétriquement au roi de ces deux régions, est
satisfaisante pour notre esprit mais nullement évidente lorsqu’il s’agit d’un monument
égyptien.
Au-dessus du naos plane le disque ailé et en-dessous est figurée une frise d’objets.
A droite et à gauche de ce tableau central, prolongeant les montants, se trouvent
de chaque côté les deux premiers tableaux : une suite de dieux donnant tonte vie et
puissance au roi et prononçant chacun le discours inscrit en colonne verticale entre
deux palmes des années innombrables :
Le premier tableau de gauche nous donne l’Horus ou faucon de || Nekhen, w Hié—
rakonpolisu , muni de bras tenant les signes ■f' et 'J. 11 donne la vie et la puissance au roi.
Le sceptre qu’il tient de son bras gauche doit, à mon avis, être considéré comme
faisant partie du texte.
Fouilles de l’Institut, t. VII, 1. il
82
F. BISSON DE LA ROQUE.
En pendant, le premier tableau de droite nous donne une sorte d’ibis qui est sans
doute le des textes des Pyramides :
2152 . +
Cet oiseau est le dieu de la ville 1 1 g qui peut être celle mentionnée dans les
textes des Pyramides :
734. jv-u-up-iipuw;-
Faut-il lire le nom de cette ville djeba Kherout ou simplement djebal?
Ce nom paraît avoir le sens de ville «delà parole, de la voixr» , peut-être « de l’écho d
ou d’une création par la parole. Cette ville devait exister, tout au moins primitive-
ment, aussi bien en Egypte (probablement en Haute-Egypte, car tout l’ensemble géo-
graphique de ce monument me paraît être de cette région) que dans l’Autre Monde.
Sous ces deux tableaux qui nous donnent la partie manquante du linteau d’Amen-
emhat Sebekhotep, nous avons, de même que sur ce dernier, à gauche Amon et à
droite Montou.
Le premier est ici Amon sans © et il y a une variante purement orthographique
s s
H semble y avoir ensuite, dans un troisième tableau, des dieux Horus, d’après le
haut du signe du faucon qui s’aperçoit sur le bord inférieur du linteau. Sur le porche
d’Amenemhat Sebekhotep il nous semble avoir à cette place, sur la gauche, égale-
ment un Horus (bloc n° 76).
La position des couronnes du roi sur ce linteau nous donne-t-elle une indication
d’orientation pour la porte? Je ne le pense pas. Pourtant il est évident que cette po-
sition n’est pas toujours la même. Nous avons, par exemple, une position inverse sur
un linteau du même type d’Aménophis I er (Winlock, A restoralion of the reliefs front the
mortuary temple of Amenhotep I, in the Journal of Egyplian Archæology , vol. IV (1917),
pl. IV et p. 11).
Le linteau de fête sed d’Usirtasen III, a été trouvé fendu de la même façon que
celui d’Amenemhat Sebekhotep (bloc n° 79), c’est-à-dire en ligne oblique coupant le
dieu Set. Ceci est fortuit : alors que le linteau d’Amenemhat Sebekhotop avait la
partie qui fut fendue sous le mur mitoyen des Chambres IX et X ( Médamoud , 1928,
pl. III) tandis que les deux extrémités se trouvaient sous un dallage, le linteau d’U-
sirtasen III était également sous des parties de différentes pesanteurs. En effet, la
partie droite se trouvait sous le montant sud de la porte en granité d’Aménophis II
et le reste sous les montants en grès d’une porte voisine, également entre les Portions
III et VI (pl. III).
Bloc n° 126 (inv. Ai 3 i). — Ce bloc calcaire nous donne la cinquième assise du
montant gauche et le sommet du registre inférieur du couloir du porche d’Usirtasen
111. 11 se place sur le bloc n° 71 ( Médamoud , 1928, p. A9 et 52) et laisse la place
83
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
pour une assise manquante entre lui et le bloc n° 7 3 (idem, p. A8 et 5 i) qui devient
sur la façade de huit assises au lieu de sept supposées l’an dernier, la septième assise
au lieu de la sixième.
Fig. rj 2. Cinquième assise du montant gauche du porche de pète sed d Usirtasen III, bloc n 126, côté façade.
Ce bloc a o m. 26 de hauteur, 1 m. 60 de longueur, une largeur de 0 m. 93 sur
la façade du montant et de 0 m. 58 à l’autre extrémité. A 0 m. 92 de la façade, se
trouve un rentrant de 0 m. 16 pour 1 appui du battant de porte.
Il fut trouvé à l’assise médiane des fondations de l’extrémité Est du mur sud de
l’avant-temple.
Fig. ^ 3 . — Bloc n° 126, côté couloir.
La façade du montant (fig. 72) nous donne le buste et la tete dune Isis qui
offre toute vie et puissance au nom de fils de Ra d’Usirtasen III, dont on ne voit que le
sommet. Derrière la déesse, on voit le sommet de la chapelle , la. fin de la mention de
sa ville r fg et H . Entre les deux tiges renpit la pierre a subi un éclat qui date du
remploi, où devait y avoir après 4,^ situé sur le bloc du dessus dont on ne voit
que le bas de l’p et le haut du ^ qui se continue sur le bloc du dessous (bloc n° 71).
La face du couloir (fig. 73) , nous donne une partie du faucon aux ailes en équerre
8 ti
P. BISSON DE LA ROQUE.
qui protégeait le roi dont la tête se trouve sur le bloc en-dessous, avec une partie de
1 encadrement du ciel étoile' au-dessus et de la bande rayée formant cadre du panneau
sur le côté gauche.
Bloc n° 12Ô (inv. Ô129). — Un petit bloc calcaire fendu en deux (fig. 7/1), qui
parait etre un fragment du bord supérieur de la paroi gauche du
couloir du porche de fête sed d’Usirlasen III.
Il mesure 0 m. 71 de hauteur, 0 m. 12 de largeur et o m. 58
d épaisseur. Sur le cote de 1 épaisseur, à droite, il y a une rainure
verticale de o m. 0 4 de largeur et o m. o3 de profondeur, se
plaçant à 0 m. 28 de la face décorée.
Il nous donne : une partie de la bande rayée formant cadre du
panneau, au sommet, une partie du ciel étoilé situé au sommet
du tableau, 1 extrémité d une queue d oiseau et avec en-dessous
le nom d nsout haït dUsirtasen III, à gauche duquel se trouvait le
nom de fils de Ra dont on aperçoit un fragment de la ligne formant
pourtour du cartouche,
Ce petit bloc a été trouvé à l’assise inférieure des fondations,
sous le mur mitoyen entre les Portions VIII et X.
Bloc n° 72, côté couloir (Médamoud, 1988, p. 55).
Ce bloc trouvé lan dernier fendu en de nombreux morceaux,
a été remonte cette annee (fig. 7 5 ) de même qu’un grand nombre
d’autres.
Les fentes s étaient produites lors de la première action du
levier, par suite de l’état du calcaire fortement salpêtré.
Fig. 7/4. — Fragments
DR LA PAROI GAUCHE DU
COULOIR DU PORCHE DE
FÊTE SED D’UsiRTASEN
III, BLOC N° I2/4.
TABLE DE CULTE
( Médamoud , 1928, p. 56 ).
Ce monument se compose de deux blocs de calcaire, n os 1 34 et
1 3 5 , qui forment une table ayant 0 m. 55 de hauteur, 0 m. 97
de largeur et 5 m. 70 de longueur (fig. 7^)- Trois rangées de dix-neuf cupules sont
tciillees dans le plat de la table. Ces cupules ont 0 m. 1 U de diamètre et une prolon-
deui vanant entre o m. 00 5 et o m. o ô. Le plat du sommet est limité par un rebord
d’appui sur une des grandes faces et par une corniche sur les trois autres faces.
Le rebord d’appui a 0 m. ok de hauteur et o m. 08 de largeur. La corniche a
o m. 07 5 de hauteur, o m. 08 de largeur et déborde le plat de la table de o m. o5
en foimant un saillant de 0 m. oô. Cette corniche a été entièrement brisée sur le
bloc n i 3 h pose dans les fondations dans sa position réelle et en partie brisée sur
le bloc n° 1 3 5 posé dans les fondations dans une position inversée.
Les tious de frappe au ciseau faits pour détacher des parties de cette corniche sont
85
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
visibles. De nombreux morceaux de cette corniche ont été trouvés dans le sable de
fondations sur le pourtour des blocs, inv. 3 068 ( Médamoud , 1928, p. 4 7) et ôi 38 .
Fig. 7 5. — Blog n° 72 remonté, côté couloir du même porche dTJsirtasen III.
Ces morceaux ont été replacés et donnent une bande de texte avec trois lacunes :
une première de o m. 88 dans la partie gauche de façade du bloc de gauche (bloc
Fig. 76. — Table de culte d’Usirtasen 111 , blocs n os i 34 et 1 3 5 .
n° i3ô), une seconde de 1 m. 92 dans la partie centrale du bloc de droite (bloc
n° 1 35 ) et une troisième de 0 m. 20 à l’extrémité du petit côté droit.
86
F. BISSON DE LA ROQUE.
Ces trois lacunes correspondent à trois encoches qui existaient dans ces deux
pierres et qui devaient être garnies de pièces : entièrement dans la première et la
troisième et en partie dans la seconde.
Bloc n° 134 (inv. 4 i 36 ). — Pierre de gauche de la table de culte, ayant 3 m.
o 5 de longueur, o m. 97 de largeur sans la corniche et 0 m. 55 de hauteur.
11 y a dans la corniche, 0 m. 21 de l’extrémité gauche de la façade, une encoche
ayant o m. 88 de longueur, avec une largeur de 0 m. 16 vers la gauche et 0 m. 17
vers la droite. Cette encoche présente, à gauche, un saillant de 0 m. o 4 et à droite
un saillant de 0 m. o 5 sur 0 m. 07 de largeur. Elle a une hauteur de o m. 1 1 vers
la gauche et de 0 m. io 5 à droite. Ces saillants permettent de supposer une pièce
rapportée qui remplirait la première lacune du texte.
Une autre encoche se trouve à l’extrémité droite de cette pierre, sur une longueur
de 0 m. 68, ayant o m. 1 8 5 de largeur et 0 m. 21 de hauteur. Cette autre encoche
se réunit à celle du bloc n° 1 3 5 pour former un ensemble de 1 m. 43 dans lequel je
suppose une interruption de corniche avec bande de texte sur 0 m. 96 de longueur
et ensuite une pièce rapporté de 0 m. U7.
Ce bloc a été trouvé dans sa position réelle , à l’assise inférieure des fondations sur
la face sud du mur sud de l’avant-temple , dans la Chambre IX.
Bloc n° 135 (inv. 4 137). — Pierre de droite de la table de culte, ayant 2 m. 65
de longueur, même largeur et même hauteur que le bloc précédent.
11 y a une encoche dans la partie gauche de façade de la corniche, ayant 0 m. 75
de longueur, avec, à l’extrémité droite, 0 m. 20 de largeur et 0 m. 1 1 de hauteur.
Cette encoche se réunit à la seconde du bloc n° 1 3 4 .
Une troisième encoche se trouve à l’extrémité droite de la corniche du petit coté,
ayant 0 m. 24 sur o m. i 3 . Elle devait être garnie d’une pièce.
Cette pierre a été trouvée en position inversée, à l’ouest et dans le prolongement
du bloc n° 1 34 .
La façade de cette table donne donc deux blocs de deux longueurs différentes :
le bloc n° 1 3 4 , à gauche, ayant 3 m. o 5 et le bloc n° 1 3 5 , à droite, ayant
2 m. 65 .
Sur la bande de la corniche du bloc de gauche , nous avons un texte avec une lacune
de 0 m. 88 dans une première encoche. Ce texte va de droite à gauche. Nous en
possédons le début et la fin qui est à l’angle de la table. Nous supposons que la pre-
mière encoche avait une pièce où se trouvait ce qui manque de ce texte. Nous aurions
alors un texte de gauche ayant 2 m. 37.
La bande de la corniche du bloc de droite est à peu près entièrement détruite.
Nous n’avons que 0 m. 45 de la fin de son texte. Ce texte va de gauche à droite. 11
se termine par la même formule que celui de gauche. Les textes des petits côtés étant
semblables , on est amené à supposer sur la façade deux textes également semblables ,
87
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
partant d’un point vers le centre et se terminant aux angles de la table. Nous avons
le point de départ du texte de gauche. Le texte de droite partirait d’une distance de
0 m. 96 de celui de gauche. Une seconde encoche commence contre le point de dé-
part du texte de gauche, se trouve à cheval sur les deux blocs et a un total de 1 m.
43 . Je suppose dans cette seconde encoche, une pièce de 0 m. 47 sur son côté droit
pour le début du texte de droite.
Quant à l’espace de 0 m. 96 qui reste entre les deux textes il devait également,
d’après les cupules coupées par l’encoche, posséder un morceau venant s’y emboîter
Fig. 77. — Petit côté gauche de la table de culte d’Usirtasen 111.
et complétant les cupules. Ce milieu de la façade de la table aurait été garni d une
pièce rapportée dont j’ignore la forme.
Le point essentiel pour essayer de comprendre ce monument est d’admettre qu’ici,
de même que dans d’autres monuments en pierre, il y avait des emboîtages comme
en menuiserie.
L’emboîtage de la première encoche, de même que celui de la troisième (p. 86),
est très visible. Quant à celui de la seconde encoche, l’absence de rentrants a, peut-
être, pour causes et le jeu obligatoire à la ligne de séparation des deux blocs et la
disposition spéciale de la pièce ou des pièces rapportées qui garnissaient cette seconde
encoche.
Petit côté gauche (fi g. 77) :
88
F. BISSON DE LA ROQUE.
Petit côte' droit (fi g. 78) :
Partie gauche, côté façade (texte de 2 m. 37) :
(H^g~(ïPl1z;g45Aiii-i-rt*(ginn£^Ps:g>jg
+ = Pi>[? la«'ne de o m. 88)M]£t| Y.Tf 8ïl-
Fig. 78 . — Petit côté droit de la table de culte d’Usirtasen III.
Partie droite, côté façade (après une interruption supposée de 0 m. 96 , une lacune
supposée de 1 m. 92) :
(~)K(5ÎÂnHHPT^:TiVP3rn°8a-
Deux éclats de blocs provenant probablement de monuments d’Usirtasen III, ont été
trouvés dans l’interstice entre les deux rangées de grès de l’assise inférieure des fon-
dations du mur sud de l’avant-temple :
Inv. 4078 . — Un morceau à grande incision du type des inscriptions d’Usirtasen
III , portant la fin de signes d’une inscription verticale : (-— ) . . [V ] &
Ce morceau mesure 0 m. 36 de hauteur, 0 m. 1 4 de largeur et 0 m. 28 d’épais-
seur subsistantes.
(1) Une lacune de o m. 20.
(2) On peut supposer dans cette lacune la phrase suivante : «la création pour lui d’une table de culte en
calcaire de Toura, afin ».
JPUUlLLttb DE MDDAMUUD (1929).
89
Inv. 4079. — Un morceau du même type, avec (— ►) . . “] Ço. . . , ayant o m. 34
de hauteur, o m. 26 de largeur et 0 m. 10 d’épaisseur.
3. — MONUMENTS D'AMENE MH AT SEBEKHOTEP.
Cette année nous a donné : quelques nouveaux blocs du porche de fête sed de ce
roi qui viennent s ajouter à ceux trouvés l’an dernier et un linteau représentant le roi
offrant le lait et le vin à Mon tou.
Fig. 79 * — Cinquième assise du montant gauche de façade du porche de fête sed d’Amenemhat Sebekhotep, bloc _n° 109
PORCHE DE FETE SED
( Méclamoud , 1928 , p. 58 et suivantes).
Nous avons sorti le bloc n° 109 (fig. 79) resté engagé l’an dernier ( idem , p. 62).
Nous avons remonté le bloc n° 34 bis (fig. 80) formé d’éclats de provenances di-
verses (idem).
Nous avons trouvé un bloc qui se place à gauche du bloc n° i 5 et qui nous fait
comprendre le tableau du registre inférieur du groupe, formé par les blocs n os i5 et
2 3 ( Médamoud , 1927, pl. IV) : «
Bloc n° 123 (inv. 4i28). — Ce bloc (fig. 81) nous donne une partie du haut du
registre inférieur de la paroi gauche du couloir de ce porche.
Le tableau du registre inférieur nous donne le roi entre Horus et Thot.
Ce bloc mesure 1 m. 06 de hauteur, 0 m. 60 de largeur et 0 m. 32 d’épaisseur. Il
fut trouvé fendu en nombreux morceaux dans l’assise inférieure des fondations du
Fouilles de r Institut , t. VII, i, i 2
90 F. BISSON DE LA ROQUE.
mur situé entre les Portions VIII et X, à 2 mètres au sud du mur du Sanctuaire V,
à l’ouest du bloc ^79.
Le morceau du tableau du registre inférieur donne au sommet une portion du ciel
étoilé, ensuite l’extrémité gauche du disque ailé avec son nom et son titre 51 W.
ainsi que la mention de son action (~) A f f \ © 2 » puis la tête d’ibis de Thot avec
au-dessus (-J) ; ^ U 1 1 î ^ ^ ît 1 i ^ t jj ^ ^ ^ et sur la gauche
H)iC>eAri'*<
Le morceau du registre supérieur nous
donne les jambes d’un personnage placé
derrière les quatre bovidés présentés en
offrande à un dieu.
Le bloc n° 108, sorti cette année nous
a donné en plus de la portion du côté
gauche du couloir ( Médamoud , 1928,
p. 65 ) un morceau du montant gauche
interne (fig. 82) où nous lisons :
Fig. 80.
Quatrième assise du meme montant,
blog n° 3 kbis .
★ïï
Bloc n° 141 (inv. 4343 ). — Un mor-
ceau de relief avec une main, une por-
tion de texte et de bande verticale rayée
formant cadre (fig. 83 ). Ce morceau se
place, peut-être, au-dessus du bloc n° 1 8
[idem, p. 66).
Le texte nous donne : (j~) . . ~ jj •f \
Ce morceau mesure 0 m. 54 de hauteur 7 o m. 3 i de largeur. Il formait saillant
de o m. 20 sur une pierre ayant même hauteur, 1 m. 70 de longueur et 0 m. 70
d épaisseur. Le reste de la pierre sans trace de décoration, fendu en d’innombrables
morceaux, fut détruit.
Si ce morceau s’adapte sur le bloc n° 18, il faut alors admettre qu’une partie du
relief du personnage était établi sur une pierre n’ayant que 0 m. 20 d’épaisseur.
Le bloc fut trouvé à l’assise inférieure des fondations de la partie ouest du Pro-
naos IV.
LINTEAU REPRÉSENTANT LE ROI OFFRANT LE LAIT ET LE VIN À MONTOU.
Bloc n° 132 (mv. 4 076 ). — Un linteau en calcaire, ayant 1 m. 5 o de hauteur,
O m. 65 de longueur et o m. 4o d’e'paisseur.
Big. 81. — Fragment de la paroi gauche du couloir de ce porche d’Amenemhat Sebekhotep, bloc n° ia3-
92
F. BISSON DE LA ROQUE.
La base de ce linteau donne une largeur d’ouverture de porte de 1 m. 9 a , décorée
d’étoiles, laissant 0 m. 85 d’appui à gauche et o ni. 88 à droite.
Ce linteau nous donne un tableau gravé où Montou représenté deux fois, le dos à
l’axe, reçoit du roi sur le côté gauche l’offrande
du lait et sur le côté droit l’offrande du vin
(pl. V).
Montou est debout, sous forme humaine
avec tête de faucon. H porte un vêtement à
bretelles, prenant sous les pectoraux et s’arrê-
tant au-dessus des genoux. Ce vêtement est
composé de plumes gravées, arrondies et con-
tournées d’un bourrelet, alors que ce même
vêtement sur le bloc n° 3 1 , qui appartient au
porche de fête sed d’Usirtasen III, a ses plumes
en relief, allongées et posées directement les
unes sur les autres. Ce même type en relief se
trouve également sur le bloc n° 1/1 3 de Se-
bekemsaf mais avec les plumes légèrement
écartées et d’un contour moins arrondi (fig.
84 ).
Montou tient dans la main droite le sceptre
lias et de la main gauche le signe de vie. Il est
Fig. 83. — Fragment de la paroi droite du couloir coiffe du disque solaire avec plumes amonien—
I)E CE MÊME PORCHE d’A.MENEMHAT SEBEKHOTEP, BLOC Ü6S et double UF3611S.
Le roi porte le pagne en pointe, c’est-à-dire
ayant le devant en triangle. Il a : à droite la couronne blanche et à gauche une
coiffure curieuse composée d’un honnet et des deux plumes d’Amon.
Fig. 84. — Modèles de plumes stylisées composant la tunique du dieu Montou :
a ) sous Usirtasen III, bloc n° 3i; b ) sous Amenemhat Sebekhotep, bloc n° i 32
et c) sous Sekhemré Ouadjkhaou Sebekemsaf, bloc n° i43.
93
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Le dieu et le roi portent la queue habituelle accrochée à la ceinture.
Derrière chaque image de Montou :
Au-dessus de chaque image de Montou :
Au-dessus de chaque image du roi :
Derrière chaque image du roi :
n)éiîïï(ni3^ u ^i”" ,s î
Au dos du roi : (J) -w-f 'f
Devant le roi, de gauche, face à Montou :
(Hhi-YTr#;-
Devant le roi, de droite, face à Montou :
H)hi::tTr#~4A8->
Ce linteau est pour le moment une pièce isolée. 11 ne nous semble pas que nous
ayons des morceaux des montants de cette porte.
Cette porte paraît devoir être celle d’une chapelle dans laquelle , d’après la posi-
tion des personnages, le roi entre pour adorer l’image du dieu qui se trouve au fond.
Sur le linteau de la porte du magasin des offrandes, au nom d’Usirtasen III, bloc
n° 29 (Médamoud, 1927, pl. V) les personnages sont en sens inverse, étant donné que
le roi devait sortir de cette sorte de sacristie pour aller ailleurs adorer le dieu.
Le linteau d’Amenemhat Sebekhotep au double Montou et double roi représentés
debout, comparé à celui d’Usirtasen III portant la même représentation, est d’un
style très inférieur, très inégal (comparez par exemple le profd du roi de gauche aux
autres figures) et de dimensions plus grandes.
Ce linteau était fendu en deux. Sa partie inférieure de gauche a subi une brisure
de levier lors du remploi.
Il fut trouvé à l’assise médiane de la partie Est des fondations du mur sud de
l’avant-temple.
Variante : ^ j ^ ! .
94
F. BISSON DE LA ROQUE.
4. — MONUMENTS DE SEKHEMRÉ OUADJKHAOU SEBEKEMSAF.
Nous avons maintenant de ce roi un monument à peu près complet et quatre mor-
ceaux de portes du type simple ont été trouvés cette année.
PORCHE ÉLEVÉ PAR US1RTASEN III
ET TRANSFORMÉ PAR SEKHEMRÉ OUADJKHAOU SEREKEMSAF.
En 1927, furent trouvés trois blocs d’un même monument dont nous avions une
partie de la façade, élevée par Usirtasen III et un début de paroi à gauche de l’entrée,
fête droit profil coté çnoeltp
^ 5 " m 5 "o
Fig. 85. — Profil du porche élevé par Usirtasen III et transformé par Sekhemré Ouadjkhaou Sebekemsaf.
ajoutée par un roi du Moyen Empire avec mémoire d’Usirtasen III ( Médamoud , 1 927,
fig. 78; inscription n° 468 , 1 ; etc.).
Nous avons trouvé cette année dix autres blocs de ce monument et il ne nous en
manque qu’un pour l’avoir complet (fig. 85 ).
C’est un porche de magasin d'offrandes construit par Usirtasen III avec une décora-
tion gravée comprenant : sur la façade, un linteau ( Médamoud , 1927, pl. Y) , ainsi que
des montants composés de deux colonnes d’inscription (pl. VIII et XII) et sur la face
interne, des montants composés d’une colonne d’inscription (pl. IX).
Les parois du couloir de ce porche, à l’époque de ce roi et de cet emploi, étaient,
peut-être, sans décoration, bien qu’offrant de grands panneaux de calcaire.
Ce porche mesure 2 m. 2 5 de largeur, 5 m. 5 o de longueur et 3 m. 67 de hau-
teur dont 1 m. o 5 pour le linteau. Il devait se trouver engagé dans un mur en bri-
ques crues.
Sous Sekhemré Ouadjkhaou Sebekemsaf, les parois du couloir furent ornées d’un
registre de tableaux en relief plat, figurant le roi présentant diverses offrandes à Mon-
tou (pl. X, XI, XIII et XIV).
95
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
La direction du roi fut inversée : alors que sur le linteau du magasin des offrandes
Usirtasen III sortait du porche pour présenter les offrandes à Montou, sur les parois
du couloir Sekhemré Ouadjkhaou Sebekemsaf entre pour présenter les offrandes à
Montou ( Médamoud , 1927, fig. 79), ce qui peut nous indiquer que le porche devenait
un passage conduisant à un sanctuaire de Montou.
Le porche me paraît avoir dû rester intact, lorsque furent enlevées les pierres pour
être utilisées dans les fondations du temple du Nouvel Empire, car, sur quatorze du
total, sans les dalles probables du plafond, nous en avons déjà treize et la fouille des
fondations n’est pas terminée. Seul le bas du montant droit (bloc n° 1 h 2 ) a disparu,
fort probablement lors de l’emploi de ce bloc dans les fondations.
Quant aux dalles du plafond nous avons simplement l’indication de leur existence
avec leur épaisseur de 0 m. kh par la taille du dos du linteau formant emboîtement
ibidem, p. 96).
Le type du relief à fond rabattu, sans aucune rondeur, formant plan unique avec
la plinthe, pose, sans rien affirmer, la possibilité de supposer un ravalement ayant
détruit une décoration en relief d’Usirtasen III, mais il ne faut pas oublier que le
premier usage de ce porche ne comprenait pas forcément une décoration du couloir.
L’emplacement de la serrure avec son creux mordant sur la décoration de Sebe-
kemsaf, pose également un autre problème non résolu.
DESCRIPTION DE LA DÉCORATION DU COULOIR DE CE PORCHE.
Le style de la décoration du couloir comparé à celui de la façade de ce même
monument, est d’un enseignement précieux.
Alors que dans la décoration d’Usirtasen III le trait est énergique , les proportions
parfaites, les membres. affinés et les hiéroglyphes simples au contour ferme, dans la
décoration de Sebekemsaf, le contour des personnages et des hiéroglyphes chargés de
détails est mou , les proportions sont d’un effet malheureux avec des bras et des jam-
bes épais et grossiers.
Alors que l’ensemble et les détails du linteau (Médamoud, 1927, pl. V) nous donne
un tableau artistique, les tableaux du couloir (pl. XIII et XIV) nous donnent un en-
semble simplement curieux avec , il est vrai , des détails heureux spécialement dans le
visage des personnages (pl. VI b et VII).
Si dans la décoration d’Usirtasen III, on peut supposer l’ensemble fait par un même
artiste, dans celle de Sebekemsaf il semble difficile d’admettre que les profils des
personnages soient de la même main que le reste du corps et que la légende des
tableaux.
En entrant dans le porche on avait à droite, tout d’abord une partie sans décora-
tion, réservée pour le battant de porte, ensuite un registre en relief sur fond rabattu,
comprenant deux tableaux (pl. XIII).
96
F. BISSON DE LA ROQUE.
Le premier tableau figurait le roi (dos à l’entrée) massacrant deux ennemis devant
Montou (face à 1 entrée), œ (fig. 86), piétinant quatre prisonniers de deux races
que le roi a domptées ■ ■ a (fig. 87). Ce sont deux Abâbdés j le pays des
Inliou vaincu et deux Éthiopiens ~\^~^.le misérable pays de Koush.
Fig. 86. — Bloc n° i43, côté cooloui (voir : Fig. précédente) nu porche d’Usirtasen III — Sebekemsaf.
Devant Montou nous lisons :
(K) !
l 11e pierre manque à ce tableau; on ne voit du roi que les jambes VS et deux
colonnes clu texte contenant les paroles du roi, adressées à Montou font défaut.
Le Montou à une échelle réduite, par suite du désir de figurer les ennemis sous
lui, est cl un effet choquant.
_ Le second tableau représente le roi (dos à l’entrée) qui offre deux gâteaux sablés
— « 1 1 88 à Montou (face à l’entrée), ^ f ^ J— (fig. 86).
Le roi porte le pagne figuré en pointe qui est une caractéristique de l’époque qui
a suivi la XII e dynastie. Ce pagne trop court pour sa largeur visible est d’un effet
piteux.
97
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Montou sur les deux tableaux porte la tunique de plumes commune aux deux épo-
ques, mais traitée différemment dans le détail et la superposition des plans (fig. 84
et p. 92).
Fig. 87. — Partie du blog n° 161 (voir : Fig. 85 ), porche d’Usirtasen III — Sebekemsaf.
Les inscriptions de ce tableau se composent ainsi :
Au-dessus du roi :
Derrière le roi :
(*j) f ^ « 2
Devant le roi :
H)=~H®§£4î
Au-dessus de Montou :
(HiïnSŸiunsuîS*
Derrière Montou :
(H-f-î±A?^ÎTÎTLtiî
En entrant dans le porche, on trouve à gauche un registre de trois tableaux (pl. XIV)
dont le premier est coupé dans le bas de la partie gauche par le creux de l’emplace-
ment de la serrure ( Médamoud , 1927, fig. 73).
Fouilles de V Institut, t. VII, 1. i 3
98
F. BISSON DE LA ROQUE.
Le premier tableau figure le roi (dos à l’entrée) qui présente des offrandes à Mon-
tou (face à l’entrée), — f (fig. 88 ).
Les inscriptions de ce tableau se composent ainsi :
Devant et derrière le faucon protecteur du roi :
F/g. 88. — Bloc «• «56, côté cooloih (voir : Fig. 85), porche d’Usirtasen III — Sebekemsaf.
Au-dessus du roi :
Der rière le roi
(F) ! i^CEED : î h®
(B ****► ÜT — ° 2 jlI
Devant le roi : et devant la table d’offrandes :
.. (B^irH min,
Au-dessus de Montou :
H)üïiSfl;^Tïiîg>'j)-f
Le second lableau ligure le roi (clos à l'entrée) qui présente le vin ! (fi,. Soi
à Montou (face à l’entrée), w ^\©(fig. go).
Les inscriptions se composent ainsi :
A droite du vautour protecteur du roi : g essous .
(*B JoΜ, ^ ^
Au-dessus du roi :
Devant le roi :
(HiSSt!T«=fiî®
Au-dessus de Montou :
et derrière ie roi :
(B ÿ*—
99
Fouilles de médamoud (1929).
Le troisième tableau représente le roi (dos à l’entrée), conduit par Amon-Ra (dos à
l’entrée), - , 5 ~ (fig. go) vers Montou auquel il consacre le pain blanc p^ f t 4 .
Montou (face à l’entrée) est ici — | ^ f i ^ ? (fig- 9 0-
Devant Amon :
(BirïiSiitM
Au-dessus du roi :
Devant le roi :
(HP— flDZZAMïi
Au-dessus de Montou :
H)!îïlSïli2ïï±”Tήî
Derrière Montou :
H)£A-a-l*îiA?^P'T-S*T
i 3 a
100
P. BISSON DE LA ROQUE.
Le profil des dieux et du roi sont admirables (pl. VI b et VII). 11 subsistait un peu de
couleur rouge dans la tête du faucon. Nous devons avoir ici un portrait fidèle de Se-
bekemsaf (fig. 9 1 et pl. VII b ). Amon est représenté sous les traits du roi avec le sourcil
et le fard prolongeant l’œil, traités d'une façon spéciale (pl. VI b ).
Il est à remarquer qu’à chaque tableau de ce couloir, on a voulu varier la formule
du titre de Montou ne pouvant, suivant un goût artistique égyptien, varier ni la coif-
fure, ni le vêtement, ni le geste du dieu.
La face interne de ce porche offre de même que la façade un fruit très prononcé.
101
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Cette face interne a ses montants garnis d’une colonne de texte gravé, établi par Usir-
tasen III et conservé intact par Sebekemsaf (pl. IX) :
(\)\
Fig. 91 . — Bloc n° iGo, côté couloir (voir : Fig. 85), porche d’Usirtasen III — Sebekemsaf.
ÉNUMÉRATION DES BLOGS DE GE PORGIIE.
Bloc n° 29 . — Le linteau ( Médamond , 19 27, p. 96).
Le côté droit.
Bloc n° 26 . — La pierre de l’assise supérieure-, formant façade du montant et
partie non. décorée du couloir [idem, p. 9/1).
Bloc n° 142 (inv. 4344 ). — La pierre, de l’assise inférieure, formant façade
détruite du montant et partie du couloir avec portion inférieure du premier tableau
(pl. X).
Cette pierre mesure 1 m. 5 ^ de hauteur dans la partie droite et 1 m. 49 dans la
partie gauche, où elle forme entaille de 0 m. 45 sur la longueur, 2 m. 22 de longueur
subsistante à la base, o m. 66 d’épaisseur avec un rentrant de o m. 19 à 0 m. 65 du
côté façade subsistant.
Au sommet, du côté interne, se trouve une demi-queue d’aronde ayant 0 m. 20
de longueur, 0 m. 10 de largeur maximum, 0 m. o 5 d’ouverture et o m. 06 de pro-
fondeur.
m F. B1SS0N DE LA ROQUÉ.
Elle fut trouvée à l’assise inférieure des fondations du Pronaos, à l’ouest de la
colonne nord.
Bloc n° 159 (inv. 4590). — La pierre de l’assise inférieure, formant partie mé-
diane du couloir, avec partie inférieure médiane du premier tableau (pl. X).
Cette pierre mesure 1 m. 5 o de hauteur dont 0 m. 2 5 de partie décorée, 0 m. 76
de longueur et 0 m. 48 d’épaisseur.
Elle fut trouvée à l’assise inférieure des fondations du Pronaos, au sud de la
colonne sud.
Bloc n° 143 (inv. 4346 ). — La pierre de l’assise supérieure, formant face interne
(pl. IX) et partie du couloir avec la portion gauche du premier tableau et le second
tableau dont le bas se trouve sur le bloc suivant (fig. 86).
Cette pierre mesure 1 m. 20 de hauteur, 1 m. 99 de longueur en bas et 1 m. 91 en
haut, ainsi que 0 m. 43 d’épaisseur.
Au sommet du côté interne, se trouve une demi-queue d’aronde ayant 0 m. 17 de
longueur, o m. 07 de profondeur et o m. 06 d’ouverture.
A la base , du côté interne , se trouve une prise de levier.
Bloc n° 161 (inv. 4620). — La pierre de l’assise inférieure, formant face interne
(pl. IX) et partie du couloir avec le bas du second tableau et d’une portion du pre-
mier (pl. X).
Cette pierre mesure 1 m. 5 o de hauteur dont 1 m. 2 5 de plinthe non décorée,
2 m. 37 de longueur à la base et 2 m. 25 au sommet avec o m. 43 d’épaisseur.
La plinthe sur la face interne mesure o m. 52 de hauteur.
Elle fut trouvée à l’assise inférieure des fondations du Pronaos, sous la colonne nord.
Le côté gauche.
Bloc n° 156 (inv. 458 1 ). — La pierre de l’assise supérieure, formant façade du
montant (pl. VIII) et partie du couloir avec le haut du premier tableau (fig. 88).
Cette pierre mesure 0 m. 5 i de hauteur, 1 m. 87 de longueur à la base et o m.
67 d’épaisseur avec un rentrant de 0 m. 08 à 0 m. 44 de la façade.
Elle se place sur le bloc n° 33 .
Elle fut trouvée à l’assise inférieure des fondations du mur sud du Pronaos.
Bloc n° 33 . — La pierre de l’assise inférieure, formant façade du montant et
partie du couloir avec le bas du premier tableau ( Médamoud , 1927, p. 97).
Bloc n° 163 (inv. 4644 ). — La pierre de l’assise supérieure, formant partie
gauche médiane du couloir avec une portion du haut du second tableau (fig. 89).
Cette pierre mesure 0 m. 73 de hauteur, 1 m. 06 de longueur et o m. 5 o d’é-
paisseur.
103
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Elle fut trouvée à l’assise inférieure de la partie sud-ouest du Pronaos.
Bloc n 0 164 (inv. 4645 ). — La pierre de l’assise supérieure, formant partie droite
médiane du couloir avec une portion du second tableau et une portion du troisième
(%• 9 °)*
Cette pierre mesure 0 m. 88 de hauteur, 0 m. 90 de longueur et 0 m. 56 d’é-
paisseur.
Elle fut trouvée au sud de la précédente.
Fig. 92. — Graffiti sur le dloc n° 1(32.
Bloc n° 162 (inv. 462 1). — La pierre médiane de l’assise inférieure, avec le bas
du second tableau (pl. XI).
Un grafïito représentant un hippopotame tournant la tète, se trouve sur la face dé-
corée de cette pierre (fig. 92). Une esquisse d’antilope paraît avoir été faite antérieu-
rement.
Celte pierre mesure 1 m. 98 de hauteur dont 1 m. 2 5 de plinthe, 1 m. 1 8 de lon-
gueur et 0 m. 57 d’épaisseur.
Elle fut trouvée à l’assise inférieure de la partie sud du Pronaos.
Bloc n° 160 (inv. 4619). — La pierre de l’assise supérieure, formant face interne
(pl. IX) et partie du couloir avec portion du troisième tableau (fig. 91).
Cette pierre mesure 0 m. 88 de hauteur, 1 m. 43 de longueur à la base et 1 m.
87 au sommet ainsi que 0 m. 53 d’épaisseur.
104 F. BISSON DE LA ROQUE.
Elle fut trouvée à l’assise inférieure des fondations du Pronaos, à l’ouest de la
colonne sud.
Bloc n° 144 (inv. 6376). — La pierre de l’assise inférieure, formant face interne
(pl. IX) et partie du couloir avec le bas du troisième tableau (pl. XI).
Celte pierre mesure 1 m. 78 de hauteur, 1 m. 95 de longueur à la base et 1 m. 78
au sommet ainsi que 0 m. 55 d’épaisseur.
Elle fut trouvée à l’assise inférieure des fondations du Pronaos, entre les deux
colonnes.
A part le linteau, bloc n° 29, trouvé sous le mur nord de l’avant-temple sur la
ligne du Pronaos, tous les autres blocs ont été trouvés groupés dans les fondations du
Pronaos ( Médamoud , 1927, pl. II et 1929, pl. III).
Nous pouvons espérer retrouver la pierre qui manque, à l’ouest ou au sud du
Pronaos, dans les parties des fondations non encore fouillées.
C’est le premier exemple ici de groupement de pierres provenant d’un même mo-
nument.
Les pierres ne nous présentent aucune trace de ruines de ce monument lors du
l'emploi, car la partie manquante du bloc n° 1/12 ne s’explique que comme un bord
détruit pour la commodité du placement de cette pierre dans les fondations.
On a dû démolir le monument avec soin, pierre par pierre, au début de la XVIII e
dynastie. Les causes nous en sont inconnues. Celles qui me semblent les plus proba-
bles sont : soit le caprice du nouveau constructeur, soit sa position, hors de la plate-
forme du Moyen Empire, gênante pour l’élévation du temple nouveau.
Ce monument d’Usirtasen III-Sebekemsaf est pour nous, jusqu’à maintenant, la
pièce capitale de nos trouvailles. Déjà en 1927, son linteau d’Usirtasen III nous sem-
blait la plus belle pièce artistique trouvée. Le complément de ce monument découvert
cette année, nous donne un ensemble unique de l’art de Sekhemré Ouadjkhaou Se-
bekemsaf.
L’état parfait de conservation des pierres, le raccord facile et les dimensions de
l’ensemble (3 m. 67 haut. X 5 m. 5 o long. X 2 m. 2 5 larg.), nous font espérer voir un
jour, ce monument dans un musée; d’autant plus que, même si l’on parvenait à
découvrir l’emplacement antique de ce monument, la hauteur de l’inondation en
empêcherait la restauration sur le site même.
Ces blocs sont dans un magasin clos, construit par nos soins, à l’abri de l’inonda-
tion et du soleil. Le remontage provisoire ne nous a pas paru utile, car il vaut mieux
remuer le moins possible ces précieuses pierres.
MORCEAUX DE PORTES DU TYPE SIMPLE DE SEKHEMRÉ OUADJKHAOU SEBEKEMSAF.
Bloc n° 129 (inv. 4 1 3 à). — Partie droite d’un linteau en calcaire, gravé au nom
de Sekhemré Ouadjkhaou Sebekemsaf, provenant d’une porte simple, sans tores et sans
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929). 105
corniche, avec disque ailé d’^$ et le nom à'nsoul bail sur deux bandes dont celle
du sommet est limitée en haut par le signe du ciel complétant l’encadrement au trait
(%• 9 3 )-
Ce morceau de linteau mesure 0 m. 32 de hauteur, 0 m. 10 d’épaisseur et sub-
siste sur 0 m. 52 de longueur.
Il fut trouvé à l’extrémité Est de la face sud du mur sud de l’avant-temple, à l’as-
sise inférieure des fondations.
Fig. 93. — Partie d’un linteau de Sekhemré Ouadjkhaou Sebekemsaf, blog n° 129.
Inv. 4144 . — Un fragment de montant gauche en calcaire, gravé grossièrement
au nom de Sekhemré Ouadjkhaou Sebekemsaf, provenant d’une porte simple, sans
tores et sans corniche, avec la fin du nom d'nsout bail et ensuite le début du nom de
Montou (fig. g 4 ) :
Ce morceau mesure o m. 2 3 de hauteur subsistante, o m. 20 de largeur et 0 m. 1 1
d’épaisseur.
H semble avoir été remployé comme crapaudine dans une porte, d’après un creux
situé sur la gauche, ayant o m. o 4 de diamètre.
Il fut trouvé dans l’interstice entre les deux rangées de blocs de grès de l’assise
inférieure des fondations du mur sud de l’avant-temple,
Fouilles de V Institut, t. VII, 1. \k
106
F. BISSON DE LA ROQUE.
Bloc n° 157 (inv. 4583 ). — La partie inférieure d’un montant droit de 'porte
simple en calcaire, avec la fin de la colonne de texte d’une gravure peu soignée, au
trait unique :
Inv. 4077 . — Un morceau de
la partie inférieure d’un montant
gauche de porte simple en calcaire ,
avec inscription incisée au trait sim-
ple : ^ ayant o m. 4 o de hauteur
Fig. 9/1. — Fragment de montant gauche d'une porte de Sf.khemrr Subsistante, O m. 2 0 de la 1 gGU T Cl
Odadjkhaoo Sebekemsaf, inv. o 111. 10 d’épaisseur.
Il provient de l’interstice entre
les deux rangées de grès de l’assise inférieure des fondations du mur sud de l’avant-
temple.
Ce montant mesure o m. 1 8 de
largeur et o m. 12 d’épaisseur. La
partie inférieure sous la colonne
d’inscription mesure 0 m. 33 de
hauteur. Il subsiste sur o m. 98 de
hauteur.
Il fut trouvé en trois morceaux
dans l’assise médiane, au sud de la
colonne sud du Pronaos IV.
5. — PORTES USURPÉES PAR SEKHEMRÉ SOUADJTAOUI SEBEKHOTEP.
Nous avons signalé dans Médamoud, 1928, p. 83 , deux types de porte en calcaire
usurpées par ce roi : un premier type de porte simple, avec décoration gravée, sans
tores et sans corniche, ainsi qu’un second type de porte à tores, avec décoration en
relief et le linteau surmonté d’une corniche.
Du premier type, nous avons maintenant un ensemble complet d’encadrement de
porte avec le linteau et un des montants trouvés l’an dernier ( Médamoud , 1928, p.
i 84 ) et l’autre montant trouvé cette année.
Outre ce complément d’une porte, nous avons trouvé cette année trois linteaux
complets et un morceau d’un quatrième du même type de portes, un morceau de
montant gauche de la même catégorie et un morceau de linteau du second type.
Les linteaux du premier type sont de deux sortes : les uns portent le disque ailé
107
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
g"— ~ S ur la bande supérieure et le nom à’nsout haït sur l’autre bande (fig. 96), les
autres portent le nom à'nsout hait sur la bande supérieure et celui de f is de Ra sur
l’autre bande (fig. 100).
COMPLÉMENT D’UNE PORTE SIMPLE
USURPÉE PAR SEKHEMRÉ SOUADJTAOUI SEREKHOTEP.
Au linteau, bloc n° 48 et au montant gauche, bloc n° i 4
trouvés l’an dernier ( Médamoud , 1928, fig. 78 et 79), s’ajoute
cette année le montant droit formé par trois pierres brisées. Ces
trois pierres furent trouvées dans des emplacements différents et
dans d’autres portions des fondations que le linteau et que le
montant gauche , eux-mêmes éloignés l’un de l’autre. Cette disper-
sion des éléments d’une même porte, avec l’un des montants brisé
en trois morceaux, nous donne un exemple de l’absence le plus
fréquent de groupement des éléments d’un même monument,
dans le remploi des matériaux, lors de l’établissement des fonda-
tions du nouveau temple.
Blocs n os 1 3 3 et 1 33 bis (inv. 4 i 24 et 4 1 25 ). — Le montant
droit de la porte simple complète de Sekhemré Souadjtaoui Sebek-
hotep, pendant du bloc n° 1 4 et support avec l’inv. 2692 du bloc
n° 48 .
La ligne verticale de texte en relief dans le creux, avec des
restes de couleur jaune sur les hiéroglyphes, sauf sa peint en
rouge, porte le même texte que sur le montant gauche :
L’emplacement des lettres formant le nom à'Eorus, à'Horus
d’or et défis de Ra est également rabattu , et les noms de Sekhemré
Souadjtaoui Sebekhotep sont de même gravés à nouveau (fig.
9 5 )-
La hauteur du bloc n° 1 3 3 est de 1 m. 53 , celle du bloc
n° 1 3 3 bis est de 0 m. 46 et celle de l’inv. 2692 est de 0 m. 1 1 ,
ce qui nous donne la même hauteur de 2 m. 10 que le montant
gauche. La largeur de la partie polie du montant est de o m. 2 1
et celle de la pierre est de 0 m. 28. L’épaisseur mesure 0 m. 45 .
Le rentrant est de o m. oy 5 à 0 m. i 65 de la façade. Ce rentrant
placé sur la même ligne que celui du montant gauche, se trouve
inférieur de 0 m. o35 à celui-ci qui porte le trou de la serrure,
non décorée a 0 m. 3 i.
Fig. 95. — Montant droit
DE LA TORTE SIMPLE COM-
PLETE, USURPÉE PAR Sf-
khemré Souadjtaoui Se-
bekhotep,
blocs n os 1 3 3 et 1 33 bis .
La partie inférieure
1 4.
108 F. B1SSON DE LA ROQUE.
Le bloc n° 1 33 fut trouvé à l’assise inférieure des fondations du mur sud de l’avant-
temple sur la ligne du mur mitoyen des Chambres IX et XI.
Le bloc n° 1 3 3 bis fut trouvé dans l’interstice entre les deux rangées de blocs de
grès de la même assise des fondations, dans la partie plus à l’ouest du même mur.
L’ensemble de cette porte avait sa décoration peinte en jaune.
Elle se trouve maintenant au Musée du Louvre (numéro d’entrée : E. 13891).
ÉLÉMENTS D’AUTRES PORTES SIMPLES USURPÉES PAR SEKHEMRÉ SOUADJTAOUI SEBEKHOTEP.
Bloc n° 158 (inv. 4589). — Un linteau en calcaire d’une porte simple, usurpé par
ce roi, décoré en relief dans le creux de deux bandes encadrées d’un double trait qui
Fig. 96. — Linteau d'une porte simple usurpée par Sekhemré Souadjtaoui Sebekhotep, blog n° i 5 8 .
devient au sommet le signe du ciel. La bande supérieure contient le disque ailé avec
uræus et à chaque extrémité l 5 |. La bande inférieure contient le signe ^ formant
l’axe et de chaque côté, se faisant face, + Dans le cartouche de ce
nom (ïnsout bail, Sekhemré Souadjtaoui est gravé dans une partie rabattue, alors que
le Ré du nom du roi, ayant élevé le monument, a été conservé (fîg. 96).
Fîg* 97* — ^ A BASE D ÜN linteau de porte simple usurpée par Sekhemré Souadjtaoui Sebekhotep, blog n° i 58.
La base de ce linteau forme emboîtement pour le battant et le gond de la porte
(fig. 97 et 98).
109
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1829).
Ce linteau mesure o m. 67 de hauteur, 1 m. 29 de longueur dont 1 m. 16 pour
le tableau et une épaisseur de 0 m. 28 à la base et de 0 m. 11 au sommet. L’emboî-
tement du battant de porte donne un rentrant de 0 m. 08 auquel s’ajoute, pour le
0,00
— 0.08
^31
-0,11
»
Fig. 98. — Le dessous d’un linteau, blog n° i 5 8 .
gond , un creux rond de o m. 07 ayant 0 m. 08 de diamètre dans un rectangle formant
rentrant de 0 m. o 3 sur celui du battant, ce qui donne au creux du gond — o m. 18.
Cette pierre a été trouvée à l’assise médiane des fondations de la colonne sud du
Pronaos IV.
Bloc n° 145 (inv. 4377). — Un linteau en calcaire du même type, usurpé par le
même roi et de décoration identique mais avec au lieu de L (fig. 99).
Ce linteau mesure 0 m. 465 de hauteur, t m. 29 de longueur dont 1 m. i 5 pour
Fjg. gg. — Linteau d’une porte simple usurpée par Sekhemré Souadjtaoui Sebekhotep, blog n° i45.
le tableau et des saillants d’emboîtement, de o m. o 5 à droite et de o m. 08 à gauche.
L’épaisseur est de 0 m. i 3 à la base et de o m. 10 au sommet. La base trop étroite,
n’a pas d’emboîtement de battant de porte. Cet emboîtement devait se faire dans une
autre pierre.
Cette pierre a été trouvée à l’assise supérieure des fondations du mur qui se trouve
entre le Vestibule III et le Pronaos IV.
Bloc n° 146 (inv. 4378). — Un linteau en calcaire, également de porte simple,
usurpée par ce même Sekhemré Souadjtaoui Sebekhotep. Il est décoré également en
relief dans le creux, avec le même encadrement, mais la bande supérieure contient
110 F. BISSON DE LA ROQUE.
le nom à'nsout baït et la bande inférieure le nom de fils de Ré qui sont
rabattus et gravés à nouveau (fig. 100) sauf le ® du nom d 'nsout baït.
Fig- 100. — Linteau d’une porte simple usurpée par Sekhemré Souadjtaoui Sebekhotep, blog n° 1/16.
Ce linteau mesure o m. b'jh de hauteur, 1 m. 27 de longueur dont 1 m. 1 U pour
le tableau et des saillants d’emboîtement de mêmes dimensions que ceux du bloc
n° iù 5 . L’épaisseur est également
semblable au précédent.
Cette pierre a été trouvée fen-
due en quatre morceaux, à côté
et au nord du précédent bloc.
Bloc n° 136 (inv. ùi 3 q). —
Un fragment de linteau du même
type, donnant la partie centrale
(fig. 101).
L'nsout baït est remplacé par
11’ ce qui nous donne une qua-
trième combinaison pour ce type
de linteau dont nous avons quatre
spécimens : deux d’entr’eux avec
le disque ailé et le nom à'nsout bciit
introduit par sur l’un (bloc
n° 1 58 ) et par "] J sur l’autre (bloc
Fig. 101. — Fragment d’un linteau de porte simple usurpée par i r \ • r \ i
Sekhemré Sodawtaou, Sebekhotep, bloc n’ i 3 ô. n ° lkô ) Ce fi U1 Se fe P ete SUf le
bloc n° bS ( Mécbmoud , 1928,
p. 86), les deux autres avec les deux principaux noms du roi, dont celui à'nsout baït,
introduit par U sur l’un (bloc n° 1Ù6) et par “|J sur l’autre (bloc n° 1 3 6 ).
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
111
Bloc n° 128 (inv. ùi 33 ). — Un morceau de
montant gauche de porte simple, avec fragment de
colonne de texte en relief dans le creux :
(%• *»»)•
Le montant mesure 0 m. 20 de largeur et 0 m,
i 5 d’épaisseur. Ce morceau nous donne 0 m. 68 de
hauteur subsistante.
Il fut trouvé à l’assise inférieure de la face sud
de la partie Est du mur sud de l’avant-temple.
Bloc n° 153 (inv. 4 5 7 4- ). — Un fragment en
calcaire de montant gauche de porte simple, où il ne
subsiste que suivi d’un cartouche entièrement
rabattu sans trace de nouvelle gravure.
Le montant mesure o m. 2 1 5 de largeur et 0 m.
1 1 d’épaisseur avec 0 m. 2 3 de hauteur subsistante.
Il fut trouvé dans le seuil de la porte de travée
médiane de l’Hvpostyle II.
UN ÉLÉMENT DE PORTE À TORES DU TYPE USURPÉ
PAR SEKHEMRÉ SOUADJTAOUI SEBEKHOTEP.
Ce linteau mesure 0 m. Ù7 de hauteur et 0 m. 16 d’épaisseur. Il subsiste sur 0 m.
b 2 de longueur.
Il fut trouvé dans l’interstice entre les deux rangées de blocs de grès de l’assise
inférieure des fondations du mur sud de l’avant-
Bloc n° 125 (inv. ùi3o). — La partie gauche
d’un linteau en calcaire avec tores brisés, portant
en relief le disque ailé avec uræus et à l’extrémité
subsistante “| j (fig. io 3 ).
Ce linteau mesure 0 m. ùo de hauteur et o m. 26
d’épaisseur. Il subsiste sur 1 mètre de longueur.
Il fut trouvé à l’assise inférieure de la face nord de la partie Est du mur sud de
l’avant-temple.
Fig. 102. — Morceau de montant gauche
DE PORTE SIMPLE USURPÉE PAR SEKHEMRÉ
Souadjtaoui Sebekhotep, bloc n° 128.
112
P. BISSON DE LA ROQUE.
Fig, 10 3. Partie d’un linteau de dobte à tores usurpée par Sekbemré Souadjtaoui Sebekhotep, bloc n 125.
6. — BLOCS DIVERS.
Nous avons trouvé cette année deux fragments brisés, qui semblent provenir du
pilier élevé par un roi du Moyen Empire non déterminé ( Médamoud , 1928, p. 72):
Inv. 4 1 1 3 . — Un fragment don-
nant une partie d’angle décoré en
relief du Moyen Empire (fig. 10k).
Ce fragment fait, peut-être, partie
du pilier (Médamoud , 1928).
Il donne le nom de la ville du
vautour (—— ) et le début du
nom d’une divinité (-j) • • •
Ce fragment a comme dimen-
sions subsistantes : 0 m. 45 de hau-
teur, o m. 34 de largeur et o m. 20
d’épaisseur.
Il fut trouvé en quatre morceaux
dans l’interstice entre les deux ran-
gées de grès de l’assise inférieure
des fondations du mur sud de
l’avant-temple.
Inv. 4080 . — Un éclat avec, en
relief, un fragment de khakerou et
les signes (— ►) a y ant
0 m. 17 de hauteur, 0 m. 3o de largeur et 0 m. 21 d’épaisseur subsistante.
113
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Il fut trouvé dans l’interstice entre les deux rangées de grès de l’assise inférieure
des fondations du mur sud de l’avant-temple.
Deux blocs trouvés cette année, ne semblent pas, pour le moment, faire partie
des monuments classés :
Bloc n° 140 (inv. 434 s). — La partie gauche de registre inférieur de paroi à
décoration en relief, avec plinthe rayée de lignes non nettement tracées horizontale-
ment, formant trois bandes rou-
ges séparées par un double trait.
La décoration comprend la fin
d’une colonne de texte (J-*.) . .
placée derrière un
personnage portant robe, dont le
relief est rabattu par un léger
martelage. Le bas des jambes et
des pieds est d’un style grossier et
maladroit (fig. io 5 ).
Le bloc trouvé fendu en deux,
mesure 1 m. o 4 de hauteur, 0 m.
72 de largeur et 0 m. 35 d’épais-
seur subsistante. La plinthe a o m.
5 0 de hauteur. Les bandes rouges
ont o m. o 5 de hauteur, sont sé-
parées par des doubles traits espa-
cés de o m. o 4 et 0 m. o 3 et lais-
sent dans le bas une hauteur de
0 m. 22 sans décoration.
Ce bloc fut trouvé sous la co-
lonne nord du Pronaos IV, for-
mant , sous la partie nord de cette
colonne, une assise unique incom-
plète de fondations. Le reste des
fondations de cette colonne, fut évidemment bouleversé par les Coptes (p. 77).
Bloc n° 34 (inv. 3i52). — La partie inférieure et droite d’un montant droit de
porche ou autre porte en calcaire, ayant une plinthe non décoré de 1 m. 3o de hau-
teur et portant le bas de la partie droite d’un tableau en relief dans le creux, avec un
génie faisant le geste d’une offrande (fig. 106).
Cette représentation est du type de celle des montants de porche, mais ne me paraît
Fouilles de V Institut , t. Vil, 1 . i5
114
F. BISSON DE LA ROQUE.
pas pour le moment pouvoir être placé parmi ceux de ces sortes de monuments dont
nous avons des séries de pierres.
Ce bloc mesure 1 m. 70 de hauteur et 0 m. 38 de largeur maximum dont 0 m. 2 5
pour la partie polie qui forme saillant de o m. 1 2 sur la
partie anciennement engagée dans un mur de briques
crues. L’épaisseur est de 1 m. 35 à la base et de 1 m. 2 3
vers le sommet endommagé. 11 y a un fruit non seule-
ment sur la façade mais également au dos de la pierre.
Une demie-queue d’aronde se trouve au sommet, per-
pendiculairement à la façade, prenant à o m. 68 de
cette façade, ayant o m. ai de longueur, 0 m. 1 5 de
largeur maximum et 0 m. 06 d’ouverture.
Un graffito se trouve sur la plinthe, contre le saillant.
Il occupe o m. 10 de hauteur et se termine à 0 m. 65
de la base ( Médamoud , 1927, p. 106).
Ce bloc a été trouvé dans l’assise inférieure de la
partie nord du Pronaos IV ( Médamoud , 1928^. 98).
Cinq nouvelles bases de colonnes en calcaire prove-
nant d’une salle hypostyle du temple du Moyen Empire,
ont été trouvées cette année et s’ajoutent aux trente-
deux autres énumérées dans Médamoud, 1928, p. 96.
Bloc n° 121 (inv. 6126). — Grande base brisée de
colonne, ayant 0 m. 58 de hauteur dont 0 m. 36 pour
la partie inférieure rectangulaire et un mètre de diamè-
tre au sommet avec le tracé d’axes en croix. La partie
inférieure a 1 m. 2 5 sur 1 m. 18.
Ce bloc fut trouvé à l’assise inférieure, des fondations
du mur sud du Sanctuaire V, sous le bloc n° 109.
Bloc pi 0 122 ( inv. 6127). — Grande base de colon-
ne, ayant 0 m. 67 de hauteur dont 0 m. 21 pour le
départ du fût d 1 m. 02 de diamètre, au-dessus d’une
partie carrée de 1 m. 20.
Ce bloc fut trouvé à la même assise de fondations du même mur, sous le bloc
n° 1 08.
Bloc m° 131 (inv. 61 2 3 ). — - Grande base incomplète de colonne, ayant 0 m. 5i
de hauteur dont 0 m. 1 6 de départ du fût.
Ce bloc fut trouvé à l’assise inférieure des fondations, contre l’angle nord-est de la
petite crypte de la Chambre IX.
115
fouilles de médamoud (1929).
Bloc n» 138 (inv. 6161). _ Partie de petite base de colonne, ayant 0 ni 18 de
hauteur subsistante et 0 m. 56 de diamètre. J e
CeWoc fut trouvé à l’assise inférieure, surla face suddu mur sud de l’avant-temple.
, 1 r’’ ' ' 4 1 4 2 ■' Partie de petite base de colonne, ayant o m. 1 a de
hauteur subsistante et o m. 62 de diamètre.
Ce bloc fut trouvé à côté du précédent.
Cinq autres blocs non décorés trouvés cette année nous donnent des éléments de
diveises parties de constructions :
tre, ayant 3^/ h^f ~ ^ ^ i Calca,re We ’ formant support au cen-
Le SU PP° rt a y ant 0 45 de longueur el o ' TTg m
::nZrri:„;r n des petiis *** et à ° m - 23 ** r
temjde^ 6 Piem ^ ‘ r0Uïéî * inKrie " re ' sur ia fa “ »»d ^ mur sud de l’avant-
de trois “1 '"r l ^ lle P* erre ca ^ alre san s décoration formant rampent
de trms marches. Cette pierre a une hauteur de o m. a, à une extrémité et „ £.3
de o m VH r!”f ‘“î dC ‘ S ° e ‘ "" e Iargeur de 0 m ' Go 4 “"e extrémité et
siéme „ ,n.V/de î:: g e„: ““ “ °"‘ = ° ^ 6 °’ r “*" » e. la troi-
^ S ''" b da > a P-** ^t du
en " ai " Ure e " d ' P« de ba « a “* de Peete,
sistante. 161 " 0 * ° “■ 2 ° de haule “ 1 ' et de lar 8 e ur ainsi que i m. to de longueur sub-
lar^urtr ^VV P laCe a “ mesure o m. , e de profondeur, o m., 7 de
largeui et occupe la longueur de la pierre
temple. 6 PiOTe f “‘ da Ja P a ^ Est du mur sud de l’avant-
y
1 0 „ j ^ , '" V ’ En seuil en calcaire, de porte avec crapaudine (lig.
J 2 Z a ( °, m ’ ‘ 4 d r S T 6t ° 585 de iaI ’« el "’- L» longueur est d’t m. , 6
large” ’ 26 SU ‘' )autre a ™ a aai » a "‘ de o m. „5 sur o m. , 9 de la
La crapaudine forme un quart de cercle de o m. 08 de profondeur, ayant o m. i 9
i5.
H6 F. BISSON DE LA ROQUE.
d’un côté et o m. 22 de l’autre. Elle se place à 0 m. 28 d’un des petits côtés et à
o m. 1 9 du plus long côté.
Bloc n° 155 (hiv. 4383 ). — Une dalle de terrasse, avec bordure formant saillie
des deux côtés , sur la longueur. Cette dalle porte un pied gravé sur le dessus.
L’épaisseur de la dalle est de 0 m. 38 , la largeur est de 1 m. 08 et la longueur
est de 1 m. 70. La bordure forme saillie de 0 111. 006 sur 0 m. 12 de largeur.
Cette pierre fut trouvée dans le seuil de la porte nord du mur-pylone.
Inv. 4145 . — Une tiare royale ou couronne blanche de statue, avec cheville d em-
boîtement sur le plat inférieur et rainure d’emboîtement oblique sur la ligne du dos.
Cette rainure nous indique que cette coiffure était celle d’une statue royale du type
cariatide ou de l’image du roi en Osiris, adossée à un pilier, laite en plusieurs assises.
La technique de la sculpture en bois se maintenait encore dans la sculpture en
pierre.
Le sommet manque. Cette couronne mesure o m. 35 de hauteur subsistante, 0 m.
29 de largeur et 0 m. 26 d’épaisseur. La cheville donne o m. o 4 de hauteur avec
o m. 08 sur o m. 07.
Elle fut trouvée dans l’interstice des deux rangées de grès de l’assise inférieure du
mur sud de l’avant-temple.
Cette coiffure royale fait-elle partie de la statue osiriaque , sans tête , bloc n° 1 o
[Médamoud, 1927, p. 86), qui aurait été unique ou ces deux éléments proviennent-ils
d’une salle à piliers osiriaques? Cette seconde supposition ne me parait pas probable,
car nous devrions alors retrouver plus de restes de statues de ce type.
7 . — SEUILS DES PORTES DU TEMPLE PTOLÉMAÏQUE ET ROMAIN.
Les seuils des portes du temple, non encore fouillés, ont été examinés cette année
et les pierres décorées qui s’y trouvaient, ont été sorties (fig. 108). Ces pierres sont
117
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
étudiées par M. É. Drioton, Inscriptions. Je ne présente ici, qu’une énumération suc-
cincte et le problème général que posent ces pierres.
Le seuil de la porte du Kiosque Sud a donné un montant droit d’une porte de
Ramsès II, en granité rose, inv. 4385 .
Le seuil de la porte du Kiosque Médian n’a donné qu’un bloc de granité rose
sans décoration.
Fig. 108. Au PREMIER PLAN : SEUIL DE LA PORTE SUD DE l’HyPOSTYLE I (BLOC N° 1 ^ 9 ).
Aü SECOND PLAN : SEUIL DE LA PORTE SUD DE l’HyPOSTYLE II (BLOC N° l5o).
Le seuil de la porte du Kiosque Nord a donné, sous un bloc de granité rose non
décoré, trois blocs de grès, inv. 4352 à 4354 , provenant d’une corniche dont l’un
porte gravé, avec des traces de couleur bleu et rouge, le cartouche de Ghapenapit II,
inv. 4354 .
Le seuil de la porte sud de la Grande Cour avait donné antérieurement , une pierre
calcaire décorée d’un côté d’une inscription gravée avec le cartouche d 'nsout bail d U-
sirtasen III, inv. 2o5i ( Médamoud , 1926, p. 67). Deux corniches en granité rose,
inv. 438 1 et 4382, ont été sorties, cette année.
Le seuil de la porte médiane de la Grande Cour a donné un montant gauche de
porte en granité rose de Thotmès IV, inv. 4384 , ainsi que deux dalles de terrasse en
calcaire, en position inversée.
118
F. BISSON DE LA ROQUE.
Le seuil de la porte nord de la Grande Cour a donné , avec un bloc en granité rose
non décoré, deux autres dalles de terrasse en calcaire du même type que celles trou-
vées dans le seuil précédent.
De ces quatre dalles une seule, assez bien conservée, a été sortie, bloc n° 1 5 5
(p. 116).
Le seuil de la porte sud de l’Hypostyle I, a donné une architrave en calcaire, avec
d’un côté, un fragment de bande d’inscription gravée portant le cartouche de fis de Ra
d’un Usirtasen, bloc n° i 4 g (inv. &Ô78).
Le seuil de la porte médiane de l’Hypostyle I, a donné une architrave en calcaire,
avec d’un seul côté, un fragment de bande d’inscription gravée portant le cartouche
de fils de Ra d’un Usirtasen, bloc n° i 54 (inv. 4575).
Le seuil de la porte nord de l’Hypostyle I, a donné une architrave en calcaire, avec
sur les deux faces, des fragments de bande d’inscription gravée portant le cartouche
de fils de Ra d’un Usirtasen, bloc n° 1 5 1 (inv. 448 o). Le nom et les titres de Montou
sont martelés.
Le seuil de la porte sud de l’Hypostyle II, a donné une architrave en calcaire , avec
sur les deux faces, des fragments de bande d’inscription gravée portant le cartouche
(Ynsout baït d’Usirtasen III, bloc n° i 5 o (inv. 4479). Le nom et le titre de Montou
sont martelés.
Le seuil de la porte médiane de l’Hypostyle II, a donné quatre éclats de pierre, inv.
4571 à 4574 dont le bloc n° 1 5 3 (p. 111) et une moitié d’un tambour de colonne
hexagonale en calcaire, avec sur deux pans symétriques, des fragments de textes
gravés qui sont mutilés, inv. 4570. La longueur de la pierre est de 1 m. 4 o, le
diamètre est de 0 m. 58 et les pans ont 0 m. 2 45 de largeur.
Une pierre calcaire portant un fragment d’inscription de Thotmès IV, inv. 456 g,
qui semble être un texte de dédicace , a été également trouvée dans ce seuil.
Le seuil de la porte de la Cour Nord , a donné une architrave en calcaire, avec sur
les deux faces, des fragments de bande d’inscription gravée portant les deux cartouches
d’Usirtasen III, bloc n° 162 (inv. 448 1). Le nom de Montou est martelé. Les deux
faces ont, à la même extrémité, une partie qui devait être engagée entre deux autres
architraves perpendiculaires.
Dans ce seuil , fut trouvé également un fragment de base de statue en granité rose ,
avec sur le dessus, les traces de l’arasement des pieds et le début d’une inscription
gravée inv. 4568 .
• •
• •
Ce morceau mesure 0 m. 1 8 5 de hauteur, 0 m. 3 1 de largeur et 0 m. 32 d’épais-
seur.
Les pierres remployées dans ces seuils ptolémaïques sont : les unes du Nouvel Em-
pire et les autres du Moyen Empire. Ces dernières semblent provenir toutes d’un ou
de plusieurs monuments d’Usirtasen III qui , d’après le martelage du nom de Montou ,
auraient été encore en place sous Aménophis IV-Iakhnaton.
119
FOUILLES DE MÉDAMOUD (1929).
Ceci est pour nous ici un fait nouveau, car tous les monuments du Moyen Empire
nous semblaient avoir été démolis au début du Nouvel Empire.
Toutes les dalles de plafond de la crypte située au sud de la Grande Cour, ont été
visitées et deux d’entr’elles, portant une décoration de Ptolémée III, inv. 4476 et
4477 (É. Drioton, Inscriptions), ont été sorties et s’ajoutent à celle trouvée il y atrois
ans, inv. 246 g ( Médamoud , 1926, fig. g et p. 71).
C’est pour moi un très doux plaisir de clôturer ce rapport par de bien sincères
remerciements : d’une part à M. O. Guéraud qui, avec une gracieuseté toute désin-
téressée, m’a aidé sur le chantier de fouilles pendant plus d’un mois et d’autre part
à M. G. Robichon qui, à peine arrivé en Égypte, a bien voulu exécuter les dessins
des trois dernières planches de cet ouvrage.
♦
TABLE DES MATIÈRES.
PREMIÈRE PARTIE.
Déblaiement de l’Esplanade Ouest du Temple.
- La Porle de Tibère
L’Esplanade Ouest du temple
Un mur d’enceinte de neuf mètres
Les installations copto-byzantines
Quartier sud-est, groupes I à Vil
Une tombe d’enfant et le groupe VIII
Quartier sud-ouest ou groupe IX
Quartier ouest ou groupe X
Quartier nord-ouest ou groupes XI, XII et XIII.
Quartier nord-est ou groupe XIV
Extraits du journal d'inventaire, donnant les principaux objets trouvés dans les instal-
lations copto-byzantines, avec classement par époques
Le lac sacré, compléments de fouilles
Pages.
1
G
9
i5
i5
2 1
23
25
27
32
3G
63
DEUXIÈME PARTIE.
Monuments du Moyen Empire sortis des fondations du temple.
Inondations du temple dans la partie sud-est de lavant temple et dans le Pronaos
Monuments d’Usirtasen III
Porte à assises ( Médamoud , 1928, p. 3g)
Porche de tête sed ( Médamoud , 1928, p. h 5 )
labié de culte ( Médamoud , 1928, p. 56 )
Monuments d’Amenemhat Sebekhotep
Porche de fête sed ( Médamoud , 1928, p. 58 )
Linteau représentant le roi offrant le lait et le vin à Montou
Monuments de Sekhemré Ouadjkhaou Sebekemsaf
Porche élevé par Usirtasen 111 et transformé par Sekhemré Ouadjkhaou Sebekemsaf.
Description de la décoration du couloir de ce porche
Enumération des blocs de ce porche
Moiceaux de portes du type simple de Sekhemré Ouadjkhaou Sebekemsaf
Portes usurpées par Sekhemré Souadjtaoui Sebekhotep
Complément d’une porte simple
Eléments d’autres portes simples
Un élément de porte à tores
Blocs divers
Seuils des portes du temple ptolémaïque et romain
7 5
79
79
80
84
8 9
8 9
9°
9 4
9 4
9 5
101
1 oh
106
107
1 08
1 1 1
112
116
*
PLANCHES HORS TEXTE.
i.
IL
III.
IV.
V.
VI.
vu,
VIII.
IX.
X.
XI.
XII.
XIII.
XIV.
— L’Esplanade Ouest du temple et les installations copto-byzantines.
— Le lac sacré.
— Les fouilles dans une partie des fondations du temple.
— Le linteau du porche de fête sed d’Usirtasen III, bloc n° i 48 .
— Le linteau de l’offrande du vin et du lait d’Amenemliat Sebekhotep, bloc n° i32.
1. — Tête d’Usirlasen III sur le linteau, bloc n° 1 48 .
2. — Tête d’Amon, sur le bloc n° 160 du porche élevé par Usirtasen III et transformé par
Sekhemré Ouadjkhaou Sebekemsaf.
1. — Tête de Montou sur bloc n° 160.
2. — Tête de Sekhemré Ouacljkliaou Sebekemsaf, sur le bloc n° 1 6 3 du même monument.
— La façade du porche élevé par Usirtasen III et transformé par Sekhemré Ouadjkhaou
Sebekemsaf.
— La face interne du porche élevé par Usirtasen III et transformé par Sekhemré Ouadj-
khaou Sebekemsaf.
■ — Le côté droit du couloir de ce porche élevé par Usirtasen III et transformé par Sekhemré
Ouadjkhaou Sebekemsaf.
— Le côté gauche du couloir de ce porche élevé par Usirtasen III et transformé par
Sekhemré Ouadjkhaou Sebekemsaf.
— La façade principale du porche élevé par Usirtasen III et transformé par Sekhemré
Ouadjkhaou Sebekemsaf.
— Coupe longitudinale donnant la paroi droite du porche élevé par Usirtasen III et trans-
formé par Sekhemré Ouadjkhaou Sebekemsaf, avec le montant gauche de la façade
postérieure.
— Coupe longitudinale donnant la paroi gauche du porche élevé par Sekhemré Ouadjkhaou
Sebekemsaf, avec le montant droit de la façade postérieure.
lüiiiüi
y/MY//*yyy,
\'ss.
* l 's y s
s y s s s\
’ S S S S S
t / s / s s
•ss/ // s
' S/ s //
V/ "s '
* * * * *
'/ / ' '/.
S / / / y y ;
w*mmm
's'
i
m
y)
fi
. ri
m
m
A/A
m
m
m
:y\
A//
HH H B
h BÉj |h|I 1 m
capv
:JhW )M
I f f l t \ \ l>h^~
L’Ësplanade ouest du temple et les installations coptes.
tdÉsplanade ouest du temple et les installations coptes.
o
+ o, Ço
•te
' \t *«
/
!/ /
/
i
6 S"
bloi dt granit
^ôTT) roie
- " V
•ntU*
\ %\
\'<V
\
\
de r
.1 mi ers
I
\ ///y '
i Y'/'' u
\\'
439 *
0.00 J '.'A
Support Jezir
loooj
rs ' s
! 6 1 ✓
iir^; i
il
' / / / s à
/ / / s\
~\'////'\
/ / "i
1 1 l »
w \ V/ ' 'V',
77?! xs=: tt •. . • P////// ,✓✓//✓✓✓*
'Æ
support
d« *•■«■» Jallf
j«^~s -•
fes) EâSftïg
/77.£^ ^
lît të+p.«i*d 561
IV
0,00
* p$
y, K
+ 0,î«'
V
+o ‘r4. «-
-o,io
- 0,10 J -— + 0.^01 _ 0 , Î 0
( +ô^oJC-o,lo|j
tS + ° ' îiif ♦ ®<ç®
i ri t
I
44 &i& î
34#"
%
, -■ '-l|l
ZZ:^%\
3 <,V' * ** (Mx
~a,*°
t^jo 3o? Itl
+0,6°
W3i4l8ï
, I
< 6 « *• <0H
, ,h II
l I l ' , I
■'<\0
u°
o 00 l
435 ? 4ÎÎÔ
Aft .
AoŸ* a
tor.^TTofc- — .
Ô,Ô 0
419o
.0,5-31
illllKiWIUTf
, -. «oïl
fj.l
+ ’>‘
f +O.0J- «-.
| . Œ&*| V ; 4
£ÿ ^0,60 1
U
• V oc.
J. JU. il.
Le lac sacré.
III
V
S*
lo m
II
J
Les fouilles dans une partie des fondations du temple.
Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VII. — Médamoud (1929).
^
». CATALA FRÈRES. PARfS
—
— i.
Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VII.
Médamoud (1929).
Pl. VI.
I
tKP. CATALA FRÊNES, PARIS.
La tête d’Usirtasen III sur le linteau, bloc n° 148. 2. — La tête d’Amon sur le bloc n° 160 du porche Usirtasen - Sebekemsaf.
V
*
*
I
Fouilles de l’Institut français du
Caire, t. VII.
Médamoud (1929).
1. — Montou sur le bloc n° 160.
Pl. VII.
IMP. CATALA f RÊRES. PAR»
Pl. VIII.
Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VII. — Médamoüd (1929).
La façade du porche élevé par Usirtasen III et transformé par Sekhemré Ouadjtaoui Sebekemsaf.
WP. CATALA FRÈRES. PAR»
Fouilles de l'Institut français du Caire, t. VII
Médamoud (1929).
Pl. IX
La face interne du porche Usirtasen III
- Sebekemsaf.
CATALA frères, par»
illes de l’Institut français du Caire, t. VII.
Médamoud (1929).
ERRATA.
La pierre supérieure de droite non décorée existe.
Il ne manque que la pierre où doit se trouver le roi frappant deux ennemis dont on
voit la partie inférieure de la scène.
Par suite d’une erreur, la pierre du milieu descend abusivement sous la ligne du sol.
Le côté droit du couloir du porche Usirtasen III - Sebekemsaf.
1MP CAT ALA FRIRE 3, PARIS.
T
Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VII. — Médamoud (1929).
Pl. XII.
l'tfÜÔ
c üp:
u
uOjJUJUJUJU,
kJj dU £ / JA.U £ f
P jU UX u fo j
j;
o o. o-
C L E M Ê. M T ROBICHOh. ou
Façade principale du porche élevé par Usirtasen 111 et transformé par Sekhemré Ouadjkhaou Sebekemsaf,
Fouilles de l’Institut français du Caire , t. VII. — Médamoud (1929).
Pl. XIII.
Coupe longitudinale donnant la paroi droite du porche élevé par Usirtasen III et transformé par Sekhemré Ouadjkhaou Sebekemsaf,
avec le montant gauche de la façade postérieure.
\ METRE
CLE.ME.HT ROBlCHOtl.ou.
Fouilles de l’Institut français du Caire, t. VIL — Médamoud (1929).
Pl. XIV.
§w§
SM (1
'7 . ''C
■; mmm ' ^
' ) . . 'Lit-:/"' Lv . vy
r '-r ? '
■ jv.-V. ‘r,v;
■ ■\ :■ — -Il
w— ai ••■■„• b« lai
CLE.ME.hT POBICHOIT
lo et,
Coupe longitudinale donnant la paroi gauche du porche élevé par Usirtasen III et transformé par Sekhemré Sebekemsaf
avec le montant droit de la façade postérieure.
EN VENTE :
AU CAIRE : chez les principaux libraires et à ITnstitut français d’Archéologie orientale
37, Shareh El-Mounira.
A ALEXANDRIE : à la Librairie J. Hazan, ancienne librairie L. Schuler, rue Chérif-
Pacha, n° 6.
A PARIS : à la Librairie orientaliste Paul Geüthner, i 3, rue Jacob;
— . chez Fontemoing et G ! % E. de Boccard, successeur, 1, rue de Médicis.
A LEIPZIG : chez Otto Harrassowitz.
I